Ce numéro vous donne des informations sur les nouveaux produits annoncés à l'occasion de la Conférence Mondiale des Développeurs Apple [World Wide Developer Conference] et vous livre une analyse opportune des différentes phases du développement logiciel et sur le sens du terme "bêta". Au programme de ce numéro également : l'interpellation de fournisseurs d'accés en France et un article sur Mail Drop, un logiciel de courrier électronique au protocole IMAP. Nous signalons également une prochaine conférence en direct de Don Norman et l'arrivée de nouvelles versions de FreePPP, Stuffit Expander, DropStuff, MacDNS et du logiciel client d'AOL.
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FreePPP 2.5 est arrivé -- Le FreePPP Group a livré la version 2.5 de son client PPP gratuit, dimanche dernier. FreePPP 2.5 fait un bond en avant par rapport à la version précédente (1.0.5) et intègre plus de fonctionnalités que MacPPP 2.5, la version d'Apple basée sur le même code. Veillez à lire la documentation de FreePPP pour connaitre la liste des bogues corrigés et des conflits détectés. [ACE]
<http://www.rockstar.com/ppp.shtml>
Stuffit Expander 4.0.1, DropStuff 4.0 -- Aladdin Systems a livré la semaine dernière des nouvelles versions de ses utilitaires vedette Stuffit Expander et DropStuff/Expander Enhancer. Stuffit Expander 4.0.1 - qui assure le décodage et la décompression d'une multitude de formats de fichiers diffusés en ligne - est toujours gratuit, mais il offre désormais des performances bien meilleures sur PowerMac et gère beaucoup mieux les fichiers segmentés. DropStuff/Expander Enhancer autorise la compression et la conversion en BinHex des fichiers et accroit de manière considérable les capacités de décodage de Stuffit Expander (en gérant notamment la plupart des formats de fichiers PC et Unix). DropStuff 4.0 apporte également de meilleures performances sur PowerMac et une meilleure gestion des fichiers segmentés. DropStuff est un graticiel à 30$, et (même si la documentation n'en dit rien à première vue), les utilisateurs enregistrés des précédentes versions de DropStuff peuvent apparemment continuer à se servir de leur numéros d'enregistrement. Les sites d'Aladdin sont difficiles d'accés, mais les URL suivantes doivent être bonnes et le programme devrait apparaitre sur les mirroirs Info-Mac d'ici peu. [GD]
<http://www.aladdinsys.com/>
<ftp://ftp.aladdinsys.com/>
<ftp://ftp.scruz.net/users/aladdin/public/stuffit_exp_40_installer.hqx>
<ftp://ftp.scruz.net/users/aladdin/public/dropstuff_w_ee_4_installer.hqx>
Don Norman en direct sur Internet -- Don Norman, Apple Fellow et ancien Apple User Experience Architect, et expert en conception de l'interface utilisateur, donnera une conférence via l'Internet au KMi Stadium Mercredi 15 mai 1996. La conférence aura lieu à 17 heures (heure d'été britannique -- midi sur la côte est des USA, 9h sur la côte ouest). Pour y participer, je recommande de se connecter au site Web du KMi Stadium avant la conférence et d'essayer une de leurs présentations précédentes. Le site Web a des liens permettant de localiser RealAudio (qui est nécessaire) et CU-SeeMe (qui est facultatif). Je suppose que vous pourrez aussi repasser la conférence par la suite, mais il vous faudra y participer en direct pour pouvoir être des quelques uns qui auront la chance de pouvoir poser une question à Don. [TJE]
<http://kmi.open.ac.uk/stadium/welcome.html>
DNS sur Macintosh monte en puissance -- Apple a publié la version 1.0.2 de MacDNS un logiciel serveur DNS gratuit. (Un serveur DNS établit la correspondance entre les noms des machines sur l'Internet et leur adresse IP; au temps où les Macs ne savaient pas faire de DNS, il étaient forcés de se reposer sur d'autres plateformes pour les services DNS). MacDNS fait partie de la Internet Server Solution d'Apple, et bien qu'il semble fonctionner relativement bien, on l'a critiqué parce qu'il ne fournissait pas de service récursif ou secondaire.
<http://cybertech.apple.com/MacDNS.html>
Pour ne pas se faire doubler, l'éditeur Men & Mice de Reykjavik (Islande) a rendu publics les résultats d'une comparaison de performances entre MacDNS, BIND sous Unix et leur produit QuickDNS Pro. QuickDNS Pro coûte environ US$300, il fournit bien les services recursif et secondaire, et paraît être nettement plus performant que d'autres choix de DNS. Men & Mice a aussi rendu publique sa methodologie de test.
<http://www.menandmice.com/QuickDNS/Comparison/>
MIND, le serveur DNS sur Mac gratuit de Glenn Anderson, a rendu des services à de nombreux sites Internet sur Mac, mais il souffre d'un certain nombre de problèmes connus et, d'après MacInTouch (la revue de Ric Ford), il n'est pas prévu actuellement de continuer à développer MIND. [GD]
AOL 2.7 -- America Online a publié la semaine dernière la version 2.7 de son logiciel client. La nouvelle version corrige un certain nombre de bogues importants et comporte un glaneur Web amélioré, bien que la performance du Web à travers le réseau d'AOL semble encore assez lente (mais ce n'est pas la faute du glaneur). [GD]
par Richard Erikson <erickso@worldnet.fr>
Le 6 mai 1996, sur ordre d'un juge enquêtant sur le milieu pédophile français, la police française arrête les responsables de deux fournisseurs d'accès Internet (FranceNet et Worldnet) et saisit leur équipement informatique. Le juge accuse ces fournisseurs d'accès de laisser circuler les conférences Usenet qui contiendraient des éléments tels que des "photographies pornographiques de mineurs". Or la diffusion de ce type de documents est illégale en France. [ainsi que dans beaucoup d'autres pays, dont les États-Unis -Tonya]
Deux jours plus tard, au cours du salon professionnel de l'Internet à La Défense (près de Paris), l'Association Française des Professionnels de l'Internet (AFPI) a tenu une conférence de presse pour dénoncer cette interpellation arbitraire. François Benveniste, directeur de Calvacom (un provider Internet majeur) et porte-parole de l'AFPI (dont l'un des membres fondateurs est FranceNet), déclare "Nous sommes tous coupables".
M. Benveniste faisait allusion à Usenet; un pan entier du réseau mondial qui comprend jusqu'à seize mille groupes de discussions sur des thèmes extrémement variés. M. Benveniste observe que, suivant la législation actuelle, il n'y a aucun moyen pour un opérateurs français de fournir un accès à ces groupes de discussion, car la loi le rend coupable de leur contenu. De toute façon, étant donné la masse d'informations drainée par Usenet, il est impossible, pour un fournisseur, de surveiller le contenu de plus de 100 000 messages électroniques quotidiens. L'AFPI invite le gouvernement à réfléchir avec eux sur un statut spécifique qui leur permettrait de faire leur travail légalement, sans craindre l'emprisonnement.
M. Benenviste a annoncé de pair avec deux autres pontes de l'AFPI (Patrick Robin d'Imaginet et Jérôme Lecat d'Iway), une action symbolique consistant en la fermeture immédiate de tous les groupes de discussion jusqu'au 15 mai 1996. France Telecom, l'opérateur national, à la fois fournisseur du backbone Transpac et, plus récemment, fournisseur d'accès grand public, joue aussi le jeu car ces lois s'appliquent à tous.
Pendant cette période, il n'y a eut que le groupe de discussion <fr.network.internet> de disponible pour tous les abonnÈs français, dont le nombre est estimé entre 80 000 et 100 000.
La question qui reste en suspend est pourquoi ce sont ces deux opérateurs qui ont été "choisis", alors qu'en pratique, tous dans la petite centaine de fournisseurs français (y compris l'entreprise publique France Telecom) transportent les mêmes groupes de nouvelles. Ces deux opérateurs "victimes" sont parmi les plus grands de France: FranceNet était un des pionniers et Worldnet fut le premier à avoir des prix publics "abordables".
Un autre question sans réponse est pourquoi cette action arrive à cet instant, alors que l'association des fournisseurs est en discussion avec le Ministre des Télécommunications, François Fillon, depuis un certain temps, et qu'il fut récemment assuré qu'aucun fournisseur d'accès ne serait tenu responsable du contenu.
Entre-temps, après d'importantes saisies d'équipements, les deux hommes emprisonnés ont été relaxés, mais restent à disposition des autorités judiciaires.
[Ceci achève le compte-rendu journalistique de Richard, publié précédemment dans "Métropole, Paris Online." Ci-après, j'ai inclus quelques commentaires informels de Richard, illustrant davantage ce qui se déroule en France. -Tonya]
Bien que la majorité des abonnés soient conscients que les fournisseurs d'accès Internet ne peuvent être responsables du contenu, on ne peut en dire autant des journalistes de télévision. L'édition de 20h CET du journal télévisé de la chaîne publique France 2 donnait la nette impression que le contenu litigieux avait été produit par Worldnet. Les déclarations faites par un porte-parole de Francenet étaient immergées dans une cascade d'images, de la page d'accueil de Playboy à de la pure pornographie (cependant pas de pédophilie). J'ai vu plus de chair durant ce sujet qu'au cours de 18 mois d'utilisation d'Internet.
Étant moi-même fournisseur d'accès, je suis amené à réfléchir quant à couvrir un sujet tel que Paris, où beaucoup d'art public et d'affiches contiennent des représentations déshabillées du corps humain. Mon site pourrait se voir attribuer un classement X bien qu'il fasse partie intégrante de l'atmosphère publique (parfois subventionnée par l'État).
Tant à la conférence de presse que dans quelques sujets télévisés, il a été question de logiciels permettant aux utilisateurs de filtrer les contenus suspects. Je pense qu'il est de notre intérêt de promouvoir de telles applications "bidons": n'entendez pas de porno, ne voyez pas de porno, ne parlez pas de porno. Enfin, peut-être pas le dernier - la pornographie est une forme légitime d'expression qui existe depuis les premiers dessins des hommes des cavernes. Ces applications "bidons" donneraient un signal d'alarme à l'entrée de la caverne.
De plus amples informations sont disponibles au site Web Métropole.
<http://www.groundwork.com/metr opole/>
par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>
Chaque année, la Conférence Mondiale des Développeurs Apple [la WWDC] à San Jose est l'occasion de la sortie de nombreux produits et d'annonces et, comme il est d'usage dans toute les foires commerciales et les conférences de nos jours, l'accent est mis sur l'Internet. Cet article met en évidence quelques produits arrives a point nommés pour la WWDC.
Cyberdog 1.0 -- Apple a sorti la version 1.0 de Cyberdog, son logiciel client integré basé sur OpenDoc et qui est actuellement gratuit. Il est intéressant de noter qu'Apple continue à appeler son produit Cyberdog - bien que le fait d'avoir un produit dont le nom contient le mot "dog" (chien) suscitera chez les contradicteurs d'Apple les habituelles remarques narquoises, le nom "Cyberdog" est associé dans l'esprit du public avec le produit depuis plus d'un an et en changer maintenant ne serait pas bien percu dans la communauté Macintosh. Cyberdog necessite un Power Mac, Quicktime et OpenDoc.
<http://cyberdog.apple.com/> <http://opendoc.apple.com/dload/OD-install.html>
Marionet 1.1 -- Allegiant Technologies a annoncé sa version 1.1 de Marionet, son serveur en tâche de fond pour les environnements de développement dont Supercard, Hypercard, Director et Applescript. La version 1.1 contient un bon nombre d'ameliorations (spécialement pour ce qui concerne HTTP, le courrier éléctronique et le support AppleScript. Les possesseurs de Marionet 1.0 peuvent obtenir une mise à jour gratuite vers 1.1 chez Allegiant et une version d'essai de Marionet 1.1 devrait apparaître bientôt sur le site d'Allegiant de même que des demos et des exemples qui illustrent les nouvelles fonctions du logiciel.
<ftp://ftp.allegiant.com/Marionet/>
BBEdit 4.0 -- Bare Bones Software a annonce BBEdit 4.0 qui ajoute la mise en couleur de la syntaxe au nombre de ses fonctions. BBEdit met automatiquement en couleurs les mots clés pour faciliter la lecture des langages qu'il supporte dont HTML, C, C++, Pascal et meme l'assembleur 68000; BBEdit 4.0 offre également le support Java et une meilleure integration avec les fonctions de serveur et d'écriture de Frontier de Userland (voir ci-dessous). Les utilisateurs actuels peuvent mettre leur logiciel à jour pour US$39 apres le 1er juin 1996 ou gratuitement si ils ont acquis BBEdit 3.5 après le 31 mars 1996. Le prix suggeré de BBEdit est de US$119.
Frontier 4.0 -- Il y a presqu'un an Dave Winer a lançé sur l'Internet le système d'écriture haute gamme Macintosh portant le nom UserLand Fontier sous le nom de Aretha, une code pour une version Internet de Frontier (voir TidBITS-279). La semaine passée il l'a fait de nouveau avec le relâchement de la version officielle de Frontier 4.0.
http://www.scripting.com/frontier/
Il n'est pas exagéré de dire que le scriptage est très important pour Dave, et encore une fois il a réarrangé les utilités et les buts de Frontier, cette fois-ci en s'adressant carrément aux éditeurs et aux fournisseurs du Web. Frontier 4.0 prévoit des liaisons multiples avec WebSTAR, FileMaker, Netscape, Internet Explorer et d'autres, afin de faciliter la création des documents usuels ainsi que des solutions pour publier sur le Web. En plus Frontier 4.0 offre maintenant la possibilité de gestionnement d'un site Web. L'idée de base est que vos documents de source d'un site Web résident dans Frontier. Si vous voulez changer votre site, Frontier prend soin du HTML pour vous, même en sortant les documents à votre serveur Web. Frontier facilite la création et la gestion de vos sites Web (même vastes) et s'entend très bien avec BBEdit 4.0 au niveau du traitement et de la publication en HTML. En plus, pour des développeurs CGI, Frontier offre une performance à enfilade multiple, et le UserTalk de Frontier est toujours un langage OSA. Par conséquence les développeurs AppleScript pourront même considérer Frontier comme un set géant de OSAX.
Frontier n'est pas prévu pour les faibles-de-coeur: Des écrits en Frontier peuvent rester indéchiffrables pour des non-programmeurs et même des spécialistes ont toujours eu des difficultés en déchiffrant Frontier, même avec les lancements gratis comme Aretha. Frontier 4.0 change son attitude maintenant avec la mise à disposition d'un Guide de l'utilisateur online, avec en même temps des tutoriels par des utilisateurs, même au sujet d'écrits CGI et d'autres. D'autant plus la communité d'utilisateurs frontier peut être extrèmement utile. Adressez-vous aux listes de diffusion Frontier-Talk s'il vous intéresse de savoir ce que Frontier est capable de faire pour vous.
<http://www.scripting.com/frontier/docs.html>
<http://www.scripting.com/frontier/mailinglists.html>
par Peter Hinely <phinely@hawaii.edu>
Peu de gens connaissent Mail Drop, qui est un excellent programme client (gratuit) de courrier électronique pour le Mac. Basé sur le protocole IMAP, Mail Drop est un projet développé par Carl W. Bell, sous l'égide de la Baylor University [à Houston au Texas]. Le protocole IMAP [Interactive Mail Access Protocol = Protocole d'Accès Interactif au Courrier Electronique -Charly] permet l'accès aux boîtes aux lettres à distance, une peu comme le protocole POP3 [Post Office Protocol 3] utilisé par Eudora. Les deux protocoles sont pourtant bien différents, Mail Drop offre un paradigme étendu pour la récupération à distance du courrier électronique. Le POP3 est un protocole simple, avec des options très limitées pour la gestion du courrier dans le serveur même. Quand un client POP3 se branche sur un serveur de courrier, il peut, à la base, lui dire deux choses: "donne-moi tout mon courrier", ou bien, "donne-moi tout mon courrier, et puis efface ta copie". Si vous lisez votre courrier toujours par le même client POP3 et sur le même ordinateur, tout va bien, mais si vous avez jamais essayé d'atteindre votre boîte aux lettres par des ordinateurs clients différents, vous connaissez bien le problème qui se pose pour la synchronisation.
Un client IMAP, par contre, peut demander des informations spécifiques au sujet des messages. Avec IMAP, le courrier est toujours conservé dans le serveur, jusqu'à ce que vous ordonniez au serveur de l'effacer. IMAP est idéal pour ceux qui vérifient leur courrier à partir de plusieurs ordinateurs différents, ou pour atteindre une boîte aux lettres commune. IMAP vous permet aussi de transférer des messages entre boîtes aux lettres, dans le serveur, et aussi de conserver, dans le serveur, le courrier expédié. Pour plus d'information au sujet du protocole IMAP, réfèrez-vous au URL:
<ftp://ftp.cac.washington.edu/imap/imap.vs.pop.brief>
Mail Drop, qui vous permet d'atteindre un compte de courrier électronique sur un serveur IMAP, est intuitif et facile à utiliser. Quand vous vous branchez avec Mail Drop sur ton serveur de courrier, le programme, au lieu de récupérer les messages totalement, télédécharge des informations choisies au sujet de chaque message (la date, le sujet, l'expéditeur, la taille, et si le message a des annexes), et montre ces informations sous forme de liste. Pour lire un message donné, vous cliquez deux fois la ligne d'inscription du message, et c'est alors (et alors seulement) que Mail Drop télédécharge dans ton Macintosh le corps même du message. Si le message comporte une annexe, ceci sera indiqué dans la fenêtre du message. Vous pouvez alors instruire Mail Drop de télédécharge l'annexe, ou bien de l'effacer dans le serveur. (Ce trait est particulièrement utile, si vous recevez votre courrier par modem).
Mail Drop n'a pas cessé de s'enrichir de nouveaux traits, et la plus récente version bêta supporte des raffinements du genre de traîne et dépose du carnet d'adresses à l'espace du destinataire, traîne et dépose des fichiers du Finder dans liste des annexes, et des fichiers entre archives à l'intérieur du serveur courrier. Mail Drop supporte les formats AppleDouble, AppleSingle, BinHex, et MIME [Multipurpose Internet Mail Extensions = un standard qui permet de transmettre à travers l'Internet des données non textuelles, telles que sons et images -Charly]. Si vous recevez un message particulièrement long, Mail Drop pourra vous faire voir seulement les premiers 32 Ko de ce message, mais vous pouvez immédiatement conserver le message dans sa totalité, pour le lire plus tard dans un autre programme. Mail Drop est aussi sensible aux URL : si vous cliquez, dans le corps d'un message un URL tout en pressant la touche Commande, Mail Drop ouvrira cet URL avec le programme assistant approprié. [La dernière version en date d'Eudora Pro 3.0b102, accomplit le même résultat, sans aucune relation avec IMAP - Charly]
Si vous êtes intéressé par Mail Drop, vous pouvez en télécharger la plus récente version bêta de le URL en fin de paragraphe. [Vous y trouverez, en plus de la version en Anglais, une version en français, et une autre en espagnol, ce qui n'est pas courant. -Charly]. Mais faites bien attention : vous devez avoir accès à un serveur IMAP pour pouvoir utiliser Mail Drop; bien que nombreux sont les fournisseurs de services Internet qui offrent uniquement le protocole POP3, il existe des sites qui supportent POP3 et IMAP. Si vous n'êtes pas certain de votre situation, vérifiez ce point avec votre fournisseur, ou avec l'administrateur du système. [J'ai téléchargé le programme, il fait 347 Ko seulement, sans la documentation, et donne l'impression d'être facile à manipuler. Mais comme je n'ai pas encore accès à un serveur IMAP, je n'ai pas encore pu le faire fonctionner -Charly].
<http://ackmo.baylor.edu/files/Mail_Drop/info.html>
par Geoff Duncan <geoff@tidbits.com>
C'est drôle, mais il n'y a pas un jour qui passe chez TidBITS sans que l'on entende parler de logiciels "bêta". Cela peut être un utilitaire, un navigateur Web, un additif ou un programme commercial majeur. Quel que soit le produit, il est en "bêta" et quelqu'un nous demande d'en parler - comme service rendu à nos lecteurs, bien entendu.
Avant qu'Internet ne devienne si largement populaire, un logiciel "bêta" était une chose mystérieuse et fantasmatique. Si vous connaissiez les gens qu'il faut, si vous étiez sur les listes qu'il faut et si vous alliez aux expos qu'il faut, quelqu'un pouvait vous demander en catimini de tester un logiciel à paraître. La plupart du temps il vous fallait signer un accord de non-dévoilement et vous n'aviez certainement pas le droit de parler du logiciel tant qu'il ne fût diffusé officiellement. Des "betas Public" étaient virtuellement inouis et même des usagers experts et chevronnés n'avaient jamais entendu le terme. "bêta?" demandaient-ils. "Qu'est-ce que ça veut dire?"
Avec l'arrivée d'Internet toutefois, l'étape "bêta" du développement des logiciels a été redéfini et à franchement parler je n'en suis pas très heureux. Que veut dire "bêta" et pourquoi tant de développeurs de logiciels se bousculent-ils pour diffuser des logiciels qu'ils avouent ne pas être finis et possiblement instables et d'utilisation dangereuse? Qu'est-ce qui se passe?
Ce que bêta veut (vraiment) dire -- Bien qu'il n'y ait pas de méthodologie universelle pour le développement de logiciels, des produits logiciels sérieux parcourent généralement un certain nombre de phases de développement. Comme on peut s'y attendre, il y a autant de variations sur ces étapes et ces termes qu'il y a des projets de développement. Toutefois, une application courante parcourt les étapes fondamentales suivantes:
Versions de développement (ou constructions): dans cette partie du développement d'un produit, habituellement la plus longue, les fonctions majeures sont codées, assemblées, testées et fixées. Habituellement ces versions sont numérotées et sont nommés versions de développement ("d7" ou "dr7"), versions de test ("tr7"), ou simplement des constructions ("build 7"). Les nombres permettent de repérer dans quelle version il y a un problème, un ravaudage ou un fonction particulière. Les produits ont habituellement plusieurs - et même plusieurs centaines - de versions de développement, selon la complexité du produit.
De là il s'ensuit que la version bêta a théoriquement les trois propriétés suivantes:
1) Les exigences technologiques du produit (tant hard que soft) ont été ravaudées depuis quelque temps déjà.
2) Le produit est complet tant pour le code que pour les fonctions. Aucune fonction ne reste à implémenter et toutes les fonctions sont présentes et testables.
3) Le produit n'a aucun bogue marqué sévère que les développeurs projettent de ravauder ou contourner.
Prenez un moment pour réfléchir aux versions bêta de produits que vous avez pu utiliser récemment et comparez-les aux trois exigences ci-dessus. Remarquez-vous des différences.
Ce que bêta signifie maintenant -- je serai le premier à admettre que le cycle de production esquissé ci-dessus est idyllique et ne tient pas compte des nombreuses forces complexes affectant le développement de logiciels. Des produits concurrents forcent souvent des changements dans les fonctions, et des dates-limite de mise sur le marché ou de distribution peuvent arrêter chacune des phases ci-dessus. De même pour les facteurs imprévisibles: j'ai travaillé jadis sur un produit dont le programmeur principal n'a pas pu travailler pendant trois mois suite à une pneumonie.
Néanmoins, dans beaucoup de cas - en particulier avec des logiciels Internet Mac - "bêta" ne veut rien dire d'approchant à ce que ça voulait dire jadis. Nous avons vu des programmes en bêta public qui non seulement comportent d'innombrables bogues dont les développeurs ont conscience et ont l'intention de ravauder, mais aussi qui accumulent des nouvelles fonctions majeures avec les nouvelles versions. De même nous avons vu des produits qui changent les exigences système et technologiques pendant la bêta - des détails qui auraient dû être gravés dans la pierre bien avant cela. bêta signifie souvent ce que "alpha" ou même "development build" signifiaient jadis.
La course aux bêta -- L'émergence d'une industrie de softs Internet (et l'Internet lui-même) sont en train de changer le processus bêta de deux manières fondamentales. D'abord, les bêta Internet sont rapides, répandus et (souvent) bon marché. Conduire une bêta avec les media traditionnels - disquettes ou CD-ROM - est relativement coûteux et (plus important) prend du temps. Les disquettes Maître doivent être dupliquées et physiquement apportées à une liste de testeurs, qui ne sont même pas représentatifs des utilisateurs potentiels du produit. Par contre conduire un test bêta via Internet élimine les délais de même que les coûts de duplication et de livraison. Dans bien des cas il simplifie également la communication avec les testeurs bêta (qui sont tous à même, on peut le présumer, d'utiliser le mail). Bien conduit, un bêta public peut contribuer de façon significative à la qualité d'un produit, même s'il requiert plus de temps pour traiter le volume élevé de rapports de bogues et de rétroaction. Bien fait, je pense qu'un bêta public Internet sert au mieux les interêts à la fois des développeurs et des usagers finals qui éprouvent le besoin de tâter le fil tranchant de la lame.
Toutefois il y a un revers de la médaille. Les betas publics font l'objet d'une attention soutenue, en particulier sur les listes de discussion et les groupes de news, ainsi que les revues de l'industrie informatique y compris Macworld, MacWEEK, Wired, et bien sûr, TidBITS (nous subissons souvent la pression de faire des rapports sur des versions bêta discutées en ligne avant que nous considérions le produit mériter un examen réel). De plus, les versions bêta sont habituellement soumis à un examen moins détaillé qu'un produit en cours de livraison: les bogues sévères d'un bêta sont souvent minimisés ou mis sur le côté, alors que des fonctions et des possibilités nouvelles sont exagérées. Des bogues -- même les bogues flagrants et anciens -- sont excusés, car le produit est "juste un bêta -- à quoi vous attendiez-vous?"
Cette situation est la réalisation d'un rêve de commerçant. Les commerçants avaient l'habitude d'aborder la communauté Internet avec "Je me fous de ce que vous dites de moi, notez seulement mon URL comme il faut." Maintenant c'est "Voici mon URL, et je me fous de savoir ce que vous en dites -- c'est juste un bêta!" Non seulement les produits bénéficient de publicité, mais le producteur n'a pas à subir des critiques sur les bogues et les incompatibilités.
Retour de bâton bêta -- Le problème avec les tests bêta publics à des fins de promotion et de visibilité est que la qualité du produit est affectée. Bien des produits étiquetés "bêta" sont encore en cours de développement actif, et même furieux, avec leurs programmeurs rajoutant et ôtant des fonctions, changeant l'interface et travaillant sérieusement sur le code fondamental sous-jacent.
Je répugne à le dire, mais cela n'est pas du bêta. Ce n'est même pas de l'alpha.
Les lecteurs attentifs auront remarqué que cet article ne comporte les noms d'EM>aucun produit ou producteur spécifiques. Il aurait pu. L'objectif ici n'est point de critiquer des producteurs ou des produits spécifiques ou de louer d'autres. Le but est de souligner que le processus de développement subit un changement fondamental et les usagers affectés par ce glissement se doivent d'être conscients de la dynamique en compétiton (et souvent en conflit) qui se trouve derrière ce changement. L'année prochaine je m'attends à ce que le terme "bêta" disparaisse de l'usage, se trouvant remplacé par des phrases diverses comportant le mot "preview." Mon conseil est de peser sérieusement les conséquences de l'utilisation de logiciels en pré-diffusion pour lequel les producteurs et les développeurs ne prennent aucune responsabilité et de faire des sauvegardes de données dès que possible et fréquemment.
Et la prochaine fois que quelqu'un vous dit "C'est un bêta, à quoi vous attendiez-vous?", répondez lui: "à un soft qui est fonctionnellement complet n'a pas des bogues sérieux connus." C'est ça que bêta veut dire.
![[-----]](images/tbrule.gif)
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