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TidBITS#340/12-août-96
(version française)

Après une semaine au cours de laquelle Geoff a transpiré dans la chaleur de Seattle alors que Tonya et Adam ont fait de même à Boston, nous reportons notre attention sur le monde du Macintosh en vous présentant la réaction de Geoff à un article du Wall Street Journal concernant Microsoft et Apple, des nouvelles de Mac OS 8, et la version <<exécutable>> de Java d'Apple. Nous étoffons ce numéro avec les impressions de Tonya et d'Adam à la MacWorld Expo de la semaine dernière, ainsi que leurs longues notes sur les produits présentés.

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Copyright 1990-1996 Adam & Tonya Engst. Plus d'informations à la fin.
Informations: <info@tidbits.com>. Commentaires: <editors@tidbits.com>.

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<http://www .dartmouth.edu/pages/TidBITS/issues/TidBITS-340.html>

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MailBITS/12-août-96

L'abandon de l'Université Rice par la liste de distribution TidBITS a progressé et, à moins de difficultés imprévues, ce numéro devrait être le dernier distribué par le serveur LISTSERV de Rice. Si vous vous êtes récemment abonné ou désabonné, ou si vous avez modifié votre abonnement, nous vous demandons un peu de patience pour les deux prochaines semaines, le temps que nous fassions les dernières mises au point. À l'heure actuelle, il existe deux versions parallèles de la liste de distribution; il y aura nécessairement quelques pépins. En attendant, si vous n'êtes pas inscrit sur la liste et voulez vous y abonner, envoyez un courrier à <tidbits-on@tidbits.com> plutôt qu'au serveur LISTSERV. Merci de votre compréhension! [GD]

Amelio présente une stratégie réaliste pour le Mac OS -- La semaine dernière, lors de l'exposition MacWorld de Boston, M. Gilbert Amelio (directeur général d'Apple) a annoncé que sa société a l'intention de distribuer les améliorations futures du Mac OS sous la forme d'une série de mises à jour cumulatives, plutôt que par de grandes distributions monolithiques. Ceci paraît simplement mettre la politique officielle d'Apple en accord avec la pratique actuelle. Qu'est-ce que cela signifie pour le commun des mortels? D'abord, que le Mac OS ne sortira pas d'Apple d'un seul coup, mais qu'au contraire des composants tels que Open Transport, OpenDoc, QuickTime, ainsi que les améliorations apportées au Finder comme les copies simultanées et les <<onglets>> de fenêtre, vont apparaître à mesure qu'Apple met au point leur forme définitive. Cela signifie aussi que les développeurs ne recevront pas l'édition DR1 de Mac OS 8, qui accusait déjà un retard important, et qui avait été récemment promise pour le mois prochain.

Bien que l'abandon des mises à jour gigantesques devrait permettre à Apple de faire parvenir les technologies aux utilisateurs plus rapidement, j'espère que cette déclaration d'intention officielle signifie qu'Apple va faire preuve d'initiative et que le merdier actuel des versions système va être nettoyé. Nous le saurons bientôt, puisque la première mise à jour cumulative est prévue pour janvier 97, et la suivante pour juillet 97. [GD]

<http://www.devworld.apple.com/devnews/devnews0808.html>

Version <<exécutable>> de Java pour le Mac -- Apple a rendu publiquement accessible une version préliminaire du Java pour Mac OS, qui est essentiellement destinée à mettre une machine virtuelle Java dans le Mac OS. Sincèrement, je ne peux recommander cette version qu'aux fanatiques de Java et d'OpenDoc; elle permet de faire tourner des mini-applications Java dans un visualiseur autonome ou dans un document OpenDoc. Elle tourne sur tout Mac muni au moins d'un 68030 et du système 7.5. Apple affirme que cette version <<exécutable>> sera compatible avec la version 1.1 de Cyberdog (prévue pour très bientôt) mais pas avec les versions précédentes, y compris les versions bêtas de Cyberdog 1.1. [GD]

<http://www.devtools.apple.com/mrj/>

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L'ennemi de l'ennemi de Microsoft est...?

par Geoff Duncan <geoff@tidbits.com>

Dans un article du Wall Street Journal parut le 15 août 1996, Lee Gomes évoque un groupe de développement de Microsoft, "inconnu au bataillon", basé à San Jose et dédié exclusivement au développement sur Macintosh et aux projets de Microsoft pour la promotion du développement Internet sur Mac par des sociétés tierces. (J'aurais bien voulu mettre un pointeur URL sur l'article en question, mais le Wall Street Journal ne met pas en ligne gratuitement ses articles). J'ai reçu pas mal d'appels téléphoniques à propos de cet article - où diable ces journalistes ont-ils obtenu mon numéro de téléphone? - et tout ce que je peux dire, c'est que si ce groupe est inconnu au bataillon, c'est parce que personne n'y a prêté suffisamment attention. On peut dire, sans prendre trop de risques, que la plus grande partie de la communauté Internet sur Mac a entendu parler d'Internet Explorer pour Mac, qui est un des projets de ce groupe. Microsoft a en fait commencé son développement pour Mac il y a bien un an, et ses employés sont composés de bon nombre de vieux routards du développement sur Mac, présents dans les salons et en ligne. Ce groupe de développement n'est donc pas nouveau.

Ce qui est nouveau, c'est que Microsoft fournit apparemment du soutien aux développeurs qui travaillent exclusivement à la création d'applications Internet pour Macintosh,tout en ignorant complètement Windows. Ce qui n'est pas clair, sauf pour ce qui concerne le support financier, c'est le type de soutien prévu par Microsoft. Pourquoi Microsoft voudrait il aider Apple directement? Microsoft n'est-il pas l'ennemi?

Alors qu'Apple recentre sa stratégie informatique autour l'Internet, Microsoft bénéficie indirectement de l'existence d'une grande communauté de développeurs Internet pour Macintosh. Pour commencer, n'oubliez pas que Microsoft gagne beaucoup d'argent grâce à ses logiciels pour Macintosh (en particulier, Microsoft Office). Plus de Macs vendus signifient donc plus d'argent pour Microsoft - beaucoup plus d'argent que ce qu'ils consacrent aux programmes de développement.

Deuxièmement, si Apple disparaît et Microsoft en vient à dominer complètement le marché des ordinateurs de bureau, Microsoft va devenir une cible de choix pour l'application de la loi anti-monopole par le Department of Justice américain. (A propos, Caldera a récemment poursuivi Microsoft en justice à propos de DR-DOS, en évoquant cette loi anti-monopole ). Du point de vue de Microsoft, un Apple en pleine santé et qui occupe un pourcentage - même petit - du marché informatique global, est infiniment préférable à pas d'Apple du tout, et ces irrésistibles produits Internet pour Mac sont un moyen d'aider Apple à survive.

<http://www.caldera.com/news/pindex.html>

Troisièmement, une solide communauté de développeurs Internet pour Mac favorable à Microsoft ouvre une ligne de front contre Netscape, dans la lutte à mort que semblent se livrer les deux sociétés. Si un développeur Internet sur Mac préfère traiter avec Microsoft plutôt qu'avec Netscape, Netscape perd du terrain sur la domination du marché d'Internet.

Quatrièmement - et peut-être moins évident : Microsoft a une autre carotte à agiter devant les développeurs Internet sur Mac. Les logiciels de la suite Microsoft Office dominent actuellement les marchés Mac et Windows, et il est évident que les futures versions seront plus centrées sur l'Internet. Ne serait-ce pas un beau coup pour Microsoft si la prochaine version d'Office pour Mac s'interfaçait sans accroc avec les meilleurs produits Internet pour Macintosh? Et si ces produits étaient livrés avec Office? Il y a une chose qui est sûre, c'est que Microsoft ne va pas inclure les produits de Netscape dans les futures versions d'Office, et la plupart des petites et jeunes soci&e;tés de développement Internet sur Macintosh vont tenir compte d'une telle offre - surtout si Microsoft a contribué financièrement au développement de leurs produits.

Les réactions aux efforts fournis jusqu'à présent par Microsoft à la communauté de développeurs sont assez partagées. Certains accueillent Microsoft avec scepticisme, d'autres avec mépris, et le reste avec les bras grands ouverts. Indépendamment de savoir si Microsoft veut vraiment aider Apple ou le Macintosh, il est important de se rappeler que Microsoft investit uniquement là où il y a des affaires à faire. Comme toute autre action de Microsoft, s'il n'y avait pas d'argent ici, Microsoft n'y mettrait pas son nez.

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Les hauts et les bas de MacWorld Expo

par Tonya Engst <tonya@tidbits.com>

Alimentée par une foule de logiciels relatifs à l'Internet, l'exposition MacWorld Expo de cette année a été le lieu de rencontre d'une foule enthousiaste et du lancement de nombreux produits. Nous allons traiter de plusieurs de ces produits dans les numéros à venir, mais pour cet article sur les hauts et les bas de cette exposition biannuel qu'est MacWorld Expo, je traite des sociétés dont les gadgets se sont démarqués ou dont les produits ont capté mon attention.

Le produit le plus <<mince>> -- Le kiosque d'Aladdin Systems n'était pas nouveau, mais les participants qui s'y trouvaient à l'étroit ont apprécié les t-shirts StuffIt; ceux-ci ont en effet établi une nouvelle norme en terme de compression vestimentaire. Les t-shirts, qui étaient emballés, avaient subi une pression de 50 tonnes et n'occupaient pas plus d'espace qu'une barre de savon. Aladdin a aussi annoncé la conclusion d'une entente avec Netscape Communications qui distribuera StuffIt Expander avec son logiciel Netscape Navigator. La conclusion de cette entente signifie que Netscape Navigator pourra enfin traiter les fichiers MacBinary sans que l'utilisateur n'ait à télécharger un autre programme.

<http://www.aladdinsys.com/>

Le coup de marketing le plus impressionnant-- Power Computing, qui n'est pas du genre à passer inaperçu, a offert tout un spectacle en combinant des jeux et des promotions qui ont attiré les foules les plus importantes et les plus enthousiastes. Le haut fait de tout ce marketing se trouvait par contre à l'extérieur, où Power Computing offrait aux gens des sauts bungie d'une tour d'une hauteur de 225 pieds (environ 68 m). Les responsables du marketing chez Power Computing ont probablement bien rit lors de la distribution des boîtes promotionnelles à la réunion MacWeek Volume Buyers le jour précédant le lancement de l'exposition : la boîte ressemblait en effet au panneau avant d'un modèle Power Tower; quand vous ouvriez la boîte, une petite carte de son hurlait pendant qu'une figurine en papier tombait, attachée à une bande de caoutchouc. On trouvait dans le fond de la boîte un t-shirt attaché à une corde de bungie; sur le t-shirt était inscrit le slogan <<We're fighting back for the Mac>>. Power Computing a aussi montré (bien entendu) ses nouveaux modèles (voir TidBITS 337 et TidBITS 339) et, comme lors d'autres récentes expositions MacWorld Expo, la société a fourni des appareils à plusieurs exposants, aux fins de démonstrations de leurs logiciels.

<http://www.powercc.com/>

Le produit le plus <<cafardeux>> -- Pulse Entertainment distribuait en effet des cafards de plastique plus vrais que nature. La société faisait la démonstration de son jeu sur CD-ROM Bad Mojo, un jeu triste et salaud dans lequel vous jouez le rôle d'un scientifique qui s'est mérité une bourse pour terminer ses recherches sur l'élimination des cafards. Au début du jeu, vous recevez, comme dans les romans de Kafka, une bonne dose de malchance (bad mojo) et vous êtes transformé en cafard. Votre mission consiste à recueillir de l'information tout en interagissant avec des objets et d'autres animaux de façon à obtenir assez de connaissances pour (peut-être) retrouver une apparence humaine ( il existe différentes conclusions au jeu). Le côté distinctif de ce jeu est le réalisme des images et l'attention qui a été portée aux détails et aux interactions. Les créateurs de Bad Mojo ont créé un environnement très réaliste en effectuant des recherches sur le déplacement des cafards et sur la façon dont les surfaces se salissent. Pulse distribue sur leur site Web une version de démonstration de 4 Mo de ce jeu.

<http://www.badmojo.com/bmintro1.html>

Le produit le plus interactif -- MacUser, MacWeek et ZDNet se sont associés avec le Winner's Club pour présenter une suite de jeux dont la dernière étape consistait pour le participant à porter des lunettes de sécurité et à entrer dans une petite boîte transparente de la taille d'une douche dont le plancher était couvert de coupons-rabais et de billets de banque. Le but de cette étape était de ramasser le plus de coupons-rabais et de billets de banque possible alors qu'un ventilateur les faisaient virevolter. Quand le temps alloué était écoulé, vous pouviez échanger les coupons ainsi obtenu contre des logiciels ou du matériel, bien que tous les participants que j'ai observé n'ont gagné que le prix de participation, soit un t-shirt.

La meilleure façon de gagner de l'argent sur le Net? La société Wolff New Media, qui a constaté que peu de sociétés gagnaient de l'argent avec les documents qu'elles offraient sur l'Internet, mais que beaucoup de sociétés y gagnaient de l'argent par le vente de biens physiques tels que des livres, a lancé ses livres NetBook. Un NetBook recherche sur des sites Web un sujet particulier, comme l'utilisation de l'Internet pour se trouver un emploi ou les élections présidentielles américaines. Un représentant comparait l'ambiance qui règne au sein de la société à celle de la salle de rédaction d'un journal, alors que 50 éditeurs y écrivent des livres et mettent à jour les critiques des livres en ligne. La société prévoit publier un nouveau livre à toutes les trois semaines. Vous pouvez consulter leur site Web, qui offre des critiques d'environ 50 000 sites.

<http://www.ypn.com/>

L'achat d'actions -- Avec la généralisation des transactions électroniques, les certificats d'action se font de plus en plus rares et ce, malgré leur typographie et leur conception graphique souvent intéressantes. Partant du principe que les certificats authentiques pourraient devenir des pièces de collection de grande valeur (ou au moins des décorations murales appréciées), la société One Share of Stock, Inc. vend des certificats d'action encadrés. Vous pouvez choisir n'importe quelle action, mais, à l'Expo, One Share of Stock offrait des actions de Apple. La société donnait à chacun l'occasion de payer 89 $ pour obtenir une action à 21 $ de Apple, action livrée sous forme de certificat encadré. Si on tient compte de la commission, du prix du certificat et des frais d'encadrement, alors le prix de 89 $ ne semble pas complètement déraisonnable.

<http://www.oneshare.com/>

Toujours en vie -- Durant l'Expo, on pouvait trouver, ici et là, des Live Objects, ces composants qui tirent profit de la technologie OpenDoc. Certains d'entre eux, comme la version 1.0 du module BBEdit Lite pour OpenDoc de Bare Bones Software, seront mis en vente sous peu; d'autres, tels que Nisus Writer 5.0, se feront attendre pendant encore quelques mois. Je n'ai pas eu l'occasion de les voir, mais les rapports que j'ai eus relatifs aux Live Objects de la société Adrenaline Software (une société du Québec) tels que Adrenaline Numbers (un chiffrier électronique qui peut importer des fichiers Excel et qui offre 149 fonctions) et Adrenaline Charts (qui permet de créer des images 2-D, 3-D et même des images animées) étaient plus qu'encourageants.

<http://www.adrenaline.ca/>

Le produit le plus confortable -- La société GBM présentait les supports pour poignets Comfort Point et Comfortype. Vous pouvez faire bouger les supports en posant votre poignet sur les <<palettes>> ergonomiques alors que vous utilisez une souris, une boule de commande ou un clavier. Vous pouvez régler la palette selon trois angles différents. Le Comfort Point peut être fixé à l'arrière d'une souris ou d'une boule de commande. Le Comfortype ressemble beaucoup à une paire de Comfort Point montée sur une tige horizontale située à l'avant le clavier. Adam a acheté un Comfort Point (au coût de 20 $; le prix durant l'Expo). On verra si ça lui plaît.

<http://www.comfortpoint.com/>

La fête la plus bruyante -- Il est difficile de décerner ce titre puisqu'il me semble que toutes les fêtes auxquelles nous avons participées étaient beaucoup trop bruyantes. Ces fêtes sont pour les toqués, et que font les toqués quand ils se rencontrent : ils discutent. Nous n'avons aucune envie d'écouter de la musique, et nous ne voulons certainement pas écouter une musique jouée si forte qu'il faille hurler pour se comprendre. Les plus sérieux contrevenants cette année étaient la fête de Apple tenue au Roxy le mardi précédant l'exposition, et celle du Mac the Knife, tenue le jeudi soir de l'exposition. Il a fallu quelques jours à mes cordes vocales pour se remettre des abus auxquels je les ai soumises alors que j'essayais de me faire entendre. Un conseil : si vous êtes responsable de la planification d'une future exposition Mac, laissez tomber la musique et permettez aux gens de discuter.

Le plus impressionnant gestionnaire de fontes -- Je n'ai pas beaucoup utilisé de fontes dernièrement, mais j'ai quand même été très impressionnée par FontReserve, un nouveau gestionnaire de fontes produit par la société DiamondSoft. Ce qu'il est important de noter à propos de FontReserve, c'est que le programme repose sur une base de données très efficace. Cette base de données gère tous les fichiers de fontes et stocke les renseignements relatifs aux noms des fontes, à leur numéro d'identification, à la société qui les a créée, à leur numéro de version et à l'endroit où résident ces fichiers sur le disque dur. Une fois que toutes les fontes sont saisies dans la base de données de FontReserve, vous pouvez facilement créer des collections hiérarchiques de fontes et les modifier; vous pouvez même créer un dossier Finder qui contiendra des copies de toutes les fontes d'une collection qui doivent être utilisées par un façonnier. Le logiciel FontReserve est compatible avec tous les formats de fontes. Il apparie les fontes vectorisées et celles en mode point correspondantes, enlève celles qui sont en double (après avoir comparé leur nom et leur numéro de version), contrôle leur état, les classe selon une norme ISO pertinente ou selon leur type, la société qui les a produites ou leur famille.

<http://www.fontreserve.com/>

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Sur le front du HTML

par Tonya Engst <tonya@tidbits.com >

Les logiciels d'édition HTML figuraient en bonne place au MacWorld Expo mais, pour être honnête, j'ai été assez déçue de ne pas trouver le produit sorti d'on ne sait où et qui aurait ouvert des perspectives nouvelles sur l'utilisation d'outils graphiques pour la création et la gestion de pages et de sites Web. Malgré tout, j'ai trouvé beaucoup de produits à ajouter à ma liste de logiciels à essayer. Claris était venu en force avec Home Page, vendu 99 $, et qui offre un très bon éditeur de tables, un éditeur de cadres assez confus et un affichage du code source HTML vraiment frustre. gonet présentait golive Pro qui, pour 149 $, offre un mode plan assez novateur ainsi qu'une base de données intégrée. golive, essayé récemment dans TidBITS-337 , est disponible gratuitement sur le serveur Web de gonet, où est également proposée une version de démonstration de golive Pro.

<http://www.claris.com/>
<http://www.golive.com/>

Aucun autre outil de conception n'a été présenté lors du MacWorld Expo, si ce n'est de la distribution publique de la version 2.0 bêta de Adobe PageMill et de l'annonce par SoftQuad de l'arrivée de HoTMetaL Pro 3.0 dans le courant du prochain mois. HoTMetaL Pro 3.0 sera vendu 159 $ et les utilisateurs actuels de HoTMetaL Pro 2.0 ou de HoTMetaL Light pourront obtenir la mise à jour au prix de 69 $.

Bare Bones Software présentait BBEdit 4.0.1, sorti en juin dernier. Cette version offre des niveaux d'annulation multiples (une fonction que les créateurs de pages HTML devraient apprécier, car elle permet d'expérimenter plus facilement les nouvelles étiquettes), une nouvelle version des extensions d'étiquetage HTML, ainsi que de nouvelles options dans le menu Fichier qui permettent d'accéder directement à un fichier sur le serveur Web, de l'y éditer et de le sauvegarder à nouveau. Ces options font partie intégrante de BBEdit mais elles ne font pas partie de la collaboration accrue entre Frontier et BBEdit 4.0.

Beaucoup d'autres produits offraient de nouvelles fonctions qui permettent de créer des documents HTML ou des images GIF d'une façon ou d'une autre. Je présume que ce type de fonction va devenir presque systématique d'ici un an. Extensis, par exemple (les créateurs de QX-Tools, un utilitaire pour QuarkXPress) a inauguré CyberPress 1.0 (150 $), un outil qui permet d'enregistrer un document QuarkXPress sous la forme d'une page Web. Les acquéreurs de CyberPress recevront un exemplaire gratuit de PageMill 2.0. Les gens qui doivent rédiger le code HTML requis pour interagir avec les logiciels NetForms et NetCloak de Maxum peuvent dorénavant confier cette tâche au nouveau logiciel TagBuilder, aussi de Maxum. TagBuilder les dispense de rédiger manuellement le code HTML; il suffit de choisir des fonctions dans une fenêtre puis de les faire glisser dans PageMill 2.0 (ou, selon John O'Fallon, président de Maxum, dans un autre outil de conception HTML). Adobe prévoit distribuer TagBuilder avec PageMill 2.0. Une version de démonstration de TagBuilder devraient bientôt être disponible sur le serveur Web de Maxum. Un autre produit de cette catégorie, StencilIt, de la société Kaetron Software, se présente comme étant <<l'outil de graphisme simple pour les personnes souffrant de déficience artistique>>. Le logiciel offre un grand nombre d'images de base qui peuvent être manipulées de différentes façons et sauvegarder sous de nombreux formats graphiques, y compris le format GIF.

<http://www.extensis.com/>
<http://www.maxum.com/>
<http://www.kaetron.com/>

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Le feu aux tripes : FireSite

par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>

Il y a un proverbe qui dit qu'on n'est jamais trop riche ni trop mince. L'équivalent moderne de ce proverbe est qu'on n'a jamais trop de bande passante (à tous ceux d'entre qu'une connexion T3 relie au réseau Internet : pas de commentaires condescendants, s.v.p.). ClearWay Technologies vient de sortir un nouveau produit qui promet d'offrir à votre serveur Web la bande passante dont il a besoin mais que vous ne pouvez pas vous permettre. Ce produit s'appelle FireSite. Il s'agit d'une extension pour serveur Web qui, fondamentalement, élargie la bande passante effective des connexions Internet relativement lente; elle fait passer, par exemple, la vitesse réelle d'une connexion spécialisée par modem de 28,8 kilobits/seconde à une vitesse effective entre 75 et 100 kilobits/seconde.

<http://www.clearway.com/>

Il va sans dire qu'il est impossible de faire passer plus de données par un modem de 28,8 kilobits/seconde avec FireSite que sans FireSite. FireSite accomplit son tour de magie en transférant certaines données soigneusement choisies dans un autre serveur Web qui a une connexion à haute vitesse (celui de votre fournisseur d'accès à Internet, par exemple). FireSite transmet alors les petits fichiers HTML par la ligne à faible vitesse et redirige les demandes de gros fichiers (tels que les images et les animations) vers un serveur Web qui a une ligne à haute vitesse.

Bien entendu, cette explication de FireSite est extrêmement simplifiée. En fait, si c'était tout ce que FireSite faisait, vous pourriez faire la même chose manuellement en plaçant vous-même vos images sur un autre serveur Web et en reliant votre page à ces graphiques au moyen d'une adresse URL absolue. De nombreuses personnes utilisent déjà cette technique, et des produits tel que RushHour, de Maxum (serveur Web spécialisé dans le transfert de gros fichiers graphiques ou autres), peuvent vous aider quelque peu dans une telle situation. Mais que va-t-il arriver à vos journaux d'exploitation? Si les graphiques résident sur un autre serveur, ils n'apparaîtront pas dans les enregistrements ces journaux. De plus, la gestion de fichiers distribués sur de nombreux serveurs est une tâche plutôt ennuyeuse.

<http://www.maxum.com/>

FireSite résout tous ces problèmes par l'utilisation astucieuse d'une base de données relationnelle où sont enregistrés des renseignements relatifs aux fichiers qui se trouvent sur votre serveur Web. Le logiciel détermine les fichiers à transférer de votre serveur Web au serveur esclave à l'aide d'algorithmes adaptables qui se basent sur la taille des fichiers et sur leur fréquence d'utilisation, donne à ces fichiers de nouveaux noms conformes à la norme ISO 9660 et garantit que ces fichiers respectent les limites d'espace disque que vous avez fixées au préalable. Dès lors, lorsque quelqu'un veut télécharger une page de votre serveur qui utilise un de ces fichiers transférés, FireSite intercepte la commande HTTP et l'achemine au serveur esclave. En d'autres termes, quand quelqu'un visite un site qui a été <<recopié>> par FireSite, la réponse globale du système est bien plus rapide que si tous les morceaux du site étaient téléchargés par l'intermédiaire de la connexion lente. Si le serveur esclave tombe en panne (FireSite le contrôle constamment), FireSite arrête le transfert des commandes jusqu'à ce que le serveur soit remis en état.

ClearWay vend deux versions différentes de FireSite. La version standard, dont le prix de lancement est de 349 $, ne recopie que les fichiers graphiques GIF et JPEG et ne peut gérer qu'un serveur esclave. La version multimédia, dont le prix de lancement est de 839 $, permet en plus de recopier certains autres formats de fichiers, comme les applets Java et les films Shockwave, et de recopier ces fichiers sur de nombreux serveurs esclaves de façon à répartir équitablement les commandes de téléchargement entre les différents serveurs. La version multimédia dispose également d'une fonction <<paillasson>> qui vous permet de sélectionner les pages de votre site pour lesquelles vous voulez autoriser vos utilisateurs à créer des renvois. Ainsi, lorsqu'ils essayeront d'accéder directement aux autres pages non autorisées, ils seront renvoyés à la page d'accueil de votre site. Cette version multimédia dispose également d'une intéressante fonction <<anti-détournement>>, qui permet d'éviter que des gens n'utilisent l'URL d'un de vos graphiques dans une étiquette <IMG> dans leur propre page. Lorsque FireSite détecte une telle opération, il envoie un autre graphique que vous pouvez définir.

Ce que je préfère, dans FireSite, c'est que c'est un logiciel transparent. Il y a seulement quelques éléments à configurer par l'entremise d'une interface Web, mais ce sont des choses mineures (la vitesse de votre connexion et l'espace Web disponible sur le serveur esclave, par exemple). Vous pouvez consulter un journal d'exploitation en temps réel ainsi que certaines statistiques décrivant ce que FireSite fait à votre place. Le programme calcule également la bande passante effective de votre site une fois qu'il a été accéléré par FireSite.

Ne vous y trompez pas : FireSite n'est pas la solution à tous vos problèmes de bande passante. Vous devez avoir une ligne Internet spécialisée et une adresse IP permanente pour votre serveur Web; ce genre de connexion n'est pas aussi bon marché que des connexions personnelles avec des numéros IP dynamiques. La gamme de prix varie largement, mais une connexion spécialisée à 28,8 kilobits/seconde peut coûter entre 75 $ et 150 $ par mois comparativement à une moyenne de 22,50 $ pour un compte personnel. Cependant, puisque le prix mensuel d'une liaison RNIS (ISDN) ou à relais de trame 56 K peut coûter entre 300 $ à 400 $, FireSite peut s'autofinancer rapidement par l'économie réalisée sur les charges mensuelles. FireSite n'est pas donné, mais ClearWay joue sur le fait que les économies réalisées sur la connexion Internet font pencher la question financière en sa faveur.

FireSite requiert 3 Mo de RAM et sa base de données peut occuper à peu près 10 Mo d'espace disque; il ne tourne que sur les serveurs Web Macintosh qui sont compatibles avec les extensions pour WebSTAR (connus sous le nom de WS*API). FireSite n'est probablement pas indispensable pour les petits serveurs qui distribuent sans problème l'ensemble de leurs fichiers sur une connexion lente, mais si votre serveur Web Mac distribue ses fichiers sur une connexion relativement lente et que vous cherchez à améliorer les performances de votre site, FireSite vaut le détour.

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Internet : un effet de surplace

par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>

À la fin de chaque MacWorld Expo, nous essayons de déterminer le thème principal de l'exposition sans tenir compte de toute la publicité et de tout le chaos qui y régnaient. Au dernier MacWorld Expo qui s'est tenu à San Francisco, il semblait que toutes les sociétés possédaient un produit pour l'Internet, ou du moins qu'elles avaient toutes réussies à placer le mot "Internet" dans le nom de leurs produits. À celle de la semaine dernière [à Boston], un grand nombre de sociétés présentaient des produits relatifs à l'Internet, et cette fois-ci, leur rapport àvec l'Internet avait quelque chose de plus profond que le nom. Cependant, de nombreuses sociés présentaient des produits mal définis en termes de conception , sans savoir quels problèmes ils visaient et pour qui ils étaient conçus.

Je ne nommerai personne car la confusion qui règne à propos de l'Internet semble toucher la majorité des sociétés productrices de logiciels. Seules quelques sociétés, jeunes pour la plupart, ont l'approche requise pour concevoir un produit Internet qui résout un vrai problème de façon élégante et réaliste.

Ce problème peut avoir plusieurs causes. L'Internet change rapidement et constitue donc une cible mouvante. Il faut déterminer quel problème votre programme résout et il faut sortir le programme rapidement, avant que le problème ait disparu ou que quelqu'un d'autre ne l'ait résolu avant vous. De plus, il est difficile de produire un programme qui convienne aux profanes et que les experts vont apprécier, surtout quand les profanes deviennent rapidement experts.

Plus sérieusement, j'ai l'impression que les développeurs Internet n'utilisent pas beaucoup l'Internet; il en résulte des programmes qui n'ont pas de vraie raison d'être. Symptôme le plus probant de ce manque de vision : la distribution publique d'une prétendue version bêta du logiciel, qui sert à sonder les utilisateurs. Les produits qui finissent par s'imposer ont d'abord une vraie raison d'être; ils sont ensuite adaptés en tenant compte des réactions des utilisateurs. Prenez par exemple les programmes produits par des petits développeurs, qui n'ont pas besoin de faire un tas de tests de fonctionnement ou de versions bêtas publiques. Le logiciel Anarchie est un bon exemple : Peter Lewis a produit ce programme pour résoudre un problème qui existait dans les produits d'alors. Peter n'a pas créé Anarchie en demandant aux utilisateurs ce qu'ils voulaient; il a créé un programme qui comportait les fonctions dont il avait besoin, puis il a raffiné le produit au fil des ans en se basant sur l'opinion des utilisateurs.

Si on se fie principalement aux réactions des utilisateurs, on obtient des programmes dont les fonctions vont dans toutes les directions et d'une utilité partielle. J'aimerais que les développeurs passent plus de temps de recherche branchés sur Internet, pour voir les problèmes qui surgissent dans les listes de diffusion et dans les groupes d'utilisateurs (newsgroups) et en apprendre davantage sur le monde de l'Internet, avant de formuler des idées de produits. Ce type de recherche est essentiel pour produire un programme qui a une raison d'être; si cette recherche n'est pas effectuée, les utilisateurs risquent de se retrouver avec un autre éditeur HTML mal foutu, un autre gestionnaire d'URL ou une autre marque de cire à plancher Internet qui n'apporte rien de nouveau et qui ne résout aucun problème.

Du point de vue technologique, l'accent mis par Apple sur le multimédia sur l'Internet a du bon sens, mais j'ai bien peur que cet enthousiasme ne soit victime d'une absence de "rapport avec la réalité". Personne ne prétendra que les films QuickTime ne sont pas super mais j'ai vu bien peu de site Web qui tirent réllement bénéfice de leur usage. De même, sur mon 660AV, l'extension Shockwave de Macromedia entre en conflit avec RAM Doubler, mais j'ai bien plus besoin de RAM Doubler que de Shockwave (qui, en ce qui me concerne, ne me sert à rien). Dans ces deux cas, les sociétés essaient de tirer profit des technologies existantes pour résoudre des problèmes qui n'existent quasiment pas. J'aimerais beaucoup plus voir ces sociétés réussir à résoudre les vrais problèmes de ceux qui utilisent tous les jours l'Internet.

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