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Dans ce numéro, nous vous demandons des suggestions de cadeaux pour le temps des fêtes, et nous vous faisons part d'une note importante pour les utilisateurs de AOL et d'un survol rapide de nouveaux logiciels pour l'Internet de Microsoft. Vous trouverez également un exposé d'Adam sur l'état du marché des serveurs W3 (il porte une attention particulière aux serveurs personnels) et une analyse exhaustive de Matt Deatherage sur le nouveau format de fichier Meta Content Format ou MCF de Apple qui représente une nouvelle façon d'organiser et de visualiser l'information.
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Une idée de cadeau? -- Chez TidBITS nous aimons le temps des fêtes même si c'est devenu un affaire archi-commerciale. Pour participer à une de nos traditions des fêtes, envoyez-nous par courrier électronique (à <ace@tidbits.com>) des suggestions de cadeaux (à donner ou à recevoir) (pas plus d'un paragraphe) qui ont un rapport avec l'informatique avant le 2 décembre 1996. Nous allons utiliser les suggestions dans le numéro 357 ou 358 et nous allons voir si nous pouvons arranger des aubaines pour vous. [ACE]
AOL et ses manigances de prix -- AOL s'est placé dans l'eau bouillante avec sa nouvelle tarification, qui entrera en vigueur le 1er décembre 1996. Cette nouvelle tarification offre aux utilisateurs un accès illimité (y compris Internet) pour 19,95 $, ce qui n'est pas une mauvaise affaire pour certains. Le problème est que AOL a très subtilement mentionné, et seulement dans un forum de discussions spéciale, son désir de convertir TOUS les utilisateurs à cette tarification, sauf si l'utilisateur en demande spécifiquement une autre. Donc, à moins que vous ne demandiez spécifiquement une autre tarification, celle-ci vous sera imposée et vous serez quitte pour une augmentation, pour l'utilisateur moyen, d'environ 10 $ (U.S.) par mois.
Un groupe de procureurs d'États ont examiné les agissements de AOL et Christine Gregoire, procureur général de l'État de Washington, a annoncé la semaine dernière la signature d'une entente avec AOL. Cette entente oblige AOL à informer de façon active les utilisateurs des changements apportés à la tarification avant de leur donner accès au service de AOL. Les utilisateurs ont jusqu'au 31 mars 1997 pour accepter ou non la nouvelle tarification. Les utilisateurs qui n'auront pas accédé à AOL avant le 1 décembre 1996 seront crédités de la différence entre le nouveau plan et l'ancien. La conclusion est donc que AOL augmente ses tarifs à compter du 1 décembre 1996 et que vos coûts augmenteront à moins que vous n'interveniez. [GD]
Mise à jour des logiciels Microsoft pour Internet -- Microsoft vient de lancer deux logiciels pour Internet : "Internet Mail and News 1.0" et la première version bêta de "Internet Explorer 3.0". L'application indépendante "Internet Mail and News 1.0" est basée en partie sur les logiciels "NewsWatcher" de John Norstad et "WASTE" de Marco Piovanelli, et elle remplace les fonctions de courrier et de groupes de discussions de "Internet Explorer". Malgré la ressemblance évidente avec sa version Windows et bien que ce produit ne puisse concurrencer des logiciels comme Eudora, "Internet Mail and News 1.0" offre un ensemble raisonnable de fonctions comme les filtres par sujet des groupes de discussion, l'édition de texte par glissement de sélections et le classement du courrier dans des boîtes aux lettres. La taille du fichier téléchargeable est d'environ 800 Ko.
<http://www.microsoft.com/ie/launch/imn.htm>
<http://www.microsoft.com/ie/download/ieadd.htm>
La version 3.0b1 de Microsoft Internet Explorer ne nécessite toujours qu'un maigre 4 Mo de RAM (même si elle utilise beaucoup de mémoire système temporaire). Elle offre une barre d'outils modifiable, des fonctions audio et vidéo intégrées, la compatibilité avec les feuilles de style de la norme HTML 3.2 et les "extensions" de Netscape ainsi que le VRML (avec QuickDraw 3D). Internet Explorer 3.0b1 est aussi compatible avec Java en utilisant soit le "MacOS Runtime for Java", soit (bientôt) le "Microsoft Java VM" développé de concert avec Metrowerks (à noter que l'utilisation de Java nécessite 4 Mo de mémoire supplémentaire). Les opinions sur les performances et la stabilité de cette version divergent beaucoup. La taille du fichier téléchargeable est d'environ 5 Mo. [GD]
<http://www.microsoft.com/ie/mac/>
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Au cours des dernières semaines, un avalanche de communiqués de presse a enfoui le monde des progiciels Web pour Macintosh, principalement du côté des progiciels de serveur Web. Mais, à moins que vous croyiez que ces progiciels soient réservés à l'élite, lisez ce qui suit et vous constaterez qu'il est bien possible que vous gériez votre propre serveur Web bien plus tôt que vous ne le pensiez.
Sortie de WebSTAR 2.0 -- Le principal événement de la semaine a été la sortie de la version 2.0 de WebSTAR (de StarNine), le plus important progiciel de serveur Web pour le Mac à l'heure actuelle. Les améliorations apportées par StarNine à cette version touchent principalement trois aspects : la vitesse, la sécurité et les nouvelles technologies.
<http://www.starnine.com/webstar/webstar.com>
La vitesse du progiciel WebSTAR, qui était déjà très respectable, est multipliée pas deux ou trois grâce à deux nouvelles méthodes de gestion de la cache. Pour ceux qui ne connaissent pas bien le principe de la cache, celle-ci permet de stocker de l'information dans la RAM, ou de telle façon que les accès subséquents à cette information soient nettement plus rapide que le premier. WebSTAR 2.0 gère la cache de façon "intelligente", c.-à-d. que le progiciel contrôle en permanence les fichiers consultés et choisit ceux qui "méritent" le plus d'être stockés dans la cache. Les autres progiciels de serveur Web existants offrent une interface manuelle pour la gestion de la cache, mais le responsable du serveur doit alors s'assurer constamment que la liste des fichiers à stocker dans la cache est à jour. L'autre amélioration (toute aussi importante que celle apportée à la cache des données) de WebSTAR 2.0 est le nouveau procédé de mise en cache de l'information fichiers. La lenteur du gestionnaire de fichiers du Mac est un des principaux goulots d'étranglement pour les serveurs Mac. Donc, en stockant l'information fichiers dans la mémoire vive, WebSTAR n'a plus a passer par le gestionnaire de fichiers du Mac. La mémoire de service requise par la mise en cache de l'information fichiers est censée être de l'ordre de 500 octets par fichier, ce qui ne représente pas une trop grande voracité de mémoire pour les sites Web de taille raisonnable.
Pour ce qui est des améliorations sur le plan de la sécurité, on note que le progiciel WebSTAR de base incorpore désormais WebSTAR/SSL et qu'il dispose de deux mesures de sécurité supplémentaires. Par le passé, on pouvait limiter l'accès à l'ensemble d'un site au moyen de l'adresse IP, mais on ne pouvait limiter l'accès à un dossier particulier qu'au moyen d'un nom d'utilisateur et d'un mot de passe. WebSTAR 2.0 permet de limiter l'accès à un dossier au moyen de l'adresse IP et n'utilise le nom d'utilisateur et le mot de passe que dans les cas où quelqu'un essaie d'accéder à un site intranet de son propre fournisseur de services par exemple. L'autre problème de sécurité qu'avait WebSTAR était qu'il exécutait les scripts CGI peu importe l'endroit où ils se trouvaient dans la hiérarchie WebSTAR. Un utilisateur pouvait donc télécharger un script CGI "cheval de Troie" et le faire exécuter à partir de n'importe quel fureteur Web. WebSTAR 2.0 n'exécute plus maintenant que les scripts CGI qui se trouvent dans un dossier bien précis dont on peut verrouiller l'accès au moyen d'une procédure de sécurité normale. Enfin, la base de données de noms d'utilisateur et de mots de passe de WebSTAR accepte maintenant des dizaines de milliers d'utilisateurs.
En ce qui concerne les nouvelles technologies, WebSTAR 2.0 contient désormais une machine virtuelle Java, de sorte que les programmeurs peuvent maintenant écrire leurs scripts CGI et leurs extensions en Java. Cela ne donne pas d'aussi bons résultats qu'avec les extensions et les scripts CGI écrits en C, mais cela permet à certains utilisateurs de programmer plus vite et de profiter des connaissances qu'on a dans le domaine de Java. Il n'y a pas beaucoup d'inquiétude à avoir quant à la stabilité et aux performances des programmes Java puisque la machine virtuelle de WebSTAR ne traite en aucun cas avec l'interface. Les scripts CGI et les extensions en Java ne traitent les données qu'au niveau du serveur lui-même.
La nouvelle version de WebSTAR présente également une option "server-side includes" (inclusion sur le serveur) qui permet aux auteurs de pages Web d'insérer dans leurs documents HTML des étiquettes spéciales qui rendent les pages plus dynamiques. De nombreux produits (NetCloak et CometPage) offrent déjà cette option, mais celle dans WebSTAR peut appeler d'autres extensions ou scripts CGI et elle est extensible par le biais d'étiquettes créées par l'utilisateur.
À propos des extensions, StarNine en a intégrées quelques-unes très importantes dans WebSTAR 2.0 (certaines fonctions mentionnées précédemment sont d'ailleurs elles aussi intégrées dans WebSTAR au moyen d'extensions). À mon avis, l'extension la plus utile est celle qui permet de ranger les fichiers de compte rendu d'activité en copiant ailleurs le fichier obtenu et en remettant à zéro le fichier principal de compte rendu d'activité. Les administrateurs de serveurs Web apprécieront également l'extension qui permet de gérer le site à distance à l'aide d'une interface "à la Star Trek", ainsi que celle qui envoie le courrier électronique depuis le serveur plutôt que depuis un fureteur Web.
Jusqu'au 31 décembre 1996, la mise à jour coûte 149 $ pour les entreprises et 99 $ pour les institutions d'enseignement. Le progiciel coûte le même prix que la version précédente, soit 499 $.
<http://store5.starnine.com/upgrade/upgrade.html>
Sortir avec MultiHomie -- Une autre amélioration de WebSTAR 2.0 est l'accessibilité de l'en-tête Host HTTP 1.1. Il est donc possible pour les extensions des sociétés tierces d'utiliser un "multihoming" mieux intégré à WebSTAR. Dans le passé, le logiciel HomeDoor d'Open Door Networks était la meilleure solution pour le multihoming sur Macintosh, mais le nom de la machine qui apparaissait dans le fureteur Web de l'utilisateur n'était pas le même que celui de l'URL que l'utilisateur entrait. L'extension partagicielle MultiHomie (75 $) de ClearInk (licence de site disponible) ne présente pas ce problème et renvoie le bon URL aux fureteurs Web qui peuvent envoyer l'en-tête Host. Tous les utilisateurs qui se plaignent bruyamment du manque de vrai multihoming sur le Mac devraient jeter un coup d'&brkbar;il au duo WebSTAR 2.0 - Multihomie.
<http://www.clearink.com/fun_stuff/plugins/multihomie/>
Rabais chez Open Door -- Suite à la sortie de WebSTAR 2.0, Open Door Networks a annoncé des rabais (en vigueur jusqu'au 1er mars 97) pour toutes les personnes qui font la mise à jour à WebSTAR 2.0. Les prix des progiciels HomeDoor, LogDoor (analyse de journal en temps réel) et MailDoor (gestion de multiples domaines sur le Apple Internet Mail Server), ont enregistré une baisse allant de 40 $ à 80 $. De plus, Open Door a annoncé pour le premier trimestre de 1997 la sortie d'une nouvelle version de HomeDoor qui aurait les capacités de multihoming transparent de MultiHomie.
<http://www.opendoor.com/wsupgrade.html>
Microsoft devient plus intime -- Contre toute attente, Microsoft et ResNova ont annoncé l'acquisition par Microsoft des logiciels de serveur Web de ResNova : WebForOne (logiciel de serveur Web personnel) et Boulevard (logiciel plus complet). Du même coup, cinq employés de ResNova, dont le président, Alex Hopmann, et le directeur des produits, Lauren Antonoff, ont joint la division Internet Platform and Tools de Microsoft à San Jose. ResNova cherche maintenant un acheteur pour son système de babillard électronique NovaServer.
Microsoft prévoit la sortie d'une version bêta de WebForOne renommée Personal Web Server, qui sera éventuellement distribué avec Microsoft Internet Explorer. Bien que cette acquisition puisse paraître étrange, elle n'est en fait que le retour du balancier puisque Microsoft possède déjà une version Windows 95 gratuite appelée Personal Web Server for Windows 95 (l'imagination dont fait preuve Microsoft pour la dénomination de ses produits ne cesse de surprendre!). Microsoft indique qu'elle n'a pas l'intention de produire une version complète d'un logiciel de serveur Web pour le Mac.
Je parle depuis quelques temps déjà des serveurs Web personnels et il semble que, suite à ces événements, la concurrence dans cette catégorie de logiciel va encore s'intensifier. Apple a fait appel à Maxum Development, créateur de RushHour, le logiciel de serveur graphique pour le Web, pour créer un serveur Web personnel qui sera inclus dans le système du Mac. StarNine distribue une version bêta de Personal WebSTAR, qui est essentiellement une version moderne du logiciel MacHTTP de Chuck Shotton et il existe bien entendu de nombreux autres serveurs Web pour le Macintosh, dont NetPresenz, le partagiciel à 10 $ de Peter Lewis et Quid Pro Quo, le gratuiciel de Chris Hawk, qui peuvent être considérés comme des serveurs Web personnels, ne serait-ce que pour leur prix.
<http://www.maxum.com/>
<http://www.starnine.com/software/software.html>
<http://www.share.com/peterlewis/netpresenz/index.html>
<http://www.slaphappy.com/>
J'espère que ces auteurs (entre autres) de serveurs Web personnels porteront leur attention vers les problèmes propres à cette catégorie de logiciel tels que la traduction efficace de documents et le fonctionnement avec des connexions Internet ponctuelles (TidBITS-316 et TidBits-318). Il est temps d'innover et pas de reprendre les vieilles recettes.
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Dans presque chacun des discours importants tenus ces derniers temps, les têtes dirigeantes d'Apple ont mentionné une technologie Apple actuellement à l'étude : HotSauce, baptisé à l'origine Project X. HotSauce présente une vue en 3D de séries de données (comme les sites Web répertoriées par Yahoo, la hiérarchie de forums Usenet [Newsgroups], ou des ensembles hiérarchiques de données similaires) qui peuvent être décrits par des thèmes communs.
Apple avait déjà montré HotSauce avant cette année, mais la différence est que les dirigeants de la firme à la pomme ne la présente plus désormais comme un simple élément-gadget de l'interface utilisateur mais aussi comme une technologie sous-jacente en passe de révolutionner notre manière de naviguer et de consulter les données. Ce que cette technologie a d'épatant, ce n'est pas la représentation en 3D, l'extension pour Netscape Navigator qui permet de créer cette représentation au sein même d'une fenêtre de fureteur ou encore les programmes qui génèrent les fichiers de données utilisés par cette technologie. Non, ce qu'elle a d'épatant, c'est le format des fichiers de données -- la manière de décrire l'information sur les données. Apple appelle ce format MCF (pour Meta-Content Format). Dans cet article, je vais examiner les tenants et aboutissants de ce format pour tenter d'établir s'il est à la hauteur des récentes affirmations d'Apple selon lesquelles il apporterait aux bases de données ce que le HTML a apporté au texte.
Meta-contenu? -- Nombre d'entre nous venons tout juste de nous familiariser avec l'idée que les industries de l'information sont maintenant des "fournisseurs de contenu". Et voilà qu'on nous demande maintenant de comprendre le "meta-contenu"! Le terme semble sorti tout droit de l'esprit brumeux d'un technophile, mais il est pourtant assez pertinent.
Le dictionnaire American Heritage définit le préfixe "meta-" en partie comme signifiant "transcendant, plus global". [NdT : dans le Petit Robert, cela donne "ce qui dépasse, englobe"]. Les ingénieurs aiment utiliser ce préfixe pour décrire le procédé qui permet de se référer à un processus. Par exemple, une plaisanterie sur une plaisanterie serait du "méta-humour" et un langage inventé pour décrire d'autres langages est un métalangage. (Ce concept est soigneusement étudié dans l'ouvrage "Goedel, Escher, Bach: An Eternal Golden" [un incontournable pour les passionnés d'ingénierie et de science] de Douglas Hosfstadter, gagnant du prix Pulitzer en 1979). En appliquant cette définition traditionnelle, le méta-contenu est un contenu qui parle d'autres contenus.
Le format MCF, tel qu'il a été défini par R.V. Guha de Apple (responsable à la fois de HotSauce et de MCF), est un "langage permettant de représenter une vaste panoplie d'information sur le contenu". Un exemple simple de méta-contenu est l'en-tête d'un message électronique. Il vous donne de l'information sur le message (l'expéditeur, l'heure d'expédition, les voies d'acheminement, où doivent aller les réponses, etc.) mais il ne constitue pas le message à proprement parler : la personne qui vous l'a envoyé ne vous a pas adressé l'en-tête mais bien bien le contenu du message.
Pourquoi décrire le contenu -- Les en-têtes de courrier électronique peuvent être assimilés à un langage simple de description du contenu d'un message. Dans cette optique, un langage est un ensemble de règles simples qui définissent des expressions valides -- dans le langage normal des mathématiques, par exemple, "4 + 4" est une expression valide mais "76#&98+A!" ne l'est pas. Le courrier électronique serait moins utile s'il n'existait pas d'en-têtes : tout expéditeur devrait s'assurer d'inclure dans le corps du message les informations figurant dans l'en-tête sinon vous, en tant que destinataire, ne le recevriez jamais. L'absence de signature vous laisserait dans l'ignorance en ce qui concerne l'origine du message (et une fausse signature pourrait vous garder encore plus dans l'erreur).
De fait, la description du contenu est une quête utile. En réalité, lorsque vous avez à votre disposition une montagne de contenu, la consultation s'avère quasiment impossible sans une certaine forme de méta-contenu. Des millions de personnes se tournent vers Yahoo pour trouver des pages Web triées (même arbitrairement) par catégories et types utiles. Les mêmes personnes pourraient se tourner vers AltaVista pour rechercher des millions de pages Web par leur contenu, mais ce type de recherche s'avère souvent moins pertinent lorsque vous naviguez sur le Web. Si vous désirez trouver des magazines sur le Macintosh, vous pouvez "plonger" au fin fond de Yahoo jusqu'à ce que vous parveniez à une liste énumérant une trentaine de sites différents traitant de ce sujet. En revanche, si vous tapez "magazine Macintosh" sur AltaVista, vous obtiendrez 400 000 réponses, allant des offres d'emploi chez MacWorld, jusqu'à une douzaine de pages du site MacToday, en passant par les articles des anciens numéros de Byte en italien et ainsi de suite. La recherche sur le contenu textuel brut vous donnera des milliers de réponses supplémentaires, mais ces dernières ne sont pas aussi utiles que les lot limité de réponses que vous donne Yahoo.
<http://www.yahoo.com/>
<http://altavista.digital.com/>
Une fois que vous avez une bonne description d'un contenu d'une sorte ou d'une autre, vous pouvez effectuer des recherches dans ce "méta-contenu" de façon rapide et efficace et obtenir d'excellents résultats. Le problème principal est que, jusqu'à présent, pour obtenir un bon "méta-contenu", il faut l'intervention d'un être humain. Dans ce domaine, la technologie est cependant en constante amélioration (lors de la dernière exposition MacWorld Boston, Apple a présenté des "agents" qui s'occupent de condenser des documents contenant du texte en une simple phrase), mais les êtres humains obtiennent encore de meilleurs résultats. Les éditeurs créent souvent des résumés destinés au classement des livres sous la forme de cartes dans les bibliothèques. Sans ces résumés, les bibliothèques n'auraient aucune idée du contenu des ouvrages et devraient se contenter u volet de jaquette ou de la table des matières, et il est rare qu'on trouve une bibliothèque qui dispose d'assez de moyens pour pouvoir embaucher un bibliothécaire à temps plein dont la seule tâche consisterait à lire les livres et à les cataloguer correctement.
Dans la même veine, la tendance en publication sur le Web est à la description, par l'auteur, des pages qu'il réalise. Honnêtement, vous devriez être capable de décrire votre page en 25 mots avec une plus grande précision que quelqu'un qui travaille pour Yahoo et avec une bien plus grande précision encore qu'un système automatisé de recherche de textes. La norme HTML 3.2 comprend le mot-clé "META" qui vous permet d'ajouter du "méta-contenu" à vos pages Web de façon à faciliter le travail des outils de classement automatique et autres activités de création de méta-contenu.
<http://www.w3.org/pub/WWW/MarkUp/Wilbur/>
Mais pourquoi MCF? -- Les fragments de méta-contenu créés individuellement sont utiles, mais lorsque vous décrivez des centaines de milliers de fragments de contenu, il vous faut adopter certaines normes. Reprenons l'exemple de la carte d'un catalogue de bibliothèque et élargissons-le au cas où cette carte est informatisée. Lorsque vous consultez la carte d'un livre, il vous est facile de voir que l'ouvrage a, par exemple, 27 auteurs (peut-être qu'il s'agit d'une anthologie). Par contre, si vous saisissez cette information dans une base de données et que celle-ci ne comporte que trois champs "Auteur", vous êtes coincé. Vous devez soit laisser tomber 24 des 27 auteurs, soit saisir leur nom dans un champ différent et sans rapport comme le champ "Description". Dans les deux cas, vous allez perdre les gens qui rechercheront ce livre par le nom d'un des 24 auteurs restants (qui donc aurait l'idée de faire une recherche par nom d'auteur dans le champ "Description"?). Les gros systèmes de gestion de méta-contenu doivent être polyvalents; le format MARC utilisé par la bibliothèque du Congrès consiste en un ensemble de données "étiquetées" -- vous pouvez saisir autant d'étiquettes "Auteur" et d'auteurs que vous voulez, la seule limite étant la capacité de stockage de données de votre ordinateur.
Alors pourquoi n'utiliserait-on pas un format existant, tel que MARC, pour décrire le contenu des pages Web? Le problème est que MARC n'est pas une norme "ouverte" : les "étiquettes" utilisées pour indiquer ce que chaque carte contient sont en fait des nombres, et les nombres qui n'ont pas été publiés sont réservés par le comité MARC qui, à quelques exceptions près, a l'exclusivité de leur définition. De plus, les fiches MARC contiennent des données binaires et ne sont pas faciles à lire pour un être humain. Par opposition, le format MCF de Guha ressemble plus au langage HTML. L'auteur d'une page HTML peut en effet inventer ses propres étiquettes. Si le navigateur d'un utilisateur ne les reconnaît pas, il va simplement les ignorer. Par contre, s'il les reconnaît, la page peut alors comprendre de nouvelles fonctions bien pratiques. C'est ce que Netscape fait avec chaque nouvelle version de Navigator.
Apple espère que le MCF sera accueilli de la même manière. Il s'agit d'un format simple, de type texte, qui définit des objets et leurs propriétés. Il n'y a pas de limites en ce qui concerne les propriétés qui sont décrites pour chaque objet et il n'est pas non plus obligatoire de décrire toutes les propriétés de chaque objet ou d'inclure toutes les relations entre tous les objets. L'implémentation du MCF dans HotSauce ne gère que quelques propriétés pour chaque objet : objets "maîtres", objets "esclaves", suggestions concernant l'endroit où les esclaves apparaîtront dans la fenêtre de navigation 3-D par rapport à leurs objets maîtres -- et c'est à peu près tout. Vous trouverez le livre blanc sur MCF à l'URL suivante:
<http://applenet.apple.com/hotsauce/text/mcf.html>
Apple a demandé au Groupe de travail sur les technologies Internet (Internet Engineering Task Force, IETF) d'envisager l'adoption du MCF comme norme Internet pour la description du contenu et, à ma connaissance, aucun concurrent n'a déposé de demande analogue. Si le IETF accepte le MCF comme norme, on peut supposer qu'il y aura normalisation d'un ensemble d'attributs pour la description de données (des entrées courantes comme "nom" ou "URL"; peut-être une "description" ou un "créateur" ou d'autres étiquettes semblables), mais on pourra toujours ajouter des données supplémentaires.
Que pourra faire le MCF pour nous? -- Si tout ceci ne vous inspire qu'un "Bon, d'accord, mais en quoi cela me concerne-t-il?", il ne faut pas oublier que les "normes" sont toujours ennuyeuses. C'est ce qu'on en fait qui est intéressant.
Prenons l'exemple du langage HTML. L'idée de désigner par du texte l'apparence d'autre texte est stupide : ce n'est pas une façon concise d'indiquer des changements stylistiques (une commande "Gras" pourrait être indiquée par moins d'un octet, plutôt que par une longue expression comme l'étiquette <STRONG>); une source HTML n'est pas facile à lire, et elle ne convient pas pour des descriptions de page détaillées.
Cependant, les ordinateurs peuvent lire facilement le langage HTML, ce dernier est extensible (comme nous avons vu) et ses capacités hypertextes simples, qui permettent de mettre en relation une phrase sur une page et une autre page, ont conduit à l'arrivée des fureteurs Web, qui à leur tour ont conduit à l'existence du WWW et ça vous devrait vous concerner!
Le MCF possède les mêmes caractéristiques : il est facile à créer, à utiliser, et à comprendre par l'ordinateur. À défaut de meilleure expression, j'imagine ici un "fureteur" MCF qui pourrait naviguer parmi toute les collections de données en format MCF. Le site Web "HotSauce" de Apple contient plusieurs de ces collections de données, appelées "espaces X" (X Spaces) en raison du "Project X", le nom d'origine de HotSauce. Si vous avez l'extension Netscape HotSauce de Apple, vous pouvez naviguer parmi tout ces espaces X.
<http://applenet.apple.com/hotsauce/>
Vous pouvez également importer une application séparée "HotSauce" et visualiser ainsi les espaces X. Cette application offre un choix de méthodes de visualisation récemment ajoutées à l'extension, comme le "survol en 3D" ou la visualisation en deux dimensions par le biais de dossiers marqués par des triangles d'affichage du contenu semblable à une fenêtre du "Finder" en mode "Affichage par noms". Notez que le document MCF qui décrit les données n'a pas changé; seul l'affichage est différent.
Là est la clé de toute l'affaire : une seul description pour un vaste ensemble de données qui peuvent être affichées de toutes les façons qu'un programmeur peut imaginer. L'interface visuelle actuelle de HotSauce n'est pas vraiment impressionnante en ces jours de reproduction 3D, mais ce n'est qu'un moyen de visualiser des données MCF. Il serait facile de créer une interface différente pour les mêmes données.
Si chaque site Web contenait une description MCF de lui-même, il serait possible de "survoler" tous les sites et de trouver l'information recherchée sans utiliser la carte du site (qui est souvent une perte de temps : plusieurs sites contiennent des cartes nettement inadéquates), ou encore de parcourir le site comme si c'était une fenêtre du Finder. Un "Live Object" de visualisation MCF pourrait permettre l'ajout de cette fonction à tout conteneur OpenDoc sur votre Macintosh.
Ce même fureteur MCF pourrait vous permettre de naviguer sur votre disque dur, sur les pages Web de Yahoo, sur les sites Web qui possèdent une description MCF et même dans une base de données qui contiendrait une description MCF (imaginez-vous navigant dans une base de données de la même façon que vous le faites sur votre disque dur), bref, il vous permettrait de naviguer n'importe où!
C'est pour ça que les têtes dirigeantes de Apple affirment que le MCF pourrait bien faire pour les bases de données ce que le HTML a fait pour le texte. Si la norme était adoptée par tout le monde, à titre de norme IETF ou autre, ils pourraient bien avoir raison.
Normes de méta-contenu concurrentes -- Il y a eu d'autres efforts pour créer une norme de description du contenu, mais aucune n'avait le soutien d'une société comme Apple. De plus, l'inventeur du MCF de Apple, R.V. Guha, a créé ce format en se basant sur les résultats des travaux de comités chargés d'étudier de telles possibilités comme le groupe Dublin Core, qui constituait déjà une norme préliminaire. Le MCF est en ce moment au stade bêta; bien que le Dublin Core soit orienté surtout vers le monde universitaire et que sa structure ressemble à celle d'un catalogue de bibliothèque, le livre blanc de Guha indique qu'il n'y a aucune raison pour ne pas inclure les avantages de Dublin Core dans le MCF avec un peu de travail pour définir une syntaxe.
Qu'en est-il du projet Nashville de Microsoft? Nashville est le nom de code pour le "Internet Add-On Pack" (qui, apparemment, s'appelle maintenant "Active Desktop") de Microsoft qui devrait arriver très bientôt sur les plates-formes Windows 95 et Windows NT. Il a été décrit par la presse comme "un fureteur construit directement dans le système d'exploitation" et il est supposé permettre de voir le contenu de votre disque dur comme si c'était une page Web, liens hypertextes inclus. Mes recherches indiquent que c'est exactement ce qu'il fait.
Mais ce que Nashville ne fait pas, c'est de décrire le contenu des pages Web et des disques durs dans un format de meta-contenu, et d'utiliser une technologie comme MCF pour le visualiser. Nashville remplace le programme du bureau (leur Finder, si vous voulez) en partageant du code avec Microsoft Internet Explorer 4.0. Si on poursuit l'explication en utilisant les termes Macintosh plus familiers alors, avec Nashville, on peut ouvrir des fenêtres Web directement dans le Finder sans lancer un programme externe (comme les sons et les "découpures" [clipping files]) et on peut même changer le bureau pour qu'il affiche en direct du contenu venant du Web au lieu d'afficher des icônes de fichiers et des fenêtres du Finder. On peut aussi intégrer des cadres "à la Finder" dans les pages ou les documents Web.
Microsoft fait tout ça sans l'aide d'un format de meta-contenu en utilisant des commandes ActiveX pour afficher le contenu d'un fichier ou d'un dossier dans une fenêtre de Internet Explorer. Le fureteur lui-même ne connaît rien du disque dur. Il ne connaît que ActiveX et il possède une composante ActiveX qui connaît le contenu du disque dur (pour reprendre un exemple précédent, OpenDoc ne connaît rien du MCF mais un Live Object MCF pourrait donner cette fonction à n'importe quel document OpenDoc).
La technologie Nashville est bien. Une future version du MacOS devrait aller encore plus loin avec OpenDoc, car OpenDoc peut inclure n'importe quel Live Object tandis que Nashville ne semble inclure que les commandes ActiveX dans les fenêtres et les cadres d'un fureteur Web (selon les descriptions de Microsoft, vous ne pourriez avoir une grande feuille de calcul intégrant du contenu provenant du Web, mais vous pourriez avoir une grande page Web intégrant le contenu d'une feuille de calcul).
Nashville devrait être disponible avant que l'IETF ne commence à travailler sérieusement sur le MCF, mais étant donné que ces normes ne se font pas concurrence, ça ne devrait pas faire de différence, sauf du point de vue de la perception du public. Microsoft n'a rien fait pour contrer le MCF, et si tout va comme prévu, Microsoft adoptera sûrement le MCF en même temps que toutes les autres sociétés intéressées par l'Internet.
L'accès aux données ne pose plus de problème, mais la récupération de données utiles est devenue une tâche difficile avec la multiplication des sources d'information. Le MCF est une solution qui pourrait faciliter la gestion de l'Internet et je peux comprendre pourquoi Apple est si enthousiasmé par ce format.
[Cet article est reproduit avec la permission de MDJ, une publication quotidienne qui traite des produits, des nouvelles et des événements reliés au monde Macintosh. Si vous n'avez de cesse de lire des nouvelles à propos du Mac, souscrivez à la version de démonstration de MDJ. Pour plus d'information et pour recevoir gratuitement le MDJ Recap #1 en format setext ou Adobe Acrobat, pointez votre fureteur Web sur le site Web de MDJ à <http://www.gcsf.com/>.]
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