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TidBITS#381/26-Mai-97
(version française)

En quête d'un nouveau tableur? Ne ratez pas le plaisant compte-rendu par Matt de Spreadsheet 2000, un programme convivial avec une nouvel aperçu de comment devrait fonctionner un tableur. Ce numéro rend également compte de la Conférence Annuelle des Développeurs Apple, des projets d'Apple pour le Newton, et donne des détails sur la dernière contribution par Global Village aux technologies de télécommunications.

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<http://www .dartmouth.edu/pages/TidBITS/issues/TidBITS-381.html>

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MailBITS/26-Mai-97

Apple filialise Newton -- La semaine dernière Apple a annoncé son projet de mettre en place une filiale qui s'occuperait de la gamme Newton. Cette nouvelle société, qui pour l'instant n'a encore ni nom ni PDG aura pour mission de se concentrer sur "les besoins informatiques et télématiques des usagers mobiles." Pour l'instant cela signifie que cette société dispose de deux produits, le MessagePad 2000 (cf TidBITS-379) et le eMate 300 (cf TidBITS-361), Apple continuant néanmoins à soutenir, vendre et promouvoir le eMate sur le marché éducatif. Les produits futurs s'adresseront probablement à des marchés verticaux tel la Santé, les VRP et les technico-commerciaux sur le terrain. La nouvelle société a l'intention de développer et distribuer des nouvelles technologies au service des utilisateurs mobiles. Ce serait une ironie de l'histoire, si Apple, dans sa quête d'un PDG pour cette nouvelle filiale, retienne la candidature de son ancien PDG, John Sculley, qui a une longue expérience du Newton et qui fut un de ses fervents promoteurs lors de son passage à Apple. [ACE]

<http://product.info.apple.com/pr/press.releases/1997/q3/970522.pr.rel.n ewton.html>

TidBITS est toujours disponible sur ZDNet/Mac chez CompuServe -- Kevin Norris de ZDNet/Mac nous fait savoir qu'il diffuse toujours TidBITS via la bibliothèque de publications électroniques ZDNet/Mac Arts & Fun Forum (GO ZMC:ZMACARTS). A noter aussi que ce forum ainsi que l'intégralité de ZDNet font maintenant partie du "Package Professionel" offert par Compuserve (GO CPRO). En conséquence, si vous préférez télécharger TidBITS depuis Compuserve plutôt que de le recevoir par courrier électronique (en vous abonnant à notre liste de diffusion auprès de <tidbits-on@tidbits.com>) ou en visitant notre site WWW, allez faire un tour dans ce forum. [ACE]

<http://www.tidbits.com/>

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Global Village : 56Kbps pour les PowerBooks

par Mark H. Anbinder <mha@tidbits.com>

Ce mardi, Global Village Communication annoncera une nouvelle ligne de cartes modem et de cartes combinant Ethernet et modem, permettant aux utilisateurs de portables de communiquer à 56 Kbps. Les nouvelles cartes supportent la technologie K56flex développée par Rockwell et Lucent et seront disponibles vers mi-juin.

<http://www.globalvillage.com/>

Les cartes seront destinées dans un premier temps aux PowerBook 190, et aux séries 5300 et 1400 avec un Système 7.5 ou ultérieur. Global Village prévoit de livrer gratuitement une mise à jour pour les PowerBook des séries 3400 et 2400 en juillet. Global Village propose également un équivalent des cartes modem et Ethernet+modem pour des portables sous Windows 95 - C'est la première fois qu'une compagnie propose simultanément les mêmes produits pour Macintosh et Windows. Les deux cartes peuvent servir aussi de fax grâce au célèbre logiciel GlobalFax.

En réponse aux questions sur le bras de fer entre la technologie K56flex et la technologie 56K X2 d'U.S. Robotics, Global Village déclare avoir trouvé plus de soutien pour K56flex du côté des fournisseurs d'accès Internet, et que c'était aussi vrai pour le marché des serveurs d'accès distant, dominé par des sociétés comme Cisco et Shiva. Les nouveaux modems sont dotés d'une mémoire flash ROM et de la technologie DSP évolutive via un logiciel, ce qui, d'aprés la société, leur permettra de s'adapter à la technologie 56Kbps qui s'érigera finalement en standard. (Les possesseurs des modems Global Village Platinum 28.8 Kbps avaient pu mettre à jour gratuitement leur modem en 33.6 Kbps par logiciel.)

<http://www.globalvillage.com/support/software.html>

Les cartes 56Kbps utilisent le même "dongle" externe (connu sous le nom de Clyde) que les précédentes cartes de Global Village pour les connexions téléphoniques et Ethernet 10Base-T. Le Clyde protège également la carte des éventuelles surtensions et des hauts voltages utilisés sur certains systèmes téléphoniques numériques. La carte fonctionne avec les adaptateurs pour téléphones cellulaires disponibles pour les anciens modèles de cartes Global Village. Les prix publics estimés par Global Village sont de l'ordre de 269$ pour la carte modem uniquement et 379$ pour la carte modem et Ethernet.

Global Village Communication -- 800/736-4821 -- 408/523-1000
408/523-2407 (fax) -- <sales@globalvillage.com>

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Yellow Box, Blue Box, Rhapsody et la WWDC

par Geoff Duncan <geoff@tidbits.com>

Chaque année, Apple organise la Conférence Mondiale des Développeurs (Worldwide Developers Conference ou WWDC), un rendez-vous technique relativement onéreux destiné aux développeurs Mac avertis. Contrairement aux expositions commerciales telles la MacWorld Expo, la WWDC n'est pas un lieu pour des centaines de commerçants, des visiteurs cravatés et avec de gros sacs ou encore un endroit où vous verrez des mises en scènes produites par les gens du marketing. Il s'agit d'une opportunité pour les programmeurs d'en savoir plus sur les technologies et les projets futurs d'Apple, de poser des questions et aussi de faire connaitre à Apple leur propre opinion. Les développeurs constitue le public le plus difficile d'Apple - peu influençable par des promesses, la plupart ont tendance à réclamer des preuves tangibles de ses déclarations. La WWDC n'est jamais un événement facile, pour Apple.

De plus, Apple n'a pas passé une bonne année. Au lendemain des difficultés financières d'Apple et de l'acquisition de NeXT, les spéculations allaient bon train et le moral des développeurs était relativement bas, à la veille de la WWDC. Personne ne savait ce qu'Apple allait mettre sur la table, et la confiance des développeurs avait été ébranlée par les récents licenciements chez Apple, la "mise en veilleuse" de certaines technologies et l'importance des cadres de l'ex-NeXT qui donnent l'impression de tenir le sort du Macintosh dans leurs mains.

Rhapsody & Yellow Box -- S'il y avait une chose dont tout le monde avait envie d'entendre parler à la WWDC, c'était Rhapsody, le prochain système d'exploitation d'Apple fondé en partie sur les technologies NeXT. Apple a satisfait cette attente, à la surprise de nombreux participants, avec des démos de la Yellow Box, l'environnement dérivé d'OpenStep qui sera au coeur de Rhapsody. La Yellow Box a été montrée à fois sur du matériel PowerPC et Intel, dont une démo sur Intel du célèbre jeu Quake (qui adressait directement Display Postscript de la Yellow Box lorsqu'il passait des movies en arrière-plan), des démos sur PowerPC de QuickDraw 3D et une application commerciale conçue par Stone Design et portée à partir d'OpenStep en l'espace de quelques jours. Apple voulait prouver une chose : ils avaient déjà du code en bonne et due forme, pas seulement des promesses. On a aussi vu les lignes de commandes Unix (provoquant des sifflements dans la salle), mais Apple a bien insisté sur le fait que celles-ci seraient cachées dans la version Unified de Rhapsody, et ne seraient disponibles que sur demande expresse par l'utilisateur. L'interface utilisateur de la Yellow Box a été présentée comme un travail en chantier, mais elle comporte déjà des similarités avec l'interface Mac.

Bien que la Yellow Box dérive directement d'OpenStep et comprennent des fonctionnalités NeXT comme Display PostScript and Unicode, Apple envisage de lui ajouter de nombreuses technologies Macintosh, dont QuickTime Media Layer (QTML), QuickTime VR, QuickDraw 3D, ColorSync, la partie typographie de QuickDraw GX, and le moteur d'indexation V-Twin (sur lequel est basé Apple e.g.). Même s'il est encore trop tôt pour savoir ce que cela signifie réellement, Apple a également dit que les applications écrites pour la Yellow Box seront scriptables dans une certaine mesure, et que ce système de script dans la Yellow Box serait conçue de telle sorte qu'elle soit autant que possible proche d'AppleScript. La Yellow Box comprendra également Java et WebObjects FrameWorks, une des technologies les plus réputées de NeXT.

Apple a confirmé son projet de livrer une version de Rhapsody pour les ordinateurs batis sur des processeurs Intel; toutefois (et il s'agit là sans doute de LA grande annonce de la WWDC), Apple a également annoncé qu'elle livrerait une version de la Yellow Box pour Mac OS.

Pour comprendre ceci, il faut se représenter la Yellow Box comme un environnement d'application, comme son prédecesseur OpenStep, plutôt que comme une composante du système d'exploitation Rhapsody. Les Yellow Box pour Intel et Mac OS feront théoriquement de la Yellow Box un environnement d'excellence pour les programmeurs intéressés par le développement d'applications multiplate-formes, car ils pourront livrer leurs applications pour Rhapsody (PowerPC et Intel), Mac OS, Windows NT et Windows 95 - le tout en utilisant les outils dérivés de l'environnement de développement orienté-objet dont les mérites sont d'ores et déja connus. D'aprés Apple, une application écrite pour la Yellow Box peut simplement être recompilé pour une autre plateforme, ou encore livré comme un seul et unique fichier contenant le code exécutable pour de multiples plateformes. (Leonard Rosenthol d'Aladdin appelait de tels programmes des "binaires obèses"). Pour être sûr de bien faire passer le message, Apple a également annoncé qu'il n'y aurait pas de licences à payer pour la technologie qui permet à la Yellow Box de fonctionner au dessus de Windows; de fait, le fait de déployer des applications Yellow Box sur Windows ne coûtera rien de plus aux développeurs.

La version de la Yellow Box pour Mac OS constitue également une carotte intrigante pour quelques développeurs. En théorie, ceci pourrait permettre aux utilisateurs travaillant avec l'actuel Mac OS (ou une version prochaine, comme Mac OS 8 ou Allegro) de profiter des applications Yellow Box sans avoir à basculer sur Rhapsody. Bien qu'aucun échéancier n'ait été donné et qu'il subsiste des questions majeures quant au sous-ensemble de la Yellow Box qui pourrait être gérée par Mac OS (le threading était mentionné comme une de ces questions, tout comme le multi-processing), la capacité de faire tourner certaines applications Yellow Box sous Mac OS pourrait atténuer les craintes concernant la transition et donner aux applications Yellow Box une plus grande portée, en termes de marchés.

Rhapsody & Blue Box -- Apple a présenté également la Blue Box de Rhapsody faisant tourner une beta du Mac OS 8 et hébergé des labos à disposition où les développeurs pouvaient faire tourner des programmes Mac OS sous la Blue Box de Rhapsody. Selon Apple, seuls cinq parmi les quelques 500 programmes testés dans les labos WWDC échouèrent à cause d'erreurs avec la Blue Box.

La Blue Box est essentiellement une application Yellow Box conçue pour tourner sous Rhapsody pour PowerPC. (Rhapsody pour Intel ne comprendra pas la Blue Box). La Blue Box utilise une image ROM Mac pour faire tourner le Mac OS sans modification, si bien que les usagers peuvent faire tourner sans changement les applications et améliorations système Mac OS avec bien plus de compatibilité que n'eût fourni Copland. La Blue Box devrait hériter des avantages Rhapsody, y compris la mémoire virtuelle améliorée et des perfectionnements E/S. Bien que les applications Mac n'obtiendront pas de la mémoire protégée séparée, un crash de la Blue Box ne fera pas s'écrouler Rhapsody. Toutefois, en tant qu'application, la Blue Box tournera dans sa propre fenêtre et les applications Mac n'occuperont pas le même espace écran que les applications Yellow Box. Les programmes Blue Box seront à même de communiquer avec la Yellow Box via des événements Apple et des mécanismes plus traditionnels tels le Presse-papiers, mais il y aura une séparation bien marquée entre le Mac OS et la Yellow Box. La Blue Box pourra tourner en mode plein écran (et les commerciaux Apple firent remarquer que ceci comprend tous les écrans, mais mon impression est qu'utiliser la Blue Box reviendra à observer avec une loupe votre vieux Mac.

Java -- Pendant la conférence principale à la WWDC, le nouveau directeur adjoint principal du Génie logiciel [Senior VP of Software Engineering] Avie Tevanian a appelé Java la meilleure chance d'Apple. Il n'est pas clair combien de développeurs Apple partagent cette opinion, mais Apple a démontré qu'elle est à même de faire des assertions grandioses à propos de Java aussi bien que n'importe quelle autre boîte de soft, annonçant la prise en charge des Java Foundation Classes en cours de développement par Sun, Netscape et IBM et annonçant simultanément que Java aurait plein accès aux Yellow Box APIs, rendant ainsi possible l'écriture d'applications Yellow Box sans avoir recours à Objective C ou d'autres langages de programmation. Bien qu'Apple eût souligné son engagement envers "Java pur à 100 pourcent," elle a aussi souligné que l'accès à la Yellow Box permettrait aux développeurs d'exhiber les applications Java les meilleures du genre, ce qui ressemble à ce que Microsoft dit à ses développeurs à propos de ses Application Foundation Classes for Java rivales.

L'échéancier Rhapsody -- Actuellement l'échéancier Rhapsody prévoit une version pour développeurs vers la mi-1997 (sans la Blue Box, et ne prenant en charge que les machines Power Mac 8500/8600), une version Premiere pour les usagers précoces en début 1998 avec une capacité Blue Box pour les PowerPC et une version Unified pour le commun des usagers vers la mi-1998 avec pleine capacité Blue Box pour les PowerPC. Apple prévoit de livrer des versions client et serveur de Rhapsody et a annoncé que la version Unified fonctionnera sur les Macs basés sur les PowerPC actuels ainsi que les clones.

Les implications -- Sans aucun doute le potentiel de Rhapsody est impressionnant. Des développeurs et auditeurs à la conférence à qui j'ai pu parler ont été surpris par les progrès d'Apple jusqu'à présent, bien que les opinions aient été radicalement divergentes sur la possibilité pour Apple de respecter son échéancier ambitieux. Pour quelques développeurs, Rhapsody vient simplement trop tard: ils avaient besoin d'outils de développement multiplate-formes mûrs il y a plus d'un an, et non d'une promesse qu'ils seraient disponibles d'ici un an. D'un autre côté, quelques développeurs ont paru incroyablement remotivés par les plans d'Apple, y compris des fabricants d'outils de bas niveau et d'utilitaires, pour lesquels Rhapsody représente un défi considérable.

Toutefois, l'abîme entre les cultures NeXT et Apple est toujours apparent. Steve Jobs a réussi à insulter ou vexer bien des développeurs Mac à sa "causerie au coin du feu WWDC", et des remarques occasionnelles de la part d'anciens employés de chez NeXT pendant les sessions WWDC ont mis en évidence les différences. Ceci est une généralisation forcenée, mais les clients NeXT ont tendance à s'occuper d'environnements de grandes compagnies disposant de largeur de bande et ressources CPU abondantes, alors que les clients Mac sont attachés à leurs machines et sont plus préoccupés par le partage d'un lecteur CD-ROM sur le réseau LocalTalk d'un collège. Savoir si une voie moyenne fiable peut être dégagée par les équipes de génie logiciel Apple ou Rhapsody reste à voir.

Pour plus de détails et des annonces à propos de WWDC, consulter le site Developer World d'Apple; des Webcasts WWDC sont disponibles jusqu'au 31 Mai 1997. John Norstad a également diffusé d'excellentes notes sur Rhapsody, fondées sur ce qu'il a appris à la WWDC.

<http://devworld.apple.com/>
<http://charlotte.acns.nwu.e du/jln/wwdc97.html>

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Un Tableur pour le Millénaire

par Matt Neuburg <matt@tidbits.com>

A une époque où Apple et le Macintosh semblent troublés, l'apparition de Spreadsheet 2000 par Casady & Greene m'a redonné un courage bien venu. C'est une approche puissante, flexible, et intéressante pour stocker et rechercher des informations (dans ce cas, des informations numériques, ainsi que des calculs). Ceci, comme les lecteurs fidèles de TidBITS le savent, est une partie importante de ce que j'attends de mon Mac. L'interface légère montre qu'il y a encore de la marge pour originalité dans un Mac. Elle est facile à apprendre: vous exécutez les exemples fournis, vous assimilez la métaphore, et à partir de là, tout est entièrement intuitif. Le programme a été écrit par Steve Wilson de Emergent Behavior, réenforçant la place des développeurs individuels. Et, le fait que Spreadsheet 2000 ait été écrit avec Prograph CPX, mon environnement de dévelopement Mac favori (voir TidBITS-312), est un agréable bonus.

<http://www.casadyg.com/C&G/ Welcome.html>

Spreadsheet 2000, abrégé officiellement S2K, est en fait la version 2.0 de Let's Keep It Simple Spreadsheet, officiellement abrégé Let's KISS, ou LKISS, or simplement KISS.

Suivre le Data-flux -- Une feuille de calcul est un endroit où, habituellement, vivent des nombres, certains étant le résultat de calculs dynamiques impliquant d'autres. Par exemple, lors de l'enregistrement d'un budget, la modification ou addition d'une valeur dans une colonne de dépenses mensuelles de nourriture peut changer automatiquement les valeurs pour le total mensuel de nourriture, le grand total pour le mois, et le total pour l'année en cours.

Dans la plupart des tableurs, ceci est obtenu grâce à des formules cachées. Vous utilisez une grille de cellules vides, dans lesquelles vous pouvez entrer soit un nombre soit une formule décrivant un calcul en fonction d'autres cellules. Une cellule contenant une formule n'affiche que le résultat du calcul de la formule. Ce nombre peut alors être utilisé dans d'autres formules, et ainsi de suite. Ceci implique que vous deviez apprendre un langage de formule, ce qui est souvent difficile. Plus important encore, ceci implique qu'une feuille de calcul est difficile à explorer et facile à endommager: puisque vous ne pouvez souvent pas voir les formules (et même si vous pouvez, il est souvent difficile de suivre les dépendences de la formule d'une cellule), vous pouvez par accident faire un changement qui a pour effet qu'une formule fournit un mauvais résultat, ou un changement qui efface complètement une formule.

Spreadsheet 2000 n'est pas du tout comme cela. A la place, vous commencez avec une fenêtre entièrement vide. Dans cette fenêtre vous placez, en glissant & déposant depuis des palettes, un ensemble d'objets variés, et vous les arrangez comme vous voulez en les déplaçant, comme dans un programme de dessin. Ces objets sont en majorité soit une grille rectangulaire de cellules, ou des opérateurs (tels que "+", "*", "avg", et ainsi de suite) représentés par des petits panneaux rectangulaires avec dénominateur. Ensuite vous cliquez pour ajouter des lignes de connection allant des grilles aux opérateurs, et des opérateurs à d'autres grilles (grilles de "résultats"). Vous pouvez entrer des nombres dans les cellules des grilles - mais pas si elles sont des grilles de résultats (les grilles de résultats sont automatiquement coloriées différemment). Ainsi, les résultats de calculs sont spécialement indiqués et automatiquement protégés. En plus, la structure de chaque calcul est visible comme un flux physique de données: allant d'une grille ou de grilles d'entrées, via un opérateur, vers une grille de résultats.

La chaîne de grille-opérateur-grille peut être étendue comme vous le désirez; une grille peut servir d'entrée à plusieurs opérateurs, et un opérateur peut nécessiter des données de plusieurs grilles. Pour éviter que l'interconnection de telles chaînes s'emmêlent comme des spaghettis, vous pouvez sélectionner une portion de chaîne et la "comprimer", la remplaçant par un unique opérateur spécialisé. Si vous double-cliquez l'opérateur spécialisé, une fenêtre d'édition s'ouvre et affiche les grilles et opérateurs que vous avez comprim'e. Vous pouvez travailler dans cette fenêtre d'édition, pour réarranger des éléments, changer des données, modifier des calculs, et même comprimer des segments de chaînes en son sein. Avec de judicieux dénominations et arrangements d'opérateurs comprimés spécialisés, vous pouvez créer des structures visuelles de calcul qui restent bien organisées et faciles à comprendre; mais dont les détails restent disponibles via une extraction rapide, ouvrant des fenêtres d'édition d'opérateurs spécialisés à n'importe quel niveau de détail désiré.

Spreadsheet 2000 prévoit aussi une seconde façon de prévenir l'encombrement. Cela s'appelle un rapport, même si cela m'apparaît plutôt comme une vue, puisqu'il s'agit d'une tout autre manière de regarder une partie de vos données. La fenêtre principale (appelée "Master") est remplacée par une autre fenêtre contenant seulement un sous-ensemble d'éléments : typiquement, une fenêtre pourra présenter deux ou trois grilles principales, sans opérateurs ou références. Un document peut avoir plusieurs rapports avec chacun un nom différent, listé dans un menu Rapport, et à tout moment, vous pouvez voir un rapport ou un Master (ce qui explique pourquoi j'appelle les rapports des vues). La manière d'utiliser les rapports est dictée par votre propre imagination. Vous pouvez entrer des données dans un rapport, et lorsque des calculs impliquent énormément de données, plusieurs rapports peuvent donner plusieurs types d'entrées. Il y a aussi d'autres bons endroits pour synthétiser les totaux généraux d'un calcul.

J'ai mentionné plus haut que les éléments du tableur sont ajoutés par glisser/déposer. Vous pouvez créer vos propres palettes pour mettre de côté des éléments dont vous aurez besoin plus tard (des bibliothèques en quelques sortes). Ces éléments peuvent aller de formules complexes qui génèrent un histogramme des informations, à la simple mais fréquemment nécessaire grille de données, jusqu'à la grille composée de 12 rangées avec comme intitulé les noms des 12 mois de l'année.

Les tableurs peuvent aussi contenir des éléments spéciaux, comme des tableaux qui automatiquement montrent, avec des graphiques simples mais efficaces, l'interconnection des grilles entre elles. Il y a aussi des notes qui sont de simples rectangles que l'on peut utiliser pour écrire des commentaires, ou pour y placer des graphiques. Notes et graphiques peuvent être évidemment formatés selon les goûts de chacun.

De vraies grilles -- Les données et leur visualisation sont, comme je l'ai dit plus haut, présentées sous la forme de grille. Vous pouvez taper directement dans une cellule de la grille, et bien sûr, copier et coller les données entre les grilles et dans d'autres applications (S2K utilise intelligemment le contenu du presse-papiers). Vous pouvez aussi exporter les grilles en format texte où celles-ci sont délimitées par des tabulations.

Une grille peut être redimensionnée dans n'importe quel format rectangulaire, cela peut être une simple cellule, une simple colonne, une simple rangée, ou un rectangle, Les étiquettes peuvent être attachées autant sur le haut de la grille que sur les côtés, vous laissant le choix de déterminer quelle colonne ou rangée sera marquée. Avec les grilles de résultats, vous pouvez mettre des étiquettes à celles-ci vous-même, ou demander à un opérateur de permettre à ses étiquettes d'entrées de "passer au travers", de telle sorte que les grilles de résultats produites par les formules reproduiront celles-ci.

La présentation des données numériques peut être formatées en glissant et en déposant une icône de formatage sur celles-ci. Différentes icônes sont disposées sur une palette flottante en haut de l'écran. Vous pouvez aussi constituer une palette de formatage spécifique qui vous laissera le choix par exemple de l'affichage du nombre de décimales. Le formatage des textes fonctionne de façon similaire, et vous pouvez aussi choisir à partir d'un menu "Texte". S2K fait respecter la cohérence du formatage : vous pouvez ainsi formater une grille entière ou sélectionner des colonnes, ou formater à partir du menu "Texte" la grille au complet, ou encore les étiquettes du haut et du côté de la grille, sans pour autant formater les cellules individuelles.

L'une des caractéristiques des plus astucieuses de S2K est le comportement intelligent des opérateurs en rapport avec les grilles. Prenons par exemple l'opérateur "+" : ce qui'il fait dépendra de la forme que vous donnerez à sa grille de résultat. Imaginez que vous ayez une grille de nombres de 4 cellules par 5 cellules connectées par l'opérateur "+". Si l'opérateur "+" est alors connecté à une grille comportant une seule cellule, cette cellule affichera la somme des 20 cellules d'entrées. S'il est connecté à une grille avec une seule rangée, cette grille se redimensionnera automatiquement à cinq cellules par une, et affichera la somme de chaque colonne des données en entrée. S'il est connecté à une grille avec une seule colonne, cette grille sera automatiquement redimensionnée à une cellule par 4, et affichera la somme de chaque rangée des données.

D'autres opérateurs qui incluent de multiples données en entrée réagissent en changeant la forme de ces données en entrées. Par exemple, la formule "A+B", qui additionne 2 données, ajoutera 2 grilles à colonne simple en faisant des résultats une colonne simple, dont les cellules contiendront la somme correspondant à l'addition des ces paires de cellules. La formule ajoutera une grille rectangulaire a une grille comportant une simple colonne en créant une grille rectangulaire, faisant une à la fois la somme des paires de cellules correspondantes. La formule ajoutera une grille à une colonne à une grille à une rangée en créant une grille rectangulaire, chaque cellule comportant une des paires possibles, etc.

La chose la plus extraordinaire, c'est que bien que cela paraisse fastidieux lorsqu'on le décrit, en pratique, tout cela est immédiatement évident et intuitif. S2K vous donne le sentiment que vous faites la chose juste, que vous savez ce que vous faites (et il sait probablement mieux que ce vous faites que ce vous pouvez en penser vous-même!).

La Cerise sur le Tableur -- Les opérateurs natifs comprennent des fonctions numériques standard (arithmétique, trigonométrique, d'exponentielle, d'arrondissement), et des opérateurs de "forme" servent de raccourci dans la formulation de fonctions algébriques élémentaires ; des fonctions statistiques de base (telles que la moyenne et la variance) sont comprises aussi. Des opérateurs de grille vous permettent de compter les cellules, les colonnes et les rangées, de combiner ou de décomposer des grilles, de copier, retourner ou trier des grilles, et d'extraire des sections de grille selon divers critères. Des opérateurs logiques vous permettent d'exécuter des tests booléens et même de construire des commandes "si-alors". Des opérateurs de boucle génèrent des données de remplissage automatique et vous permettent de construire des grilles de sortie cumulée (comme un encours bancaire).

Ces opérateurs répondent à la plupart des besoins ; l'astuce, quand vous souhaitez construire un nouveau modèle, est de s'habituer au modèle de flux de données, qui fonctionne différemment d'un langage algébrique. Pour vous aider, un choix assez vaste d'opérateurs spécifiques est inclus ; ceux-ci peuvent servir de raccourci, et (étant construits à partir des opérateurs natifs) peuvent aussi être des modèles d'étude très utiles. lls comprennent de simples conversions d'unités et des constantes physiques ainsi que des représentations arithmétiques de nombres complexes, des racines polynômiales, des tests de nombre premier, des séres de Fibonacci, la génération pseudo-aléatoire de nombres, la régression linéaire, et divers opérateurs financiers -- assez pour démontrer que le langage de flux de données S2K est plutôt puisant (surtôt étant donné l'absence de récursion).

Bien d'autres modèles de solution sont fournies dans divers fichiers. Encore, la gamme assez vaste témoigne de la puissance de Spreadsheet 2000 : seuil de rentabilité et amortissement, budget et leasing automobile, solution triangulaire, addition de sinusoides Fourier, intégration numérique suivant la loi de Simpson, un carnet de notes, et même des statistiques de baseball. D'autres modèles créés par des utilisateurs peuvent être trouvés sur le site Web de Casady & Greene's.

<http://www.casadyg.com/C&G/Products/spreadsheet_2000/Solutions/solutions.html>

Le mode d'emploi, malheureusement, omet la plupart de ces éléments (mis à part les opérateurs natifs). Par ailleurs, il est assez bien fait : il consiste généralement de volets d'apprentissages assez parlants et de conseils généraux, suivis de quelques références assez légères, ce qui est amplement suffisant étant donné que le programme est facile à utiliser une fois que vous avez suivi les volets d'apprentissage. Il y aussi des bulles d'aide bien faites, ainsi que des Guides Apple.

Le Glisser Magique -- Si j'ai un grief général concernant Spreadsheet 2000, c'est que le programme est trop orienté-souris. J'aime glisser & déposer tout autant que chacun (et les effets sonores de S2K rajoutent au plaisir), mais le programme exige une dextérité au delà de mes moyens, et un bras plus long que ma patience.

J'ai fait part de ce commentaire, entre autres, à l'auteur de S2K Steve Wilson -- des suggestions comme l'idée de faire de sorte que les fenêtres fermées d'opérateurs puissent se souvenir de leur taille et de leur position lors de leur prochaine ouverture, et un dialogue en option pour faciliter le gaugeage d'une grille. Son attitude ouverte me fait penser que, grâce à des suggestions constructives des utilisateurs, les moutures futures de S2K seront encore meilleures.

Ayant épuisé mon faible inventaire de critiques, je dois réitérer : Spreadsheet 2000 est un superbe programme. Il semble être en bois dur (je n'ai pas réussi à le planter) ; son comportement est intuitif et pratique. Il a toutes les qualités directes et simples, qui définissent le Mac, et qui se rencontrent rarement, lui donnant le potentiel de devenir un programme classique. S2K remplit une fonction puissante de base, tout en étant facile à apprendre, et satisfaisant et amusant à utiliser. Je suis de l'avis que c'est le tableur de tous les jours que tout utilisateur Mac se doit de possèder.

Dernières Nouvelles -- Une splendide vidéo QuickTime montrant S2K à l'emploi peut être récupéré sur le site Web de Casady & Greene (200K), ainsi que des versions démo de S2K pour Mac 68K ou PowerPC (un peu plus de 2 Mo) :

<http:/ /www.casadyg.com/C&G/Products/spreadsheet_2000/S2Kmov.html>

Après vérification, le prix au détail pour Spreadsheet 2000 variait de 60 US$ à 75 US$, et il y a actuellement une ristourne de 30 US$ si vous possédez un autre tableur. La mise à jour LKISS coûte 20 US$ (gratuit si l'achat a eu lieu en 1997).

<http://www.casadyg.com/C&G/Products/spreadsheet_2000/description.html>

DealBITS -- Par le biais de l'URL ci-dessous Cyberian Outpost propose aux lecteurs de TidBITS Spreadsheet 2000 pour 54.95 US$, ce qui est une réduction de 5 US$ par rapport au prix standard.

<http://www.tidbits. com/products/spreadsheet-2000.html>

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