D'une manière générale, les Salons informatiques ont tendance à tous se ressembler, mais après y avoir passé quelques jours hors du commun, Adam décrète que MacHack remporte la palme du meilleur rassemblement pour bidouilleurs infomaniaques du Macintosh. De son côté Geoff Duncan nous explique comment obtenir gratuitement la mise à jour de Quicken 98, et Jeff Carlson apporte quelques touches supplémentaires à notre série d'articles sur la télécopie par Internet. Au menu nouveautés, nous vous parlons de Eudora Pro 4.2.1, WeatherTracker 3.0, la mise à jour Mac OS ROM 1.0, l'ensemble d'outils serveur WebSTAR 4.0 ainsi que du retrait du marché de la dernière mise à jour de FileMaker Pro 4.1v2.
Sommaire :
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Pour connaître les programmes proposés par MacAlive allez voir : http://www.macalive.com/
Ce numéro est traduit de l'américain par:
Une mise à jour pour Eudora Pro 4.2.1 -- Qualcomm vient de sortir une mise à jour pour son très populaire logiciel de courrier électronique pour Macintosh ; ce fichier de 3.8 MB convertit toutes les versions de Eudora Pro 4.x en Eudora Pro 4.2.1 (cf. "The Postman Rings Again" dans TidBITS-424pour un banc d'essai d'Eudora Pro 4.0). La version 4.2.1 est une mise à jour conséquente, dotée de nouvelles fonctionalités telles que la correction automatique des fautes d'orthographe, la reconnaissance du format IMAP, des fonctions vocales, une prévisualisation des messages et une fonction "Rechercher" gandement améliorée. En outre, Eudora Pro 4.2.1 en profite pour régler une myriade de petits problèmes, dont la capacité d'énoncer vocalement l'adresse de retour de courrier dans un message, vous empêchant ainsi d'envoyer par mégarde une réponse personnelle à à la totalité des membres d'une liste de courrier. Elle sait mieux gérer les opérations en tâche de fond, interprète correctement les fichiers GIFs dans les messages au format HTML et propose un nouveau type d'URL qui permet à l'assistance technique d'Eudora ou à des utilisateurs chevronnés d'aider facilement des débutants à s'y retrouver dans la jungle des réglages.
Une mise à jour Eudora Pro 4.2 a été rapidement retiré de la diffusion à cause d'un problème lors de l'affichage de la prévisualisation ; à noter que le fichier de mise à jour 4.2.1 fonctionne également avec la version 4.2. La version 4.2.1 est en code natif 68040 et Power PC et nécessite au minimum un processeur 68020, le Système 7.1.2 ou mieux et bien sur un abonnement à un service de courrier électronique POP ou IMAP. Nous reviendrons prochainement en détail sur les nouvelles fonctions d'Eudora Pro 4.2.1. [GD]
<http://eudora.qualcomm.com/pro_email/updaters.html>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04810>
Retrait de la mise à jour FileMaker Pro 4.1v2 -- A peine sortie, FileMaker, Inc. vient de retirer de la diffusion la mise à jour 4.1v2 et qui levait la plupart des ambiguïtés relatives à l'encodage de l'année sur deux chiffres, ( NdT : encodage susceptible de réveiller le "bog de l'An 2000"). FileMaker justifie ce retrait en arguant que d'autres problèmes relatifs aux dates n'ont pas été réglés par la mise à jour 4.1v2, mais annonce la sortie imminente d'une rustine 4.1v3. Dčici là, FileMaker recommande à tous les utilisateurs ayant effectué la mise à jour FileMaker Pro 4.1v2 de revenir à la précédente version 4.1v1. [GD]
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=05434>
<http://www.file maker.com/about/year2000directory.html>
La mise à jour 1.0 de Mac OS ROM corrige les problèmes de port USB -- Apple vient de sortir "Mac OS ROM Update 1.0", qui corrige les problèmes rencontrés lors de lčutilisation de périphériques USB sur les iMac, les Power Macintosh G3 blanc-bleu et les PowerBook G3 de la gamme "Bronze". Bien que la mise à jour porte le numéro de version 1.0, elle contient le fichier Mac OS ROM 1.6, qui vient remplacer Mac OS ROM 1.4. Sur les Macintosh pourvus de ports USB, la mise à jour règle les problèmes de périphériques qui ne répondent plus quand la souris est connectée sur le port du haut ou celui de gauche et quand le clavier est connecté à celui du bas ou de droite. Une fois mis à jour, les PowerBook munis de ports USB ne seront plus sujets à des plantages lorsqučon déconnecte un clavier USB en mettant le PowerBook en veille, et la détection des périphériques lorsqučils sont permutés "à chaud" se fera avec une plus grande fiabilité. La nouvelle version impose le numéro 2 comme adresse pour le mode disque SCSI. Les possesseurs de PowerBook G3 "Gamme Bronze" doivent quand même auparavant vérifier la version de leur fichier Mac OS ROM (en se reportant à lčonglet "Profil Système" du logiciel "Informations Système Apple"), étant donné que beaucoup de modèles ont déjà été livrés avec Mac OS ROM 1.6 installé. Les postes client démarrant en NetBoot sous Mac OS X Server devraient aussi effectuer la mise à jour. Mac OS ROM Update est un fichier de 2 Mo à télécharger. [JLC]
<http://asu.info.apple.com/swupdates.nsf/artnum/n11476>
<http://til.info.apple.com/techinfo.nsf/artnum/n60363>
WebSTAR Server Suite 4.0 : le courrier élecronique, des performances améliorées et bien d'autres choses encore -- StarNine Technologies vient de sortir WebSTAR Server Suite 4.0, la dernière version de leur fort populaire logiciel serveur Internet. WebSTAR 3.0 avait ajouté plusieurs options à la boîte à outil du serveur Web d'origine (dont un serveur proxy et un serveur FTP). WebSTAR Server Suite 4.0 améliore encore le tout en offrant des serveurs SMTP, POP et IMAP très bien fournis (avec, bien sûr, l'accès aux courriers électroniques par le Web) ainsi que de nouvelles fonctionnalités s'appuyant sur les outils de médiation proposés par le logiciel Lasso de Blue World. Ces fonctionnalités permettent de servir des informations en provenance de fichiers FilMaker Pro ou de bases de données ODBC. WebSTAR Server Suite 4.0 intègre désormais l'encryptage de données SSL et offre des options de sécurité de haut niveau, directement intégrées à l'application principale. De plus, de nombreuses optimisations ont permis de quasiment doubler les performances générales des serveurs WebSTAR ainsi que de réduire de façon significative les temps de latence à la connexion.
<http://www.starnine.com/webstar/>
<http://www.blueworld.com/lasso/>
WebSTAR Server Suite 4.0 est disponible chez StarNine pour 599 US$ ; les personnes possédant WebSTAR 3.x peuvent le mettre à niveau pour 199 US$, des réductions sont aussi disponibles pour les utilisateurs de versions 2.x, en cas d'utilisation dans le milieu de l'éducation ou d'achat de copies multiples. StarNine propose par ailleurs une démo entièrement fonctionnelle mais limitée à 30 jours de WebSTAR Server Suite 4.0. Toutes ces versions sont téléchargeables et pèsent entre 8.7 Mo à 37,9 Mo. Pour utiliser WebSTAR Server Suite 4.0, vous aurez besoin au minimum d'un Macintosh à base de PowerPC ainsi que de MacOS 8.1 [GD]
WeatherTracker 3.0 couvre 7000 nouvelles villes -- Trexar Technologies vient de sortir WeatherTracker 3.0, une mise à jour de leur logiciel client d'informations météo pour Macintosh. WeatherTracker 3.0 propose une interface Macintosh indépendante pour se connecter aux serveurs d'information météo sur Internet, vous permettant de connaître d'un coup d'oeil la température, la pression barométrique, la vitesse et la direction du vent, la situation actuelle, les prévision locales, des données climatiques, la météo marine (pour les villes cotières). WeatherTracker 3.0 propose toutes ses informations et ajoute 7000 nouvelles villes à travers le monde à sa base de données. A noter toutefois que les informations pour les villes en dehors des Etats-Unis sont parfois moins étendues à cause de problèmes d'interfaçage avec les sites locaux. Enfin WeatherTracker 3.0 utilise désormais la norme HTTP au lieu de SOCKS pour ses serveurs "proxy". WeatherTracker se présente sous la forme d'un partagiciel à 25 US$ et pèse 1 Mo en téléchargement. [ACE]
<http://www.macalive.com/weather/download.html>
par Geoff Duncan <geoff@tidbits.com>
Ayant découvert que certaines fonctions de transactions bancaires en ligne de son logiciel Quicken étaient susceptibles d'être affectées par le "Bog de l'An 2000", Intuit a décidé d'offrir gratuitement à tous ses usagers une mise à jour Quicken 98 Deluxe. Cette offre concerne tout détenteur d'une version de Qucken, depuis la version 1 jusqu'à la version 7 pour Macintosh (mais l'offre est aussi valable pour les utilisateurs des versions DOS et Windows). Référez-vous à l'article "Quicken 98 : Evolution at Work" dans TidBITS-426 pour une présentation de Quicken 98 ; et à l'article "Parsing Like It's 1999" dans TidBITS-475 pour une analyse du "Bog de l'An 2000" sur le Mac.
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=04651>
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=05342>
Cette offre de Intuit est surprenante, d'autant plus qu'elle émane d'une société qui nous a habitué à une politique parcimonieuse de mises à jour, mises à jour d'ailleurs souvent retirées de la circulation aussi vite qu'elles sont apparues pour cause de bogue mais surtout une société qui a souvent fait le choix de délaisser ses produits pour Macintosh (à un certain moment d'ailleurs Quicken était dans ce cas de figure). A ce jour, la seule susceptibilité de Quicken 98 vis à vis du "Bog de l'An 2000" se situe au niveau des fonctions de transactions bancaires en ligne (disponibles sur le Macintosh depuis la version 6 seulement). Il est à noter aussi que peu d'usagers de la version Macintosh utilisent ces fonctions puisque moins de 10% des institutions bancaires aux Etats-Unis qui sont compatibles avec Quicken pour leurs transactions en ligne, reconnaissent la version Macintosh de Quicken. (NdT. En France le tableau est un peu plus rose, mais guère plus).
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04877>
<http://www.intuit.com/banking/filist.html>
Bien qu'il n'y ait actuellement aucun problème connu, lié au "Bog de l'An 2000", avec aucune version de Quicken à part pour les fonctions bancaires en ligne, Intuit prévient qu'il n'a testé aucune ancienne version Quicken dans ce domaine, hormis les fonctions de transactions bancaires en ligne offertes par Quicken 6 et 7. En conséquence, la proposition d'Intuit d'offrir gratuitement Quicken 98 Deluxe à tous les utilisateurs référencés des anciennes versions peut être considérée d'une part comme un effort pour prévenir les plaintes des utilisateurs relatifs à des problèmes dans les anciennes versions, mais aussi comme une manière d'éviter les problèmes légaux éventuels et inconnus qui pourraient survenir après le passage à l'An 2000. Il est aussi possible que ce geste ait été initié par les partenaires banquiers d'Intuit qui, sans aucun doute, veulent se prémunir autant que faire se peut des problèmes liés au bog.
Cete offre est-elle intéressante pour les utilisateurs de Quicken ? Pour commencer, si vous possédez déjà Quicken 98 et que vous utilisez les fonctions de "Banque en ligne", vérifiez bien que vous utilisez la version 5 ou plus, version qui autorise les fonctions bancaires au delà du le 5 Septembre 1999. (Vous pouvez déterminer la version que vous utilisez en appelant la fonction "A propos de Quicken" dans le menu Pomme et en tapant "R"). Si vous utilisez une version antérieure de Quicken mais que vous n'utilisez pas les services bancaires intégrés, je vous conseille d'étudier attentivement les nouvelles fonctions offertes par Quicken 98 afin de déterminer si la mise à jour vaut le coup pour vous. Beaucoup d'utilisateurs de Quicken ont été déçus par le nombre de nouveautés alléchantes des versions récentes et certains ont eu des problèmes en convertissant leurs anciennes données au nouveau format. Finalement, assurez-vous que votre Mac peut faire tourner Quicken 98 Deluxe : il nécéssite un Mac à processeur 68030 minimum, un lecteur de Cd-Rom, 45 Mo de place libre sur le disque dur, un affichage en 640 x 480 et en 256 couleurs minimum, et - au moins - le Systeme 7.1. Si vous pensez que Quicken Deluxe 98 est fait pour vous, allez sur les pages Mac de Intuit "Spécial An 2000", sélectionnez votre version et suivez les liens qui correspondent à vos options.
<http://www.intuit.com/support/quicken/index/ndxm_8_updates.html>
<http://www.intuit.com/corporate/year2000/quicken/quicken_mac.html>
par Jeff Carlson <jeffc@tidbits.com>
En tant qu'utilisateurs réticents du fax, nous avons été surpris par le volume des réactions à nos deux articles sur l'envoi de fax à partir d'un Macintosh, "FAXstf Pro Echoes Sad State of Fax Software" dans TidBITS-476 et "Facts about Internet Faxing" dans TidBITS-484. Nos lecteurs ont non seulement attiré notre attention sur quelques erreurs faites par la rédaction, mais également proposé d'autres solutions en matière de télécopie assistée par ordinateur.
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=05350>
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=05428>
Erreurs de prix -- L'un des points essentiels dans l'article de Hudson Barton sur l'envoi de fax via Internet était le fait que le courrier électronique et les services de fax via le Web étaient susceptibles de générer des économies d'argent par rapport à l'utilisation d'un appareil conçu spécialement pour l'envoi et la réception de fax. Malheureusement, il y a eu deux erreurs de prix qui se sont glissées dans l'article. Les frais d'inscription pour l'utilitaire graphique GraphicConverter sont de 30 US$ pour les utilisateurs se situant en Europe et de 35 US$ pour les autres. Le logiciel TIFF-Sight, un programme de Blue Globe Software destiné à la lecture des fax reçus, coûte 10 US$. Cependant, même si TIFF-Sight a subi des mises à jour mineures à deux reprises depuis la publication de l'article, le site Web de Blue Globe Software contient à l'heure actuelle une note indiquant que le logiciel TIFF-Sight n'est pas disponible pour le moment..
<http://www.lemkesoft.de/us_gcabout.html>
<http://www.blueglobe.com/~cliffmcc/tiffsight.html>
Regards divergents sur la fonction de lissage des caractères -- Une des fonctions majeures de TIFF-Sight fut âprement discutée sur TidBITS Talk. TIFF-Sight lisse les caractères des télécopies reçues afin d'en faciliter la lecture ; les pixels noirs sont automatiquement entourés d'une couronne de pixels allant du gris au blanc afin de "lisser", par un effet d'optique, l'apparence du caractère sur un fond blanc. Comme c'est souvent le cas avec les réglages d'apparence, l'efficacité d'un tel lissage est jugé de façon différente par chaque utilisateur. (Pour en savoir plus, consultez "Better Typography Coming to a Screen Near You" dans TidBITS-403, ainsi que "Web Reading Requires More than Just Character(s)" dans TidBITS-405.) Nous nous joignons à l'avis d'Edward Reid <edward@paleo.org> qui nous écrit, "Il semble que la fonction de lissage des caractères suscite de la part des utilisateurs des avis très personnels et son efficacité est fortement liée au document faxé. Son implémentation devrait toujours être optionnelle."
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=692>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04228>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04269>
Jfax remet en question sa version pour Macintosh -- Bien que Hudson Barton ait recommandé l'usage de l'application de prévisualisation Jfax pour Macintosh, une brève enquête de notre part a fait ressortir que la société s'interroge sur l'opportunité de maintenir cette application dans son catalogue. Après l'en avoir brièvement retiré, Jfax est revenu en arrière. Hudson nous écrit :
Si l'on en croit leurs communiqués, le fait de retirer l'application du catalogue était une initiative pour pousser les utilisateurs du Mac vers un produit plus efficace, et non un abandon du Mac. Si, d'un point de vue de l'utilisateur, une telle décision peut sembler mauvaise, il faut reconnaître que l'application de visualisation des télécopies de Jfax était un produit difficile à maintenir d'un point de vue technique, chose qui ne m'étonne pas du tout (certaines personnes ont rencontré des problèmes lors de son installation et son utilisation). Il ne fait aucun doute que la société a remis le produit sur la table d'examen et pourrait bien décider qu'il n'est pas sauvable. Dans l'attente de cette décision, il faut se préparer à voir émerger d'autres alternatives.
<http://download.jfax.com/download>
D'autres logiciels et services de fax -- On a fait mention de quelques autres solutions dans le fil de discussion TidBITS Talk. Stevan Cloudtree <adar047@mindspring.com> recommande "Fax4Free", service gratuit mais qui vous impose des publicités dans les marges de droite et de gauche. Il écrit : "Quelques uns de mes clients dans des régions comme l'Inde, le Sri Lanka, et l'Indonésie me disent que ce service est beaucoup plus fiable et beaucoup moins cher que les services téléphoniques locaux."
Kerim Friedman nous signale un logiciel de gestion de documents pour Mac qui s'appelle "WorkingPapers", de Dominion Software, qu'il utilise avec un scanner à bas prix de UMAX.
"WorkingPapers" est un logiciel écrit pour le Mac, il reconnaît tout autant les fichiers générés par son propre logiciel de reconnaissance de caractères (livré avec la version "Pro") que ceux d'autres logiciels, tout comme il sait lire des fichiers enregistrés sur des supports de stockage externe. Avec les nouveaux scanners peu chers, il est maintenant possible d'avoir son propre "Bureau sans paperasse" pour moins de 200 US$ ! (140 US$ pour le scanner et 49 US$ pour le logiciel, mais vous aurez aussi besoin d'un bon support de stockage et de sauvegarde).
Des lendemains qui chantent le fax ? Toutes ces suggestions n'ont pas entamé nos certitudes, le courrier électronique reste notre méthode favorite pour transmettre des images et du texte à distance, mais nous sommes heureux de voir le champ d'application de la télécopie s'élargir et à quel point cette technologie rend de fiers services à bon nombre d'utilisateurs du Macintosh.
par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>
De temps en temps, j'ai l'impression d'être un imbécile fini. J'enquête et j'écris sur l'industrie du Macintosh depuis plus de neuf ans, et, les premières années, j'avais vaguement entendu parler d'une convention réunissant des développeurs et appelée "MacHack". Un jour je fus mis au parfum, on me parla de MacHack et, au fur et à mesure que je croisais des personnes dans le milieu du Mac, on m'incitait de plus en plus à m'y rendre. J'ai toujours résisté, arguant du fait que je ne suis pas un développeur informatique et que j'aurais donc du mal à justifier professionnellement un tel déplacement, d'autant plus que cela se passe dans la ville de Detroit, ville qui n'offre aucune justification supplémentaire, du genre "rendre visite à la famille dans le coin". L'année dernière, j'ai néanmoins apporté une modeste contribution à l'événement en aidant à trouver des ordinateurs d'emprunt pour équiper la salle informatique publique de la convention ; ceci eu pour but d'augmenter la pression de ceux qui m'encourageaient à y assister et j'ai finalement cédé.
Qu'est-ce que j'ai pu être bête toutes ces années! MacHack est, tout simplement, le plus grand divertissement qu'un macmaniaque puisse s'offrir... dans les limites de la loi bien évidemment.
Présentation -- Décrire MacHack est comme tenter de raconter en deux mots un film comique - les mots ne peuvent restituer l'esprit de l'événement. Mais je vais quand même essayer.
Une caractéristique majeure de l'infomaniaque est la confluence des intérêts personnels et professionnels. Le macmaniaque sue le Macintosh par toutes les pores de sa peau, la première chose qu'il fait en se levant est de relever son courrier électronique, ensuite il utilise un Macintosh toute la journée au travail, discute et commente les derniers événements dans l'industrie avec des amis au dîner, joue à des jeux vidéo, crée des pages Web, voire programme des applications jusqu'à tard dans la nuit. (NdT : Eh ! Oh ! Je fais des gazouillis à ma femme aussi quelque part dans le cours de la journée quand même ! N'exagérons rien). Les détails de ce programme journalier peuvent bien sûr varier en fonction des personnes mais il est représentatif de la vaste majorité des membres de cette tribu. Pour de tels zigues, il est extrèmement agréable de se retrouver parmi des pairs, macmaniaques ayant grosso-modo le même vécu et les mêmes connaissances. Dans ce marigot, les conversations vont bon train, s'étendent aux nouveaux venus, sautent allègrement d'un sujet à l'autre pour autant qu'il y ait un rapport avec le Mac... et le tout sans devoir s'interrompre à tout bout de champ pour éclaircir un terme inconnu du néophyte, préciser le montant d'une allocation de mémoire ou d'espace disque, voire avoir à expliquer la moindre référence à Internet.
Bon nombre d'entre nous ont déjà tâté de ce genre d'événement, bien qu'il se limite généralement à une réunion nocturne d'un groupe d'utilisateurs ou à un bref dîner entre bidouilleurs (NdT : bouffes fcsm !!!!). Restons dans la métaphore culinaire : si une réunion d'utilisateurs donne juste un avant-goût, alors le Salon Macworld se pose comme une collation légère - les milliers de participants rendent les échanges avec les autres utilisateurs Macintosh difficiles. Il y a aussi ce sentiment, à Macworld, que quelqu'un d'autre y fait la cuisine, et que nous sommes tous des invités qui doivent maintenir une certaine distance et un certain formalisme. En comparaison, MacHack un banquet à dix services, tous préparés pour plusieurs centaines de dîneurs par des cuisiniers volontaires et talentueux qui ensuite retirent leur toque et se joignent à cette célébration gastronomique exubérante.
En résumé, MacHack est une conférence de passionnés, faites par des passionnés pour les passionnés. Créée il y a 14 ans par Gavin Eadie et quelques collègues à l'Université du Michigan, MacHack gagna son indépendance dès la deuxième année et continue d'être organisée par un groupe de volontaires composé de membres de la communauté Macintosh, habilement aidé par l'équipe d'Expotech, qui s'occupe des détails logistiques. Le comité désigne un conférencier, organise les sessions, crée des T-shirts et généralement fait en sorte que MacHack puisse perdurer tandis que, de son coté, Expotech s'occupe des enregistrements, des aspects matériels des conférences, de la coordination avec l'hôtel, sans oublier les centaines de pizzas à commander et livrer aux participants.
MacHack est une conférence pour développeurs et il ne fait guère de doute que les développeurs y trouvent leur part. Quel autre lieu permet de poser une question aux meilleurs développeurs de l'industrie du Mac et d'obtenir une réponse presque immédiate ? Où ailleurs peut on susciter un débat entre des cracks du développement informatique et les magiciens du "Apple Developer Technical Support" (département d'assistance technique Apple aux développeurs), dont bon nombre assistent à la conférence ? Cela dit, je suis un néophyte total en matière de programmation informatique et je m'y suis pourtant incroyablement amusé. Retrospectivement, je me suis dit que pour qu'un non-informaticien s'amuse à MacHack il faut qu'il réunisse deux caractéristiques : être un vrai macmaniaque, expansif et au courant des dernières innovations technologiques, tendances et évènements et être participatif, prêt à partager son savoir.
Dans mon cas, ma participation s'est soldée par l'organisation d'un forum intitulé "Bidouiller la presse" ("Hack the Press") - dont je compte faire un article pour TidBITS. J'ai par ailleurs été mobilisé en tant que journaliste technique pour participer à un débat sur la terminologie informatique et ai passé un temps considérable à aider une fillette de 12 ans à trouver le logiciel nécessaire pour utiliser une vieille QuickCam afin qu'elle puisse finaliser sa contribution au concours de bidouilles ("Hack Contest")
Former les jeunes -- Ma contribution en temps et en savoir afin d'aider cette fillette à trouver un logiciel sur Internet ne sont rien si on la compare à celle de bon nombre de jeunes participants à MacHack. Regroupés dans la catégorie "Yoots" (jeunots), les contributions vont de celle d'une fillette de 7 ans au projet d'un lycéen en stage chez Apple. Tout le monde aide et encourage les participants scolaires, au nombre de 50 cette année, et dont 19 ont soumis une entrée au concours de bidouilles. Ainsi, AppleScript étant le langage de choix de la plupart des bidouilles des jeunots, le gourou d'AppleScript, Cal Simone (créateur de l'éditeur de scripts d'AppleScript), était présent et proposait ses services à de nombreux étudiants.
Cette insistance sur le milieu scolaire et universitaire est un des aspects les plus important de MacHack car elle contribue à répandre la bonne parole parmi les futures générations de programmeurs. Sans oublier l'importance de l'exemple donné par la générosité des programmeurs adultes - les jeunes participants voient des gens venir spontanément en aide à d'autres sans que l'âge ou le niveau des connaissances soit un quelconque obstacle. Tout cela exige un état d'esprit particulier, la volonté d'apprendre et de participer.
Bidouilles -- Vous aurez remarqué que j'ai déjà plusieurs fois mentionné les bidouilles ("hacks") ci-dessus et il est indéniable qu'elles sont un aspect très important de MacHack. Dans le cadre de ce salon, une bidouille est un programme qui fait faire au Mac quelque chose dčinconcevable par ailleurs. Une bidouille modifiera ainsi les fenêtres standards du Mac, remplacera les éléments graphiques de lčinterface par des caractères ASCII, ou bien tentera de forcer MacOS à tourner sur un écran de 240 par 240 pixels - cette dernière tentative s'est soldée par un échec cette année. Une bidouille peut aller jusqu'à devenir un produit commercial, comme ce fut le cas lčutilitaire de gestion des signets Internet via le Finder, crée par Leonard Rosenthol et qui a abouti à "CyberFinder". Les bidouilles sont rarement des produits achevés, ils ont souvent été conçus, mis en oeuvre et programmés dans les 72 heures précédant le concours et n'ont le plus souvent aucune utilité. Le but ici n'est pas d'écrire un beau programme au code épuré et doté d'une belle interface mais de réaliser une prouesse technique qui en mettra plein la vue aux autres programmeurs. Cette année les contributions aux concours de bidouilles se sont distinguées par leur aspect innovant et inventif, j'y consacrerais un article dans une prochaine édition de TidBITS.
<http://www.hax.com/HackContest>
Considérations finales -- De tous stands rencontrés dans les Salons auquel j'ai pu assister ces dernières années, ceux présents à MacHack remportent la palme de l'insolite. Quelques exemples :
O temps suspends ton vol. Bien que quelques programmeurs assistent sans discontinuer à toute la conférence, pour ma part je m'éclipsais chaque jour vers les 3 ou 5 heures du matin et ne me réveillais jamais avant midi ou 3 heures de l'après-midi. Au bout d'un jour ou deux, regarder ma montre ne rimait plus à rien. Dans l'espace-temps normal quand vous voyez à votre montre qu'il est 1 heure de l'après-midi, vous vous dites, "Hmm, c'est l'heure d'aller déjeuner." Dans l'espace-temps MacHack, vous jetez un coup d'oeil sur votre montre, voyez qu'il est 18 h., tentez de vous rappeler si vous avez déjà pris votre petit déjeuner avant de décider qu'en ce moment précis l'alimentation est moins importante que de débattre avec votre voisin des futures orientations de MacOS. Pour se faire une idée de la façon dont le temps passe à MacHack, lisez la chronologie de l'édition 1996 écrite par Dave Johnson.
<http://devworld.apple.com/mkt/informed/appledirections/oct96/machack9 6.html>
Tout est fait pour s'adapter au style de vie du bidouilleur informatique. Ainsi les activités de la conférence ne battent jamais son plein avant minuit, les boissons gazeuses sont disponibles partout et gratuitement et il est fort difficile de trouver quelque chose à boire qui ne contienne pas un fort degré de caféine. La marque "Jolt Cola" (qui contient la double quantité de sucre et de caféine d'un cola normal) est omniprésente. Mis à part la nuit de clôture, lors de laquelle traditionnellement les participants vont voir un film à la dernière séance et reviennent ensuite partager une glace, tous les soirs à minuit des centaines de pizzas sont livrées sur la conférence. Le contrat avec l'hôtel hébergeur stipule clairement que les femmes de ménage ne doivent pas frapper aux portes avant midi, mais cette année l'information est mal passée et le premier matin, les équipes de service ont débarqué parmi des hordes d'infomaniaques dans un état second et qui avaient oublié de mettre le carton "Ne Pas Déranger" sur leur porte.
Bien que MacHack propose toute une gamme de conférences et ateliers fort intéressants, le centre névralgique de la conférence est situé dans le hall d'entrée de l'hôtel. Ce hall n'a rien d'extraordinaire en soi, c'est un vaste espace parsemé de tables basses et de chaises. Mais sur chaque table vous voyez quatre ou cinq PowerBook G3, tous allumés et connectés sur le réseau Ethernet. C'est un va et vient incessant de personnes, on repère une chaise libre, on s'y laisse tomber, on se connecte au réseau et on lance une conversation avec les autres personnes assises à cette table. Personne n'utilise de modem personnel pour aller sur Internet puisque la conférence propose partout une connexion rapide (cette année il s'agissait d'une connection RNIS/ISDN à 256 Ko/sec ) ainsi qu'un réseau local Ethernet.
A MacHack tout le monde est au courant des questions techniques, il y a donc peu de place pour le bagoût commercial et le babil publicitaire si répandu dans les autres Salons. A MacHack, nul ne tentera de vous vendre quoi que ce soit et les participants apprécient la discrétion des partenaires commerciaux dont la participation aide à couvrir les frais de l'événement. Le niveau des discussions et débats est variable et si vous tombez sur une de celles-ci qui vous dépasse, vous pouvez soit rester et tenter d'apprendre quelque chose, soit passer votre chemin et en trouver une autre.
La plupart des Salons choisissent avec soin leur emplacement ; voyez par exemple Macworld Expo qui a quitté Boston pour New York afin de se rapprocher des médias. D'autres conférences professionnelles choisissent des lieux exotiques et offrent aux participants la possibilité de jouer au golf ou faire du tourisme au lieu d'assister à la conférence. MacHack n'a pas bougé depuis le début de son emplacement originel, un hôtel dans la banlieue de Detroit qui n'est proche que de quelques boutiques de restauration rapide et un magasin CompUSA. Le but des participants à MacHack est de participer à MacHack, pas d'aller faire du tourisme. Le fait d'héberger tous les participants dans le même hôtel renforce encore cet état de fait ; on ne perd pas de temps en transports et il est toujours facile de se retrouver.
Cette année, le discours d'ouverture a été prononcé par Andy Ihnatko, compagnon de route du Macintosh de longue date, et, ainsi qu'il se définit lui-même, "l'une des 42 personnalités les plus populaires d'Amérique". Son discours de deux heures fut essentiellement un numéro d'un comique inégalé à propos du Macintosh. Les organisateurs du MacHack ont filmé cette prestation, espérant pouvoir la revendre, tout fan du Mac ne pouvant qu'apprécier cet humour. Andy a également marqué pas mal de points chez les auditeurs en étant l'un des rares orateurs à avoir assisté à toute la durée de la conférence. Il fut aussi le deuxième parmi les orateurs à soumettre une contribution au concours de bidouilles.
L'atmosphère de MacHack est chargée d'une sorte de jubilation qu'il est difficile de décrire. Chacun sait qu'il est venu pour passer de bons moments. Bien sûr, les conférences peuvent s'avérer très utiles, à des degrés variables - allant de la recherche d'un emploi à l'amélioration de sa culture générale en passant par l'apprentissage de la capacité à capter l'attention d'un technicien de l'assistance technique d'Apple pendant une heure - mais le plaisir passe avant tout. Un programmeur ananyme mais dont bon nombre d'entre vous utilisent les programmes le définit ainsi, "Ce sont mes vacances, même si elles sont remboursées sur note de frais."
Doucement les foules ! -- Il me serait facile de clore ce chant de louanges en recommandant à tout le monde de se ruer à MacHack l'année prochaine, mais cela aurait pour conséquence immédiate de saborder l'événement car cette conférence ne peut s'agrandir sans perdre de son charme. Conscients de ce fait, les organisateurs ont fixé un plafond maximum de participants et bien que cette année ils aient été en-dessous de ce seuil, ils n'en ont pas été loin avec 289 participants. L'année prochaine, MacHack se déroulera à nouveau près de Detroit du 22 au 24 juin mais je ne conseille la participation qu'aux développeurs et aux macmaniaques dotés d'un bon bagage technologique et d'un esprit ouvert.
Les personnes qui ont organisé MacHack ont créé un événement véritablement spécial, mais je ne pense pas qu'il soit pour autant unique. D'autres créneaux pourraient bénéficier d'une expérience dans le style de MacHack, depuis le monde dez l'édition électronique jusqu'aux développeurs de bases de données en passant par les consultants indépendants. Tous ces acteurs pourraient organiser leurs propres conférences afin de laisser les participants interagir entre eux plutôt que de les ballader de session en session comme des étudiants en fac. Le meilleur moyen de bien saisir les secrets de la spécificité de MacHack, c'est d'y participer. Ceci est tout particulièrement vrai si vous y participez comme volontaire pour aider à l'organisation.
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