Le Salon MacWorld San Francisco de la semaine dernière occupe une bonne partie de cette édition. Nous rendons compte du discours d'ouverture de Steve Jobs et analysons les retombées de ce Salon pour la communauté Macintosh. Nous nous penchons également en détail sur les nouveaux services Internet offerts par Apple. À la rubrique "Nouveautés" nous parlons du rachat de Time Warner par AOL, de la sortie chez Apple de Open Transport 2.6 (et par conséquent de la démise de OT Tuner 1.0. Enfin nous vous informons de notre changement d'adresse en ce qui concerne nos serveurs : ils sont désormais hébergés chez digital.forest.
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Ce numéro est traduit de l'américain par:
TidBITS s'installe chez digital.forest. -- Pour célébrer notre 512e (2^9) édition de TidBITS, nous avons le plaisir de vous annoncer que nos serveurs Internet ont trouvé un nouveau domicile, après avoir passé cinq années à Seattle chez POPCO. Le choix de déménager a été fait suite à la décision de POPCO de déplacer leurs serveurs, et je profite de l'occasion pour remercier Glenn Fleishman et aussi Scotty Carreiro d'avoir assuré notre hébergement pendant aussi longtemps. Nos serveurs se trouvent à présent chez digital.forest, un fournisseur d'hébergement Internet et de gestion de bases de données sous Filemaker très tourné vers le monde Macintosh et que dirige Chris Kilbourn, un ami de vieille date des mondes de l'Internet et du Mac. Franchement, nous avons été sidéré par les installations de digital.forest - on n'avait jamais encore vu autant de Macs de toute tailles, formes et couleurs. Les machines sont installées dans des racks aux normes anti-sismiques, et chaque rack est géré par un petit chariot comportant un moniteur, un clavier et une souris. Chris a coupé lui-même les câbles ethernet à la bonne longueur, a connecté nos deux serveurs et branché l'alimentation "intelligente" qui peut être commandée par des scripts que gère PageSentry, un logiciel de contrôle édité par Maxum. Le montage est impressionnant et jusqu'à présent, tout se passe très bien. Si vous recherchez un hébergement internet ou Filemaker sous Mac, ou si vous voulez placer un serveur Macintosh sur une connexion Internet à gros débit, je vous encourage vivement à étudier les prestations qu'offre digital.forest. [ACE]
AOL rachète Time Warner. -- Un communiqué commun d'America Online et de Time Warner daté du 10 janvier 2000 a annoncé le rachat par AOL, plus important fournisseur d'accès Internet, de Time Warner, le numéro un mondial des médias pour un montant de 160 milliards US$, payables en actions. Comme on s'en doute, cette transaction représente la plus grosse fusion d'entreprises à ce jour, et son annonce a été faite exactement dix ans après que Time,Inc. ait fusionné avec Warner Brothers en créant ce qui était alors le plus gros ensemble de médias au monde. La nouvelle entreprise s'appellera AOL Time Warner, et les actionnaires d'AOL contrôleront 55% de l'ensemble. Steve Case, le patron d'AOL, sera Président du Conseil d'Administration et Gerald Levin de Time Warner occupera le poste de Directeur Général. S'il est bien sûr trop tôt pour spéculer sur les conséquences à long terme de cette fusion, on peut néanmoins constater l'émergence d'un empire médiatique monolithique et qui couvre une très large gamme de supports, depuis la presse et l'édition jusqu'à la télévision, l'information et le cinéma, à laquelle il faut ajouter maintenant l'Internet et les technologies interactives. On pense que la fusion permettra aussi à AOL de fournir des services interactifs en utilisant le réseau de chaînes câblées de Time Warner qui touche 20% environ des foyers américains. [GD]
http://www.corp.aol.com/cgi/announce-pr.html
Open Transport 2.6 remplace OT Tuner 1.0. -- Apple sort la mise à jour 2.6 de Open Transport, qui résoud des problèmes dans les fonctions DHCP rencontrés par certains utilisateurs de MacOS 9, et empêche que les Macs soient utilisés comme amplificateurs dans des attaques informatiques. Open Transport 2.6 remplace OT Tuner 1.0, une rustine temporaire sortie en décembre. (Cf "OT Tuner 1.0 Combats Possible Net Abuse of Macs" dans TidBITS-511 pour plus de détails sur cette vulnérabilité.) Open Transport 2.6 est à télécharger, il pèse 1,1 Mo et ne fonctionne qu'avec les ordinateurs sous système 9, les G4, les iBooks ou les iMacs dotés d'un lecteur de CD "mange-disque" (les iMacs DVD par exemple) et tournant sous MacOS 8.6. Open Transport 2.6 est aussi récupérable via le tableau de bord mise à jour logiciel de MacOS 9. Si votre ordinateur est configuré pour récupérer automatiquement les mises à jour chez Apple, Open Transport 2.6 sera automatiquement téléchargé. [GD]
http://asu.info....apple.com/swupdates.nsf/artnum/n11560
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=05752
Les résultats du sondage : tout est calme sur le front du bogue de l'an 2000 ? Il semblerait que le bug de l'An 2000 ait perdu ses griffes à la minute même où nous passions le cap de l'an neuf et qu'aucun incident n'ait été à signaler. Mais qu'en est-il des expériences particulières de nos lecteurs ? Entre le 1er et le 9 janvier, nous avons posé la question : "Avez-vous vous remarqué quelque chose de particulier, lié à votre ordinateur et au passage à l'an 2000 ?" Sur les 656 réponses que nous avons reçues, 17 % ont répondu "affirmatif", 6 % soupçonnaient un problème et ont répondu "peut-être", alors que les 77 % restants exprimaient un "non" catégorique. Bien sûr, cela signifie que ceux qui ont répondu à notre sondage étaient en mesure de le faire, voire qu'ils s'étaient risqués à sortir de leur bunker. [JLC]
par la rédaction de TidBITSeditors@tidbits.com
Au cours de son discours lors de la MacWorld Expo de San Francisco, Steve Jobs a dévoilé un ensemble de services internet gratuits, orientés Mac, qui font d'Apple un fournisseur de contenus, ainsi que des technologies nouvelles, accessibles depuis le bureau de chaque utilisateur, qui fonctionnent en intégration avec des outils et des serveurs Internet d'Apple. Jobs a également annoncé les résultats des ventes de Macintosh - 1,35 million de machines vendues au cours du dernier trimestre fiscal - ainsi que le résultat des études marketing, qui montrent qu'un nombre significatif d'acheteurs d'iMac et d'iBook sont de nouveaux clients Apple.
Apple a également annoncé un partenariat de plusieurs années avec EarthLink (assorti d'un investissement de 200 millions de dollars) afin d'offrir un accès Internet à tous les utilisateurs de Mac. EarthLink sera le fournisseur d'accès par défaut pour tous les nouveaux Mac et Apple touchera un pourcentage sur chaque utilisateur de Mac qui signera avec EarthLink.
La plus grosse surprise a sans doute été l'annonce d'un compte à rebours pour le développement de MacOS X, suivi d'une présentation. Selon le plan annoncé, MacOS X sera sur le marché en janvier 2001, et les souscriptions (pré-ventes) commenceront pendant l'été 2000. Mais l'événement fut surtout la présentation de la nouvelle interface de MacOS X, Aqua, où l'on a vu, pour ainsi dire, Steve Job en baver de bonheur. Avec ses boutons translucides et son aspect plutôt frugal, cette interface a déjà causé un gros débat sur ses qualités au sein de TidBITS Talk. (Nous publierons un compte rendu plus détaillé sur le style d'Aqua dans un prochain numéro.)
http://www.apple.com/macosx/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=901
Steve Jobs a également évacué le mot "interim" de son titre, cimentant enfin son long mandat de CEO (NdT : équivaut à PDG) d'Apple Computer en même temps que des studios d'animation Pixar. Jobs a retenu le titre de iCEO d'Apple - en clamant que le i signifie Internet - peut-être un clin d'¦il aux iMac et iBook qui ont rajeunis la société.
La grande absente du show était la rumeur persistante du remplacement du PowerBook G3 bronze vieux-de-huit-mois ; il vaut mieux se rappeler qu'Apple a une longue histoire de relations conflictuelles avec les commérages et fut connue pour propager de fausses informations. Si on sait que les rumeurs d'arrivée imminente de nouvelles machines tendent à assombrir les ventes courantes, ce qu'aucune société ne désire, on peut douter qu'Apple ait fait naître intentionnellement la rumeur d'un nouveau PowerBook, et penser ainsi que la société est simplement victime de mauvaises spéculations. Une note dans TidBITS Talk (NdT : le forum de TidBITS) disait aussi qu'une des raisons de l'absence de nouvelles machines pouvait être d'aider les revendeurs, dans la mesure où Apple doit stopper la production des anciens modèles et vider le stock à la sortie d'un nouveau modèle. Proposer un nouveau modèle à MacWorld Expo en janvier signifie que les revendeurs pourraient se retrouver sans stock au pire moment - la saison d'achat des vacances.
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=899
par Adam C. Engst ace@tidbits.com
Chaque année, lors de l'exposition Macworld, je m'efforce de mettre le doigt sur les tendances du moment qui s'incarnent dans ce Salon et soufflent dans le allées du deux halls d'exposition Moscone Center de San Franscisco. Mon procédé habituel est de me promener partout pendant quelques jours, en bavardant avec les personnes que je connais, interrogeant les autres sur leurs opinions, observant le flux et le reflux dans les halls et courant les différents cocktails en marge du Salon. Quand vous êtes un habitué de ce type de Salon professionnel, on vous demande tout le temps : "Alors ? Tu as vu quelque chose d'intéressant récemment ?". Les réponses que je donne à cette question mais aussi les questions que moi je pose aux gens et les réponses qu'il me font m'aident à définir la tendance du Salon, sa thématique inconsciente en quelque sorte.
Cette année ce ne fut pas si facile. Je vis quelques produits sympas dont je me servis pour répondre aux interrogations : "T'as vu des trucs intéressants ?" Parallèlement, les réponses que je recevais à mes interrogations m'orientaient vers des produits que je n'avais pas encore vus. Le sujet qui revenait par ailleurs dans les conversations était la nouvelle stratégie Internet présentée par Steve Jobs lors de son discours d'ouverture, alors que MacOS X était moins présent. Autre grand absent des conversations de Salon : la vidéo numérique, et ce alors qu'un journaliste Macintosh, vieux de la vieille avait décrété que 2000 était l'année de la vidéo numérique.
Lors d'un dîner avec ma soeur - qui ne s'intéresse de toute façon pas beaucoup au Macintosh, je fus pressé de questions mais mon esprit était trop engourdi par les veillées tardives chaque soir et je ne pus tout simplement pas exprimer avec des mots ce que j'avais vu et ressenti. Mais la lumière se fit dans mon esprit au moment où je tentais de résumer ce que j'avais vu les quatre premiers jours du Salon en lui disant que beaucoup de jeunes revenaient au Mac, ce qui faisait plaisir, notamment après la désaffection qu'avait connu la petite pomme durant la période sombre en 1997 où Apple semblait happée par une spirale de la mort. Soudain tout était clair : l'industrie Macintosh est entrée dans une phase de repeuplement.
Après l'incendie. -- Si l'on compare cette funeste époque à un incendie violent ayant ravagé la forêt de l'industrie du Mac, transformant en torches les plantes les plus faibles et chassant les habitants de cette forêt vers des terres plus hospitalières. Les plus gros arbres - les Microsoft et Adobe de l'industrie - ont survécu (non sans quelques cicatrices), et maintenant la cicatrisation est en bonne voie. Les plantes opportunistes à forte croissance - les sociétés qui nous ont aidé lors de la transition vers l'USB et FireWire - furent parmi les premières à revenir et prospérer sur le brulis, et maintenant d'autres organismes sont en train de revenir voire de migrer vers les bois. A MacWorld, nombreux étaient les stands dont les noms m'étaient inconnus, et j'ai vu des produits qui non content de me surprendre, me plaisaient simplement parce que je les trouvais bien. Je n'ai pu m'empêcher de désirer ardemment le caisson "iSub" de Harman Kardon, un haut parleur pour ultra-basse, connectable par USB et dans un boîtier en plastique clair qui le faisait ressembler à s'y méprendre à une méduse. KB Gear Interactive montrait une tablette à dessin pour les enfants, dotée de fonctions de sensibilité à la pression et vendue seulement 50 US$, complète avec un crayon traceur et un pochoir à utiliser avec le programme de dessin "Disney Magic Artist Studio" (inclus). Et plusieurs commerçants (y compris KB Gear) vendaient des appareils photo numériques dont le coût était inférieur à 100 US$ (sans affichage à cristaux liquides et limités à une résolution de 640 par 480).
http://www.harman-multimedia.com/ A>
http://www.kbgear.com/
Ce retour de vitalité était visible même dans l'agencement du Salon. Le hall sud du Moscone Center hébergeait les noms bien connus : Apple, Microsoft, Adobe, Connectix, Aladdin, et autres. Le hall nord, par contre, était non seulement peuplé de stands plus petits, tenus par des sociétés moins célèbres, mais comportait également une zone de neuf aires thématiques, rassemblant de tout petits stands, tenus par une ou deux personnes au plus, équipés d'un seul ordinateur pour des démonstrations. Ces aires se répartissaient comme suit : "Consumer Showcase" (la vitrine du consommateur), Musique et Audio, l'Atelier des Extensions à l'intention de la foule des PAOistes et infographistes, la cour de l'Ecole ("Education District"), les solutions pour les PME, le pôle scientifique pour les fans de mathématiques et de sciences, le Studio Numérique pour les professionnels du multimédia et enfin la traditionnelle zone des innovateurs du Net et le pôle Développeurs, zones sponsorisées par MacTech. Bien qu'il était clair qu'il y avait eu des annulations, résultant en des stands inoccupés entre les stands, toutes ces petites sociétés qui faisaient des démonstrations dans les pavillons ont contribué à augmenter significativement le nombre total des commerces présents et l'étendue des produits présentés.
http://www.macworldexpo.com/mwsf2000/media/frame_pr_showcase.html
Une autre preuve significative était la présence de nombreuses sociétés aux activités seulement partiellement en relation avec le Mac. Palm Computing et le petit nouveau "Handspring" étaient là et leurs stands étaient envahis par des utilisateurs Macintosh intéressés d'acquérir un agenda électronique Palm OS [nous avons d'ailleurs décidé d'inventer une abréviation pour cet ustensile au nom définitivement trop long a écrire et prononcer. Nous proposons POSH, (NdT : "luxueux" en argot anglais)]. "Industrial Light & Magic" s'était payé un stand et l'avait équipé d'hôtesses simplement pour recruter d'éventuels employés. Matsucom proposait une grosse breloque appelée "onHand PC" (PC au poignet) qui concentre, sur l'espace d'une montre un certain nombre des fonctions offertes par un agenda électronique et qui permet la synchronisation des données avec un Mac. Guru.com faisait la promotion de sa base de données sur Internet mettant en relation des employeurs potentiels avec des indépendants et des consultants. Ils n'étaient pas les seuls, un certain nombre d'agence de recrutement et de travail temporaire étaient là et proposaient leurs services dans des domaines spécifiques.
http://www.palm.com/
http://www.handspring.com/
http://www.ilm.com/
http://www.onhandpc.com/
http://www.guru.com/
Le fait que ces sociétés soient présentes démontre à nouveau que la cure de jouvence d'Apple - caractérisée par le succès de l'iMac et pérénisée par les PowerMac G3 et G4 professionnels ainsi que le iBook grand public, est bien engagée et a permis d'accroître suffisamment le marché pour que des petites sociétés puissent y prospérer en n'en exploitant qu'un petit segment. Même les sociétés qui ne produisent pas de produits spécifiquement Macintosh commencent à se tourner vers le marché du Mac... si cela ne vous suffit pas comme preuve que la cure de jouvence a réussi, je ne sais ce qu'il vous faut.
par Adam C. Engst ace@tidbits.com
Il s'avère que la plus grosse surprise du discours d'ouverture de Steve Jobs n'était pas la présentation de la nouvelle interface utilisateur de MacOS X ou qu'aucun nouveau modèle d'ordinateur fut annonçé. Le point que tout le monde pensait n'être qu'un hors d'oeuvre avant LA grande nouvelle s'est révélé être LA grande nouvelle : la nouvelle stratégie Internet d'Apple.
Perché sur le Portail. -- Comme Jobs l'a fait remarquer dans son discours d'ouverture, Apple dispose d'un certain nombre d'atouts Internet, dont le fait que le site d'Apple reçoit environ 9,5 millions de visiteurs chaque semaine, des fonctions Internet puissantes intégrées directement à MacOS 9 et de puissants logiciels-serveur pour Internet sous la forme de WebObjects tournant sous MacOS X Server. Apple s'est donc posé la question de savoir quel type de service Internet ils pourraient proposer aux utilisateurs du Mac afin de distinguer encore plus le Mac de son concurrent Windows PC. En résumé, le but d'Apple est de transformer www.apple.com en en portail d'entrée à Internet par le biais des rubriques "iReview", "iTools", et "iCards".
Avant de m'étendre sur ces services spécifiques, permetez moi de vous expliquer le concept de "portail" puisque nous n'en avons jusqu'à présent jamais vraiment parlé dans TidBITS. L'idée de base d'un "site portail" est de proposer une panoplie de services qui feront que les utilisateurs feront de ce site la page d'ouverture par défaut de leur navigateur ou au moins reviendrons régulièrement visiter la page. Ce n'est pas une mauvaise diée et la plupart des moteurs de recherche comme Yahoo, Excite, Lycos, et InfoSeek ont adopté la stratégie du "Portail" quand ils ont réalisé que le simple fait d'être un moteur de recherche ne suffisait pas à assurer leur développement. Le problème avec le concept de portails est que la concurrence est rude et que je ne vois pas comment il pourrait y avoir de la place pour autant de portails différents. Ainsi, nous utilisons beaucoup "My Yahoo" pour nos besoins personnels parce que nous aimons la panoplie de services qu'offre Yahoo tels que les programmes TV, les dernières nouvelles, les cours personnalisés de la bourse, l'annuaire du téléphone, des cartes routières et des calculs d'itinéraires ou bien les horaires des cinémas. Etant donné que "My Yahoo" satisfait à tous ces besoins, nous n'avons jamais la tentation d'aller voir un autre site concurrent.
À mes yeux c'est le défaut majeur de ce concept de portail internet - il fonctionnera pour quelques sites, mais les portails les plus célèbres sont à même de satisfaire les besoins de la plupart des gens, ce qui laisse trop peu de visiteurs disponibles pour les sites portails plus modestes qui offrent des services similaires. Or, comme tous les sites portails sont financés grâce à la pub, attirer des visiteurs est un facteur de survie important.
Cependant, Apple a légèrement modifié le concept de portail, et ce de trois façons. Tout d'abord, le portail d'Apple va au-delà des services standards offerts par d'autres portails et évite ceux qui n'offrent pas d'intérêt particulier à l'utilisateur de Mac. En effet, le fait de proposer des services un service de courrier électronique gratuit, de création et hébergement de pages Web gratuites, un service de revue "Le meilleur du Net" et la possiblité de créer et envoyer des cartes de voeux est relativements banal, mais ces services sont combinés avec d'autres plus élaborés tel que le système de contrôle d'accès "KidSafe" et la possiblité de sauvegardes distantes "Internet iDisk", valeur ajoutée qui s'intègre de manière parfaite à MacOS 9. Ainsi, alors que la plupart des portails concentrent leur attention sur des informations similaires à celles qui nous font utiliser My Yahoo, le portail d'Apple est avant tout fonctionnel. Chaque outil, même les critiques de sites Web, a pour but d'aider les utilisateurs de Macintosh à faire quelque chose. Comme le dit le slogan, "iTools. À votre service."
Ensuite, les nouveaux services Internet d'Apple sont totalement dépourvus d'espaces publicitaires, car Apple n'a pas l'intention de gagner de l'argent avec ces visiteurs, ils veulent que leurs services Internet augmentent la valeur totale d'un Macintosh. Achetez un Mac avec MacOS 9 et vous avez accès à tous les services d'Apple gratuitement. Inutile pour les utilisateurs d'autres systèmes opérateurs de s'y intéresser. Puisque l'Internet est le moteur du développement de l'utilisation des ordinateurs - une étude de marché montre que 93 % de propriétaires d'iMac sont connectés à Internet - il est parfaitement logique pour Apple de resserrer les liens entre l'Internet et le Macintosh avec ces services.
Enfin, d'après ce que j'ai observé jusqu'à présent, Apple a fait du très bon boulot avec ces services Internet en terme de design, d'exécution, et d'intégration. Regardons de plus près les détails de chaque service à présent, services qui sont tous accessibles grâce aux nouvelles tabs en haut des nouvelles pages Web d'Apple.
iReview. -- Ce qui est intéressant au sujet de iReview le service d'annuaire de sites Web proposé par Apple est sa façon de se prémunir contre ce qui a causé l'échec de services similaires ces dernières années. Avec la croissance exponentielle d'Internet il y a tout simplement trop de sites à indexer et les sociétés qui proposent des annuaires ont pensé qu'il était plus important d'augmenter le nombre de sites indexés plutôt que de tenter d'être exhaustifs dans les sujets couverts. Au contraire, avec iReview, Apple régresse par rapport à cette politique mais propose en échange un service que les nouveaux utilisateurs apprécieront (du moins je le pense). De plus, Apple a repris une idée developpée par "Amazon.com" et propose aux visiteurs de donner leur avis sur les sites classés par le biais d'un livre d'or.
La section informatique propose quelques nouveaux sites Macintosh, mais ne référence actuellement pas TidBITS. Cela serait sympa si TidBITS pouvait être listé dans la rubrique "iRewiew Computer", il existe d'ailleurs un bouton permettant de suggérer des sites à inclure dans la liste. (NdT : vous savez ce qu'il vous reste à faire).
iCards. -- Je dois bien me rendre à l'évidence : les cartes de voeux électroniques semblent être l'un des services Internet les plus populaires, et autant j'applaudis des deux mains un service qui permet d'économiser du papier et donc de contribuer à la sauvegarde de l'environnement autant je dois admettre que la plupart des cartes électroniques que j'ai vues sont plutôt...heuh, merdiques. Les sujets proposés vont du hideux au vulgaire, la pub qui les accompagne ajoute un arrière-goût acide aux voeux que vous envoyez, et vous devez généralement vous rendre sur un site web pour visionner votre carte voir parfois saisir un code spécial. Dans son discours d'ouverture, Steve Jobs a affirmé avec force son dégoût face à ces procédés, déclarant même que certains de ses services lui faisaient honte au point "d'avoir parfois honte d'être un être humain". Fortes paroles.
Il marque ici un point. Apple a toutefois amené ce service à un nouveau niveau grâce à iCard. Ils ont obtenu les droits de reproduction sur plusieurs images toutes plus attrayantes les unes que les autres et inclus de nombreuses images de leur campagne publicitaire "Think Different". Vous pouvez de plus, grâce à votre disque virtuel iDisk, y ajouter vos propres images en format JPEG ou GIF, en utilisant une interface très simple. Le processus de création de vos cartes est des plus facile et leurs aspects des plus intéressants. Il est à noter que votre carte de souhaits est inclue dans le corps de votre courriel et non en lien, vous évitant ainsi d'avoir à visiter un site web. Bien entendu cette fonction sera d'autant plus intéressante si votre logiciel de courriel affiche les images en ligne. L'image inclus avec la carte est toujours au format JPEG. Les GIF animés sont donc convertis à ce format empéchant leur utilisation à l'intérieur de la carte.
Courriel. -- Le premier outil de la panoplie "iTools" vous donne accès à une adresse de courriel gratuite de type xyz@mac.com (je me demande quel est le montant d'argent qu'Apple a déboursé pour ce nom de domaine ?). Des adresses de courriels gratuites, il en existe d'autres, mais peu offrent un service gratuit via un serveur POP. La raison en est simple : il est difficile d'afficher des bandes publicitaires dans le courrier d'utilisateurs de serveurs POP (Le seul service de courriel gratuit de ce type est Yahoo ! Mail. Toutefois vous devez accepter de recevoir une fois par semaine une publicité.). Comme Apple ne cherche pas à arrondir ses fins de mois par les ventes de publicité, vous pouvez accéder à votre courriel sur Mac.com à partir de n'importe quel logiciel de courriel et même, si vous possédez une autre adresse de courriel, y faire suivre votre courriel arrivant sur Mac.com. Si vous quittez pour des vacances ou autres raisons vous pouvez utiliser la fonction de réponse automatique de Mac.com (le serveur ne répond qu'une seule fois à chaque destinataire évitant ainsi de multiples messages à des listes de discussion). Il existe une limite de 5 Mo d'espace disque sur le serveur pour votre courrier. Toutefois, lorsque vous prenez vos messages, ceux-ci sont effacés du serveur libérant ainsi l'espace pour de nouveaux messages.
Apple est en mesure de configurer automatiquement Outlook Express 5.0 pour qu'il fonctionne avec le courrier électronique de iTools et l'entreprise offre des modes d'emploi pour Outlook Express 5.0 (et les versions antérieures) et pour Netscape Communicator, puisqu'ils sont tous les deux inclus dans l'installation du système Mac. Apple fournit également les instructions minimum nécessaires pour configurer les autres logiciels de courrier électronique. Vous n'avez besoin que de quatre éléments d'information :
KidSafe. -- La deuxième composante des "iTools" est KidSafe. Il s'agit d'un répertoire de sites Web qui ont été approuvés par un groupe composés, selon la description de Steve Jobs, "d'enseignants et de bibliothécaires certifiés". À la différence des autres répertoires du même type, KidSafe garantit que les enfants ne pourront pas accéder accidentellement à des sites non appropriés, grâce au fait que ce système fonctionne en combinaison avec la fonctionnalité "Utilisateurs multiples" de MacOS 9 et Sherlock 2. L'idée, c'est que, lorsqu'un enfant se branche à son Mac en utilisant son propre nom d'utilisateur et son propre mot de passe, KidSafe l'empêche d'accéder aux sites Web, aux sites FTP, aux babillards et aux jeux en ligne qui n'ont pas été approuvés par les membres de KidSafe ou par les propriétaires du Mac en question. (En d'autres termes, vous pouvez manuellement ajouter des sites et des services qui ne sont pas mentionnés dans la liste de KidSafe, de façon à ce que votre enfant puisse les utiliser.) La combinaison de cette fonction avec Sherlock permet à l'enfant d'utiliser Sherlock 2 pour faire des recherches normales sur des termes comme "sexe", par exemple, et d'obtenir une liste de sites du domaine de la génétique sans se faire inonder par des listes de sites pornographiques.
KidSafe a déjà suscité des débats étant donné que bon nombre de personnes estiment que c'est aux parents et aux éducateurs d'assumer leurs responsabilités en matière de décisions de ce que leurs enfants peuvent consulter sur Internet (il est certain qu'idéalement c'est un but à atteindre). Toutefois, la réalité est malheureusement différente et il y a bon nombre de situations où un adulte ne peut être présent quand un enfant navique sur Internet, notamment dans les écoles ou les bibliothèques où un seul adulte est chargé de superviser plusieurs enfants. A noter également que KidSafe est principalement un outil pour éviter à des enfants jeunes de tomber par accident sur des contenus qu'ils sont encore trop jeunes pour comprendre, ce n'est pas vraiment un outil pour empêcher des enfants plus âgés et plus au courant technologiquement de se rendre sur des sites dont les adultes estiment que le contenu n'est pas pour leurs yeux. Ces enfants là trouveront toujours un moyen de contourner KidSafe, par exemple en devinant le mode de passe ou en utilisant un autre ordinateur, sans KidSafe.
iDisk. -- L'outil le plus intéressant de la panoplie iTools est "iDisk" (et non pas "iDisqueDur" comme certains ont dit au début). IL s'agit d'un espace de stockage virtuel sur Internet permettant d'archiver 20 Mo de données. Quel dommange que Apple n'a pas sorti iDisk quand les premiers iMac sont sortis, etant donné que c'est la réponse parfaite au manque de lecteur de disquette. Une fois que vous vous êtes connecté à iTools, vous pouvez aller sur la page "iDisk" et faire apparaître votre disque dur virtuel sur votre bureau, comme vous le feriez pour un vrai disque dur.
La magie derrière "iDisk" est la fonctionnalité "AppleShare over IP", incluse dans MacOS depuis MacOS 8 et qui fonctionne même sous système 7.5 si vous mettez à jour l'extension sélecteur "AppleShare Client" en version 3.7 ou plus. Comme iDisk utilise "AppleShare over IP",vous pouvez créer un alias de votre "iDisk" ou de n'importe lequel dossier ou fichier qu'il contient, le placer sur votre bureau et y accéder comme vous le feriez pour un dossier sur un disque ou sur le réseau - sans avoir à passer par la page Web de "iDisk". Je n'ai pas encore établi comment on saisit le mot de passe quand on veut accéder au volume public d'un iDisk autre que le sien - lors de la connexion s'affiche un dialogue contenant le nom du propriétaire de l'iDisk, mais pas de dialogue pour le mot de passe. Nous y travaillons, en attendant, si vous voulez déposer quelque chose dans le dossier public d'une autre personne, il vous faudra passer par la page web de iDisk.
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04961
Dans votre iDisk, vous trouverez cinq dossiers : Documents, Films, Images, Sites et Public, ainsi qu'un fichier SimpleText vous expliquant comment vous servir de l'iDisk. Vous ne pouvez effacer ni renommer ces dossiers qui sont une des bases des iTools. Pour l'instant, vous pouvez copiez des images GIF et JPEG dans le dossier Images et donc les utiliser en tant que iCards et créer des albums photo sur vos pages Web iTools. Il en est de même pour le dossier Films - Copiez des films QuickTime pour les insérer en tant que salle de cinéma iMovie sur vos pages Web. Les documents HTML qui composent vos pages sont placés dans le dossier Sites, vous n'avez qu'à y déposer les pages que vous souhaitez rendre accessible aux visiteurs de vos pages, même s'ils n'utilisent pas un Mac. Pour partager des fichiers avec des personnes qui utilisent MacOS 9 et les iTools, copiez vos fichiers dans le dossier Public, de là, tous les utilisateurs des iTools pourront monter votre volume partagé et y copier vos fichiers. Cependant, personne ne peut y déposer de fichiers. Le dossier Documents est l'endroit qui vous permet de stocker des fichiers uniquement accessibles par vous ; ce pourrait être un bon endroit pour stocker vos fichiers les plus importants au cas où.
Si la question de la sécurité vous turlupine, rappelez-vous que MacOS 9 peut crypter vos fichiers. Choisissez vos documents et sélectionnez "Encoder" depuis le menu Fichier. Entrez un mot de passe, attendez la fin de l'encodage, puis copiez le résultat dans votre dossier Documents de l'iDisk. Ce moyen peut aussi être très intéressant au cas où vous souhaiteriez partager des fichiers sensibles par le dossier public lequel, comme son nom l'indique, tout le monde peut voir ; sans le mot de passe, les gens ne pourront rien en faire.
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05625
Pour réduire les frais, Apple limite le temps pendant lequel on peut conserver un iDisk monté sur votre bureau. Mes tests donnent environ quinze minutes d'inactivité avant les deux minutes d'alerte (parfois, c'est trois ou quatre minutes d'alerte). Ouvrir un dossier suffit pour disposer de quinze ou vingt minutes supplémentaires, mais on est viré après soixante minutes, même si on est en train d'utiliser l'iDisk. Il faut alors se reconnecter pour l'utiliser à nouveau. Bien que les dialogues d'alerte soient modaux, comme les autres messages de serveur AppleShare, ils disparaissent automatiquement sous MacOS 9 si vous n'êtes pas à votre ordinateur, et laissent derrière eux, sur le bureau, un fichier texte appelé "message du serveur AppleShare" (AppleShare Server Messages), qui contient le texte du dialogue d'alerte. Le système du Mac ne vous laisse pas éjecter un iDisk (ou un quelconque autre disque) en le glissant sur la corbeille si vous utilisez un fichier provenant de ce disque, mais ça n'empêche pas d'être déconnecté automatiquement dès que le temps d'inactivité est écoulé. Du coup, il faut penser à fermer ses documents en provenance du iDisk quand on ne s'en sert pas.
HomePage. -- Le dernier outil de iTools est HomePage, à ne pas confondre avec Claris Home Page, l'outil de création de pages web qui est maintenant distribué par FileMaker Inc., alors que les autres produits Claris retournèrent chez Apple lors du démantèlement de Claris.
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04684
En soi, HomePage est simplement un site web gratuit qui s'appuie sur les données dans vos dossier du "iDisk". La facon la plus simple pour créer des pages perso dans HomePage est d'utiliser les modèles fournis par Apple : Album Photo, Cinéma iMovie Theater, Invitations, Naissance de Bébé et CV. Pour chaque catégorie des thèmes sont disponibles qui définissent l'habillage visuel de chaque page. Une fois que vous avez chosi un modèle et un thème, il vous suffit de cliquer les boutons "Edit" à coté des élements sur la page que vous pouvez changer, faites les changements et cliquez sur le bouton "Appliquer" pour confirmer votre choix. Une fois terminé vous pouvez prévisualiser la page et si le résultat vous satisfait, la publier d'un simple clic de souris. Vos amis peuvent alors aller voire votre page en passant par "homepage.mac.com", comme je viens de le faire pour TidBITS (voyez le lien ci-dessous).
http://homepage.mac.com/tidbits/
Vous pouvez également créer des pages HTML et des images en utilisant n'importe quel outil, et les télécharger vers le dossie Sites de votre iDisk pour les publier, mais il y a des trucs bizarres. Si vous créez des pages en utilisant les modèles fournis par Apple, l'un deux se verra affublé du statut de page par défaut, et un document verrouillé nommé index.html apparaîtra dans votre dossier Sites, pour rediriger les utilisateurs vers la page appropriée créée à partir du modèle. Il vous est impossible d'effacer ou d'éditer ce fichier index.html manuellement, et si vous voulez avoir une autre page par défaut, votre seul recours consiste à détruire toutes les pages créées à partir de modèles, qui à cliquer sur le bouton Créer une page de démarrage sans que rien ne soit disponible dans la liste, pour effacer ce fichier index.html créé automatiquement. Après, vous pourrez télécharger un nouveau fichier index.html, et le voir remplir correctement sa mission de page d'accueil. Attention cependant, car dès que vous créerez à nouveau une page basée sur un modèle, cette dernière deviendra immédiatement la nouvelle page d'accueil, et le fichier index.html résultant de cette opération viendra écraser sans préavis le fichier index.html courant.
Ceci semble complexe, mais en réalité, si vous respectez les règles du jeu fixées par Apple, il est difficile de tout planter. Tout comme avec les autres iTools, Apple a réalisé un bon travail de conception et de mise à la portée des débutants. Les utilisateurs plus expérimentés trouveront l'activité de remplissage des modèles un tantinet lassante, et il serait bien que HomePage vous laisse choisir n'importe quel fichier HTML que vous avez téléchargé comme page d'accueil, mais je serais surpris si ces deux dernières fonctionnalités n'étaient pas rapidement intégrées dans les prochaines versions.
Qu'en pensez-vous ? Okay, alors après avoir lu tous ces détails, nous en arrivons à la question de la semaine : "Avez-vous l'intention d'utiliser l'un des nouveaux services Internet d'Apple" ? Les iTools nécéssitent MacOS 9, mais iReview et iCards ne nécessitent aucune version spécifique de MacOS, et ils ne nécessitent même pas que vous vous enregistriez chez Apple. Franchement, je les trouve assez intéressant, et j'utiliserai certains de leurs services. Donnez votre opinion sur notre page d'accueil !
Le iFutur. -- Tous ces outils ont pu être proposés parce qu'Apple contrôle autant le serveur (sous WebObjects) que le Système d'exploitation des utilisateurs. Il me paraît clair que tout aussi bien fichus que soient ces iTools, il s'agit de versions 1.0 et Apple à largement de quoi les améliorer et même en rajouter. Aucun des iTools actuels ne sont particulièrement révolutionnaires, même si le niveau d'intégration avec le Système d'exploitation est sans précédent et le design général est de première qualité. Maintenant qu'Apple a jeté les bases des iTools, par contre, il est difficile de dire comment ils vont pouvoir mélanger les WebObjects et les composants Système pour offrir des services Internet novateurs et imaginatifs, de ceux qui permettraient aux gens d'acheter des Mac plutôt que d'autres types d'ordinateurs.
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