C'est MacWorld Expo qui sera le sujet phare de ce numéro : Adam analyse la vision donnée par Apple d'un Mac au carrefour de la "vie digitale" et de ses nouveaux logiciels multimédias, iTunes et iDVD. Ensuite, Jeff Carlson regardera la star de l'Expo, le mince et rapide Powerbook G4 Titane. Nous ferons aussi le tour en détail de l'imminent MacOS X 1.0 d'Apple, noterons la sortie de MacOS 9.1, nous excuserons pour le plantage de notre serveur de courriers la semaine dernière, et accueillerons notre tout dernier sponsor, Bare Bones Software.
Sommaire :
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Ce numéro est traduit de l'américain par:
Les misères du serveur de listes de diffusion de TidBITS. -- La semaine dernière, notre principal serveur de listes de diffusion a souffert d'une sévère erreur de disque, à peu près quatre heures après le lancement de la distribution du numéro de la semaine dernière, TidBITS-562. Malheureusement, le problème a commencé à environ deux heures du matin, ici, et pendant que Adam et Jeff étaient à Apple Expo. Le temps que nosu isolions le problème le jour suivant, les dommages étaient déjà causés : un bon millier de souscripteurs avaient reçu plusieurs copies de numéro vide ou incomplet, et près d'un autre millier n'a reçu aucun numéro (il est bien sûr toujours disponible sur notre site). Nous avons changé la machine, récupéré des données de la sauvegarde, et nous gardons un ¦il attentif à la livraison de cette semaine. Nos excuses à ceux qui s'en sont trouvé gênés, et nos remerciements pour votre patience et vos manières quasi-universellement bonnes, pendant que nous nous sortions de ce problème. Un grand merci également aux gracieuses personnes de digital.forest, notre hébergeur, qui sont allés bien au-delà de leurs obligations pour nous aider à résoudre ce problème. [GD]
Bare Bones Software parraine TidBITS. -- Nous sommes heureux d'annoncer notre dernier parrain, le bien connu éditeur de logiciels Bare Bones Software. Pour ceux qui seraient partis en vacances au fin fond de la jungle sans connexion internet via satellite, nous rappelons que Bare Bones est plus connu par le nom de son logiciel phare, BBEdit, cet éditeur de texte surpuissant, et Mailsmith, qui fait endosser à un logiciel de courrier électronique la puissance de l'éditeur de texte BBEdit. À l'origine, BBEdit était destiné au monde des développeurs, et il est toujours estimé comme le meilleur environnement par beaucoup d'entre eux. Mais par une intuition géniale, quand l'HTML se répandit, Bare Bones ajouta la reconnaissance de celui-ci à BBEdit, le rendant extrèmement attractif aux intégrateurs HTML qui tiennent à vérifier leur code (comme par exemple notre éditeur technique, Geoff Duncan, qui se base sur BBEdit pour placer chaque tag contenu dans nos pages générées par base de données). Et même si aujourd'hui, les éditeurs HTML visuels se taillent la part du lion, les inconditionnels de BBEdit continuent de ne jurer que par lui, à tel point que Macromedia l'a couplé à Dreamweaver pour donner aux créateurs de pages une approche tout autant visuelle que par le code. BBEdit reconnait aussi pléthore d'autres langages, incluant même un navigateur pour le setex, celui-là même utilisé pour la version e-courrier de TidBITS. Et pour terminer, même d'un point de vue humain, l'équipe de Bare Bones, avec à sa tête Rich Siegel, a toujours été un important moteur du monde Macintosh avec sa présence assidue aux conférences de développeurs MacHack, sa participation aux listes de diffusion comme TidBITS Talk et, maintenant, leur parrainage de TidBITS. Nous ne pouvions être plus heureux que de compter dans nos rangs Bare Bones. [ACE]
MacOS 9.1 disponible en ligne pour 70 Mo. -- Apple a discrètement rendue disponible MacOS 9.1, la dernière version officielle de son système d'exploitation. MacOS 9.1 augmente l'intégration des iTools, améliore la capacité multi-utilisateurs de MacOS, et amène des améliorations de derrière les fagots comme AppleScript 1.5.5, AppleShare Client 3.8.8, OpenGL 1.2, une gestion améliorée du FireWire, un nouveau gestionnaire de tâches (améliorant la vitesse de passage d'une application à une autre et la gestion des applications fonctionnant en arrière plan), et un nanokernel profondément retravaillé. MacOS 9.1 améliore aussi la fonction d'informations générales sur les fichiers, ajoute un menu Fenêtre au Finder et simplifie la répartition des dossiers à la base de la partition contenant le système d'exploitation pour qu'elle ressemble plus à celle de MacOS X - installant uniquement les Dossier Système, Documents, Compléments Apple, et Applications à la racine (où l'on retrouvera désormais les dossiers Utilitaires et Assistants). MacOS 9.1 demande la même configuration que MacOS 9 : Un ordinateur Apple à base de processeur PowerPC et 32 Mo de mémoire vive (64 Mo de mémoire vive sont cependant recommandés). Apple ne promet rien quant au fonctionnement de MacOS 9.1 sur des machines dont les processeurs ont été échangés par de plus rapides ; bien qu'il doive tourner, il vaut peut-être mieux laisser les aventuriers essuyer les plâtres. De plus, notez que MacOS 9.1 et la beta publique de MacOS X sont incompatibles ; MacOS 9.1 ne permet pas de lancer l'environnement classic de cette version de MacOS X.
La mise à jour MacOS 9.1 (Version U.S. : NdT, elle l'est également en français, voir ci-dessous) est disponible gratuitement en téléchargement, mais prenez vos précautions : le fichier pèse, en tout, 70 Mo, répartis en quinze segments (une version dans un fichier unique devrait être disponible sous peu). Il paraît préférable de choisir l'option de commander un CD ; les utilisateurs américains de MacOS 9 dûment enregistrés peuvent passer commande d'un CD complet de MacOS 9.1 pour 20 US$ à la boutique Apple, mais ils devront fournir une preuve d'achat sous la forme d'un coupon livré avec MacOS 9, une facture ou un reçu. À noter que si vous êtes le propriétaire d'un Power Mac NuBus première génération ou bien d'un Macintosh version "Workgroup Server" vous êtes obligés de passer par le CD pour installer MacOS 9.1. Il en va de même si vous utilisez un kit de localisation linguistique avec MacOS 9, il vous faudra le CD MacOS 9.1 pour faire la mise à jour. Les versions localisées de MacOS 9.1 sont déjà disponibles en ligne pour certaines langues, d'autres devraient suivre sous peu. Comme toujours, n'oubliez pas de faire une sauvegarde complète de vos données avant d'attaquer la mise à jour de votre système... on ne sait jamais. [GD]
http://www.info.apple.com/kbase/kbnum/n106089
http://asu.info.apple.com/swupdates.nsf/searchresults?searchview&query=update+mac+os+9.1
par Adam C. Engst ace@tidbits.com
Apple a souvent été accusée de manquer de stratégie claire ou de ne pas savoir afficher en quoi les Macs sont différents des PCs - peut être que le bénéfice le plus important apporté par Steve Jobs à Apple a été de choisir une direction, particulièrement avec les iMacs et les iBooks. Mais, si le succès de ces machine a temporairement réduit les dénégateurs au silence, les critiques sont revenues avec les difficultés financières récentes d'Apple. Il revenait donc à Jobs de reprendre le contrôle sur la stratégie Apple au cours de la conférence à l'Expo MacWorld de San Francisco la semaine dernière, et pour l'essentiel, Steve Jobs ne nous a pas déçu.
Il a commencé par des détails sur le prochain système MacOS X 1.0, poursuivi avec les caractéristiques de la dernière génération de PowerMac G4, et terminé avec l'alléchant PowerBook G4 Titanium. Nous vous donnerons à lire sur ces sujets dans notre prochaine édition, mais intéressons nous maintenant à la pause qu'a fait Steve Jobs au milieu de cette présentation pour expliquer la vision d'Apple sur le futur, commençant par "J'aimerais maintenant vous parler de là où nous allons.."
Le PC est mort, vive le PC. -- Jobs a commencé par préciser qu'il n'était pas vraiment d'accord avec les cassandres du marché informatique qui ont pris l'habitude de sonner le glas du PC. Revenant en arrière sur l'histoire du PC, il a divisé cette histoire en différentes époque : les années de 1986 à 1994 représentent l'ère de la Productivité, dans laquelle nous étions fascinés par des logiciels de production tel que des traitements de texte et des tableurs. De 1995 à 2000 nous sommes dans l'ère Internet, le navigateur et le logiciel de courrier électronique règnent sans partage. Aux dires de Steve Jobs, nous entrons aujourd'hui dans l'ère du Tout Numérique caractérisé par une foule de périphériques électroniques qui nous suivent partout dans nos activités quotidiennes : téléphones portables, agendas électroniques, balladeurs CD, lecteurs MP3, appareils photo numériques et lecteurs de DVD. Il m'était difficile de ne pas être d'accord avec cette analyse, étant donné que j'étais assis dans le public avec, dans ma poche gauche, mon agenda électronique Palm V et dans ma poche droite mon téléphone portable Samsung ainsi que mon appareil photo numérique Canon PowerShot S100
La vision d'Apple est donc de mettre le Macintosh au centre du "carrefour digital" de notre vie numérique, en y ajoutant de la valeur et en interconnectant tous ces appareils actuellement disparates. Selon Jobs, la taille et le caractère mono-utilisation de ces machines, font que que les ordinateurs personnels offrent bien plus d'avantages, comme de la "colle" qui relierait tout ensemble. Par contraste avec ces petits bouts d'électronique grand-public, les ordinateurs ont de grands écrans, peuvent se connecter sur de l'Internet à haut débit, peuvent faire tourner des applications complexes, proposent un choix varié de mémoires de masse bon marché, et peuvent écrire sur des supports amovibles, peu chers et standardisés. En insérant un ordinateur dans cette toile d'appareils, vous pouvez, par exemple, déplacer des pistes audio à partir d'un CD audio vers votre disque dur, les arranger comme vous voulez, et ensuite les graver sur un CD-Rom pour les écouter dans votre voiture. Ou bien, vous pouvez envoyer des photos prises à partir d'un appareil photo numérique vers votre disque dur, leur appliquer des effets spéciaux divers, en poster une partie sur un site Web pour que le public puisse les visionner, et graver le tout sur un CD-R ou un DVD pour archivage.
Jobs annonçait à qui voulait l'entendre que le succès d'iMovie, éditeur de vidéo simple d'utilisation, avait permis d'imaginer mettre le Macintosh au coeur de ce style de vie numérique, et que c'était la voie qu'Apple devrait prendre. Le succès d'iMovie repose sur un appareil électronique grand-public (un camescope numérique) fonctionnant en combinaison avec du matériel Apple (un Mac avec FireWire), un systeme opératoire (MacOS 9, avec QuickTime), une application (iMovie) et un service Internet (la page d'accès aux iTools, pour poster des films sur un serveur en continu (streaming) QuickTime, le tout assaisonné du marketing Apple et de son support publicitaire qui s'occupera de faire passer le message qui n'aurait pas encore été assez compris. Avec ce credo en tête, Apple a donc évolué dans le sens de cette intégration tout-numérique avec les nouveaux PowerMac équipés de CD-RW et leurs nouvelles applications : iTunes et iDVD.
iTunes. -- L'initiative suivante d'Apple pour faire du Macintosh un "carrefour" du numérique porte sur le son, avec un nouveau logiciel gratuit intitulé iTunes. Il ne s'agit pas d'un outil révolutionnaire. C'est un programme qui combine des fonctions de lecture et d'enregistrement de fichiers MP3 à la capacité de communiquer avec des lecteurs de fichiers MP3 portatifs et de graver des CD (même si cette dernière fonction n'est pour l'instant disponible que pour les graveurs de CD-RW internes des tout derniers PowerMac G4). Toutes ces fonctions sont à l'heure actuelle disponibles dans d'autres programmes, mais iTunes est celui qui va le plus loin sur le plan de l'intégration de toutes ces fonctions dans une interface facile à utiliser. (Jobs a comparé iTunes aux logiciels MP3 fournis par les fabricants de PC ; il va sans dire que, face à ces interfaces hétéroclites, iTunes gagne le match sans contestation possible.) Nous n'avons pas suffisamment d'espace ici pour procéder à un examen complet du programme, mais tout le monde savait très bien, à MacWorld, que le programme était le fruit des efforts de Jeff Robbin, concepteur du logiciel SoundJam de Casady & Greene (lequel reste disponible, même si Terry Kunysz, le président de Casady & Greene, se contente d'affirmer que SoundJam offre une flexibilité qui n'existe pas dans iTunes et qu'il reste à voir comment SoundJam pourra faire concurrence à iTunes). De surcroît, il suffit d'examiner un peu iTunes avec ResEdit pour découvrir qu'il s'inspire en grande partie de SoundJam. La refonte du programme semble avoir donné à Jeff l'occasion de repenser à certaines décisions qu'il avait prises dans la conception de SoundJam et iTunes répond à certaines des critiques que nous avons adressées à Casady & Greene sur SoundJam au fil des ans.
http://www.apple.com/itunes/
http://www.apple.com/itunes/theater/
Ceci étant dit, distribuer iTunes gratuitement et l'inclure sur tous les nouveaux Mac est raisonnable du point de vue d'Apple, puisque cela concrétise le rôle de "carrefour du numérique" qu'Apple veut faire jouer au Mac, en établissant un lien entre CD pré-enregistrés, fichiers MP3, lecteurs MP3 portatifs et gravure de CD -- toutes ces choses devenant en ce moment de plus en plus populaires. iTunes rend certes le marché déjà difficile des logiciels MP3 encore plus complexe, de même que le choix d'Outlook Express comme logiciel de courrier électronique par défaut a rendu la situation encore plus difficile pour les nombreux autres fabricants de logiciels de courrier électronique. La situation entourant iTunes n'est pas aussi problématique que celle des logiciels de courrier électronique, cependant. Il n'y a pas tellement de différences entre les logiciels MP3, personne ne passe autant de temps dans son logiciel MP3 que dans son logiciel de courrier électronique et peu de gens seraient prêts à soutenir qu'écouter des fichiers MP3 est plus important que le courrier électronique. De plus, on peut défendre iTunes comme étant un tremplin vers la musique numérique pour les gens qui n'auraient autrement pas cherché à explorer ce domaine, accroissant ainsi le marché potentiel pour des produits qui vont plus loin que iTunes, proposent d'autres interfaces ou fournissent des services auxiliaires.
Apple a également laissé le marché des Mac plus anciens aux autres développeurs. iTunes exige au moins le système 9.0.4 et le système 9.1 est recommandé. Au lieu de dire sur quels modèles il marche et sur quels modèles il ne marche pas, Apple dit simplement qu'iTunes marche sur tous les ordinateurs Apple sortis depuis août 1998 - même si, d'après nos tests très limités sur d'autres machines plus anciennes avec MacOS 9.0.4, iTunes marche très bien aussi sur ces Mac. iTunes est disponible sous la forme d'un fichier d'installation de 2,8 Mo à télécharger. Si les MP3 vous intéressent, il mérite le coup d'oeil.
iDVD. -- Alors qu'iTunes fait son entrée sur un marché déjà fort bien achalandé, iDVD est bien seul. Fonctionnant en conjonction avec celui que l'on nomme "SuperDrive", le lecteur/graveur de DVD-R du Power Mac G4 733 MHz à 3 500 US$, iDVD offre une interface simple pour la création d'interfaces graphiques et hiérarchiques pour les films et les images écrites sur DVD ; ces disques peuvent êtres lus sur des lecteurs DVD de salon qui gèrent les DVD-Vidéo, à savoir les plus récents d'entre eux. iDVD est gratuit, mais n'est livré qu'avec les Power Mac G4 équipés ad hoc. (Jobs a d'ailleurs aussitôt présenté DVD Studio Pro, d'une valeur de 1 000 US$, qui se veut le pendant professionnel d'iDVD, tout comme Final Cut Pro l'est à iMovie).
http://www.apple.com/idvd/
http://www.apple.com/dvdstudiopro/
Ce qui est impressionnant avec iDVD, c'est qu'il intègre dans une interface très simple, un ensemble de tâches qui requièrent un certain savoir-faire ou sont difficiles à faire par ordinateur, et les intègre dans une interface réellement simple. Vous utilisez le glisser-déposer pour ajouter des films QuickTime à votre DVD, en sélectionnant une image de chaque film afin d'en faire un onglet. De la même manière, vous pouvez faire glisser des dossiers d'images pour en faire des présentations. Modifier l'image de fond et choisir des polices et des couleurs différentes, peut être aussi simple que de choisir différents thèmes, mais il est aussi facile d'ajouter vos propres images et de choisir des polices et couleurs spécifiques à la place. Puis, une fois que vous avez mis en place le contenu de votre disque entier, iDVD réalise la compression et l'encodage nécessaires pour convertir les fichiers au format requis pour les lecteurs de DVD-Vidéo.
http://www.apple.com/idvd/theater/
Apple annonce une découverte logicielle en réduisant le processus à seulement deux fois le temps de l'enregistrement de la vidéo, au lieu de vingt-cinq fois ( une heure de vidéo, est encodée en deux heures, plutôt qu'en vingt-cinq) ; cependant, je n'ai pas pu vérifier la véracité de cette découverte annoncée. L'autre annonce de Jobs, que le matériel et le logiciel nécessaires pour créer des DVD qui seraient lisibles dans des lecteurs de DVD de salon coûte environ 5 000 US$, met en plein dans le mille. Inutile de vous dire que partir de la combinaison de périphériques et d'un programme qui coûte 5 000 US$ pour intégrer ces capacités dans le Mac le plus rapide qui soit disponible (le Power Mac G4 733 MHz) et vendre le tout 3 500 US$ est du beau travail. De plus, Apple vend des DVD-R vierges à 10 US$ l'unité, ce qui est beaucoup moins cher que le coût actuel de ces disques (30 US$ à 40 US$).
Penser numérique. -- J'en pense quoi de cette nouvelle orientation d'Apple ? Elle est séduisante, c'est le moins qu'on puisse dire, notamment parcequ'elle signifie une reconnaissance de la réalité de la part d'Apple. La société de Cupertino est connue pour avoir souvent, dans le passé, repoussé les frontières technologiques afin de proposer des nouveaux outils, par exemple avec le logiciel iMovie. Mais trop souvent elle a tenté de répondre à un besoin de demain, plutot que de se concentrer sur les besoins quotidiens de ses utilisateurs. Aujourd'hui de plus en plus de personnes vivent déjà dans "l'Ere du Tout Numérique" et si Apple se concentre sur les besoins de ce marché, elle peut sortir des outils qui amélioreront notre quotidien de multiples façons.
Ces dernières années, dans mes articles TidBITS, je me suis souvent fait l'avocat d'une plus grande intégration du Macintosh dans notre quotidien, citant souvent notre "PowerBook de Cuisine" que Tonya et moi avons mis en place : il gère notre planning, nous permet d'aller sur Internet pour, par exemple, passer notre commande sur l'épicerie en ligne et fait office de chaine HI-FI en jouant des MP3 qu'il va chercher sur un serveur situé à la cave et connecté via une carte AirPort à un réseau sans fil. Depuis Mai 2000 je tiens une rubrique dans Macworld.com traitant justement du "mode de vie connecté", c'est à dire l'intégration des outils informatiques et réseau dans notre vie quotidienne. Apple n'est pas le premier à grimper dans ce train et cela fait un bout de temps que nous nous y amusons avec nos joujoux, mais c'est bon de les voir se joindre à nous. J'ai hâte de voir les solutions que Apple va proposer pour améliorer les gadgets électroniques dont notre quotidien est parsemé : appareils photo numériques, téléphones portables et agendas électroniques.
http://www.macworld.com/co lumns/wiredlife/
Certaines des initiatives passées et présentes d'Apple dans ce domaine peuvent paraître de l'ordre du gadget à ceux qui n'en ont pas un usage réel. Nous avons été assez tièdes vis à vis de iMovie dans le passé, et je suis sur que bon nombre de personnes n'ont aucune intention de graver des DVD avec le nouveau logiciel iDVD. Mais, comme le disait Shawn King, animateur de l'émission "The Mac Show" au cours d'une conversation dans les allées de MacWorld, il y a une différence entre ce que les gens achètent et ce qu'ils en font ensuite. Le but d'Apple est de vendre des ordinateurs et des périphériques, et bien qu'ils sont ravis de savoir que nous utilisons ces ordinateurs tout le temps, ce n'est pas un facteur fondamental pour eux. Si la présence du logiciel iMovie est un "plus" qui convainc une personne d'acheter un iMac, Apple est content et n'a cure de savoir combien de films cette personne a ensuite réalisés grâce à iMovie. J'ai fait un petit sondage parmi les cent soixante invités de la "Bouffe des internautes" (Netters Dinner) de cette année (s'il y a bien un lieu où la densité d'infomaniaques au mètre carré est élevée, c'est celui-là) : pas plus de dix ou quinze d'entre eux avaient déjà réalisé un film avec iMovie et une poignée seulement en avait réalisé plus d'un, deux ou trois au maximum. De la même façon, je suis sûr que parmi les nombreuses personnes qui vont acheter le haut de gamme des nouveaux modèles Power Mac G4 équipés d'un graveur DVD-R, quelques unes seulement s'en serviront pour graver un ou deux DVD pour des amis ou la famille, mais cela n'ira guère plus loin ; même si on ne s'en sert pas tous les jours, le logiciel iDVD aura néanmoins contribué au succès des nouveaux modèles et aura donné un coup de pouce aux ventes Apple - c'est tout ce que Apple lui demande pour sa part. Pour résumer, ne perdons pas de vue que - même si les gens ne produisent pas des petits films vidéo numériques à la même cadence avec laquelle ils envoient des courriers électroniques, ce n'est pas pour autant qu'il faut considérer comme futile les efforts d'Apple pour proposer des outils de création vidéo et rejeter l'usage qu'en font certaines personnes comme relevant du domaine du gadget.
Une dernière réflexion avant de vous laisser. Jobs a peut-être raison sur le passage de l'ère de la Productivité à l'ère Internet puis à l'ère du Tout Numérique. Mais bien que les applications bureautiques et les clients internet se soient améliorés et soient devenus plus rapides et simples à utiliser, nous sommes tous confrontés à un temps limité, et nous n'avons pas cessé d'utiliser des traitements de texte et des navigateurs web. Participer à la vie numérique n'est pas obligatoirement sans coût, comme vous avez pu le comprendre en passant des heures à débiter des CD audio en fichiers MP3, acheter un téléphone cellulaire, éditer des pistes video, ou encore essayer de classer une collection de milliers de photographies numériques. Le temps nécessaire pour participer à ces activités digitales doit bien venir de quelque part, et je détesterais voir des activités analogiques telles que la cuisine, l'exercice physique, ou le simple plaisir de la fréquentation des êtres humains être mises de coté. Ou alors Apple nous aidera peut-être à intégrer nos Macs dans ces activités aussi.
Votez. -- Alors qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'Apple est dans le vrai ? Ou bien la société est-elle seulement en train de faire un écran de fumée pour masquer les failles dans sa stratégie et sa gestion qui ont entraîné les récents déplorables résultats financiers ? Envoyez votre vote dans le sondage de cette semaine sur notre page d'accueil, et faites-nous connaître votre avis sur la nouvelle orientation d'Apple dans TidBITS Talk à l'adresse tidbits-talk@tidbits.com.
par Jeff Carlson jeffc@tidbits.com
En dépit de l'exposé de Steve Jobs sur comment découper des CD et brûler des DVD, le moment chaud de sa conférence à MacWorld Expo vint vers la fin lorsqu'il dévoila le PowerBook G4 Titane, un élégant portable qui promet de faire flamboyer vos données, rôtir vos genous et brûler vos poches jsuqu'à y faire un trou.
http://www.apple.com/powerbook/
La rumeur avant l'expo suggérait qu'Apple avait un nouveau portable en chantier, et la question d'avant la conférence devint : serait-ce une réinvention à vous laisser bouche bée jusqu'au sol ou juste une mise à jour accélérée avec des spécifications en progrès ? Faites de la place sur le plancher pour votre mâchoire.
"Montée de fièvre". -- Le PowerBook G4 est probablement plus rapide et plus puissant que ses prédécesseurs. Premier portable Apple à arborer un processeur PowerPC G4, le portable est disponible en deux configurations standard (les deux peuvent être personnalisées sur l'Apple Store) : un modèle à 400 MHz avec 128 Mo de RAM, 10 Go de disque dur et une version à 500 MHz avec 256 Mo de RAM et 20 Go de disque dur (une version avec 30 Go est également disponible). Les deux configurations disposent d'un bus système à 100 MHz, de 1 Mo de cache L2, d'un processeur graphique ATI Rage Mobility 128, d'un port Ethernet 10/100Base-T, d'un lecteur de DVD-ROM capable de jouer des DVD vidéo et des CD audio, d'un modem interne 56K, d'un port infrarouge, d'un emplacement pour une carte Airport optionnelle et d'une batterie aux Lithium-ion fournissant une autonomie de cinq heures.
Le PowerBook dispose de deux ports USB et d'un port FireWire pour les extensions (apparemment il n'y a la place que pour trois ports, ce qui explique pourquoi Apple ne propose qu'un seul port FireWire), un emplacement pour PC Card/CardBus, un minijack stéréo, une sortie vidéo VGA, et une sortie au format S-video. En résumé, tout ce qu'un utilisateur de Mac mobile peut attendre d'un portable moderne.
http://www.apple.com/powerbook/specs.html
"Maigrir différemment". -- Ce ne sont cependant pas nécessairement les spécifications du matériel qui pousseront les ventes du PowerBook G4. La nouvelle machine est construite en titane pratiquement pur, ce métal, résistant mais léger, est utilisé dans les implants chirurgicaux et les moteurs d'avions. De cette façon, le PowerBook brillant et lumineux, rend presque attractive l'apparence en métal brossé de l'interface QuickTim (j'ai dit "presque"). La coque en titane joue aussi un rôle dans le poids très faible du PowerBook G4 : pas plus de 2,5 kg comparé aux 3 kg des PowerBook G3 courant (modèle FireWire). La différence peut paraitre relativement minime mais tous ceux qui voyagent apprécieront cette réduction de charge. Mais vient maintenant le meilleur : le PowerBook G4 Titanium a une épaisseur de un pouce et ceci avec le couvercle fermé. Apple a réalisé des PowerBooks de plus en plus légers et minces depuis l'introduction des PowerBooks G3, mais le G4 donne l'impression que tout le reste est vraiment encombrant.
Par dessus tout, le boîtier est un peu moins profond (9,5 pouces) et plus large (13,5 pouces) que les configurations actuelles. La bonne nouvelle est que le corps plus fin rabaisse le haut de l'écran, ce qui rend son utilisation plus confortable en avion. Oh, et Apple a même changé le logo sur le boîtier pour qu'il soit à l'endroit pour les gens qui vous regardent vous servir d'une si chouette machine - ou lorsqu'on le voit à la télévision.
Comment les ingénieurs d'Apple ont atteint une telle cure d'amaigrissement ? En plus de composants toujours plus réduits, ils ont pris certaines décisions de conception qui misent sur le gain d'espace. Le lecteur DVD, par exemple, est intégré dans la face avant de l'appareil et il n'y a plus de baies d'extension. La batterie est mince et carrée, et se loge au fond d'un compartiment. Le clavier est aussi plus mince, bien qu'il dispose de la même disposition que les PowerBook actuels (y compris la touche Fn, fâcheusement disposée), avec en plus, une touche d'éjection sur la touche F12. Et le loquet du couvercle est un petit fermoir magnétique sur la face avant (malheureusement, le G4 ne dispose pas de l'élégant système de fermeture sans loquet de l'iBook).
L'enfer de l'élargissement.-- Toujours impressionné ? Que dire alors du dernier grand départ du lignage des PowerBook (et je veux vraiment dire grand : l'écran du PowerBook G4 mesure 15,2 pouces dans un format "grand écran" (un rapport de 3/2), ce qui explique que la machine soit plus large. La résolution par défaut est de 1 152 par 768 pixels, même si l'écran peut aussi afficher des résolutions plus classiques (comme 1024 sur 768 pixels) dans un rapport de 4 :3. Les 8 Mo de mémoire vidéo affichent des millions de couleurs sur un écran externe et supporte le mode miroir et un bureau étendu sur plusieurs écrans. Apple prône, par anticipation, la capacité d'utiliser un écran plus large pour mieux éditer la vidéo avec iMovie ou Final Cut Pro, mais je serais heureux d'avoir plus de place pour le nombre envahissant de palettes dans des programmes comme Microsoft Word 2001 et Adobe GoLive 5.
Coefficient de chaleur. -- Toute cette puissance préfigure un autre aspect brûlant du PowerBook G4 : sa température. Les modèles de l'Expo ont été définitivement grillés en dessous, même si on considère qu'ils étaient présentés sur des tables lumineuses. En considérant que la coque de titane doit jouer comme un four, beaucoup de chaleur générée par le processeur G4 est amenée à finir sur vos genoux.
Apple vend la configuration à 400 MHz pour 2 600 US$ et celle à 500 MHz pour 3 500 US$. Bien qu'un peu cher, ces prix sont alignés sur ceux des nouveaux modèles de powerbooks du passé. Pour beaucoup de monde, à l'expo, les discussions et comparaisons se sont concentrés autour de la tentation d'acheter un powerbook G4. Certains y ont même cédé, et ont passé leur commande en ligne auprès de l'AppleStore sur les PowerBook G4 (équipés d'Airport) en exposition au salon.
Reste cependant le principal problème concernant le PowerBook G4 Titane : Apple va-il tenir la cadence pour faire face à la demande ? Jobs a annoncé que les nouvelles machines seraient disponibles en quantité limitée fin janvier. Mais connaissant l'histoire de l'entreprise, et sa propension, à annoncer les produits avant que leur fabrication soit terminée et surtout pour une machine aussi complexe qu'un PowerBook d'une épaisseur de 1 pouce... il sera intéressant de voir comment Apple tient la route. Ceci dit, c'est une gentille pique : ma commande est déjà passée.
by Adam C. Engst ace@tidbits.com
Le coup de maître de Steve Jobs lors de son discours à l'Expo MacWorld de San Francisco la semaine dernière a été de positionner le Mac comme un point central de la vie numérique d'aujourd'hui. Mais les détails qu'il a fournis à propos de MacOS X 1.0 ont été un point au moins aussi important de son intervention.
Jobs a d'abord fait une brève démonstration de quelques-unes des fonctionnalités déjà connues de MacOS X. Il a ensuite montré les modifications qu'Apple y a apportées depuis la version béta publique, suite aux retours des utilisateurs. Il a affirmé, même si j'ai du mal à le croire, qu'Apple avait estimé que seules dix mille personnes achèteraient la version béta et qu'ils n'auraient guère que trois ou quatre mille commentaires en retour. Ces estimations se sont révélées largement incorrectes, puisque en fait plus de cent mille personnes l'ont achetée, et que cela abouti à soixante quinze mille réponses.
Des améliorations notables. -- Sur un ton d'humilité, Jobs a alors démontré quelques-unes des modifications majeures. OS X a maintenant un menu Apple fonctionnel, sur la gauche, au lieu d'un logo inutile au centre de la barre des menus. Celui-ci contient des commandes fréquemment utilisées comme Supendre l'activité, Redémarrer, Éteindre, par exemple. Répondant aux critiques sur le manque de fonctionnalité du Dock, Apple a ajouté des menus contextuels hiérarchiques aux icônes du Dock--un clic prolongé ouvre un menu indiquant la hiérarchie d'un dossier, ou montrant les documents récents d'une application, etc. Quant aux plaintes concernant la taille du menu polices, Apple y répond en le rendant personnalisable de plusieurs façons. Enfin, pour eviter le gaspillage d'espace écran apporté par OS X, la dimension de la barre d'outils des fenêtres du Finder a été réduite, et la barre elle-même est personnalisable et peut même être totalement éliminée. Quand elle est absente, OS X passe de son comportement "tout en une fenêtre" à un style plus habituel, comparable à OS 9, où chaque dossier, à l'ouverture, a sa propre fenêtre.
Bien que tous ces changements mènent dans la bonne direction, et je ne doute pas qu'il y en ait beaucoup d'autres, grâce aux réponses des utilisateurs, j'hésite à tirer des conclusions définitives. Par exemple, le menu Application est resté juste à droite du menu Pomme, et comme il porte le nom de l'application, il modifiera constamment la position des menus Fichier et Éditer situés à sa droite, au détriment de la facilité d'utilisation que la position fixe de ces fonctions courantes favorisait auparavant. Et, bien qu'AppleScript soit présent dans MacOS X, il reste à voir si les utilisateurs pourront "scripter" la gestion de réseau, l'impression et bien d'autres fonctions aussi aisément qu'avec OS 9.
En guise de conclusion. -- Même si nous ne savons toujours pas à quoi va ressembler MacOS X 1.0 nous savons au moins déjà quand il va sortir et à quel prix il sera vendu : le 24 mars 2001 vous pourrez acheter MacOS X 1.0 au prix de 129 US$. Jobs a également annonçé que, à partir du mois de juillet 2001, Apple fournira MacOS X en installation par défaut sur tous les modèles de Macintosh vendus. MacOS 9.x continuera cependant à tourner sur les nouvelles machines pendant encore quelque temps, en cas de pépin vous pourrez donc toujours faire marche arrière et repasser en MacOS 9, peut-être même faire tourner une configuration double, avec les deux Systèmes, comme c'est déjà le cas pour la version beta publique de MacOS X. C'est un détail important car autrement bon nombre d'utilisateurs actuels risquent de remettre à plus tard leurs achats de matériel, dans l'attente d'une compatibilité assurée avec MacOS X. Cela serait notamment le cas des institutions scolaires et des entreprises qui ne voudront pas s'embêter avec des machines en mode multi-OS, ou dont les administrateurs informatiques n'auront pas encore décidé de basculer les utilisateurs sur le nouvel OS.
Jobs a également insisté sur le nombre de développeurs informatiques qui ont manifesté leur soutien à MacOS X ; il serait futile d'entrer dans les détails de cette déclaration par ailleurs invérifiable. En tout cas Apple est persuadée que le nombre de développeurs soutenant MacOS X suivra une courbe ascendante à partir de Mars, culminera en Juillet et se maintiendra jusqu'aux alentours de début 2002. Bien que je pense que les prévisions d'Apple ont des chances de se réaliser, je note nénamoins que bon nombre de développeurs sont mécontents de se voir ainsi forcés la main et quasiment sommés de sortir des versions compatibles MacOS X avant l'heure alors que les spécifications publiées par Apple et les bibliothèques de code sont encore incomplètes ; par exemple la compatibilité des pilotes d'un certain nombre de périphériques avec MacOS X.
La sortie de MacOS X est équivalent à un numéro d'équilibriste pour Apple... mais aujourd'hui Apple ne se contente pas de marcher sur la corde raide, non, elle danse la gige sur la corde au dessus d'un marigot infesté d'alligators et de piranhas. Parmi les gentilles bestioles qui tentent de lui mordiller les mollets, on notera les développeurs de logiciels difficiles à "carboniser" (c'est à dire rendre compatibles) ou dont les logiciels nécessitent des fonctionalités qui ne sont pas encore disponibles dans MacOS X - sans oublier les talibans du Macintosh, fidèles de la première heure, qui craignent de perdre, lors du passage au nouvel OS, une bonne partie de leur investissement matériels et logiciel, sans parler des années d'expérience dans l'utilisation du Mac. Heureusement, sur les rives du marigot, armés de filets de sauvetage, on distingue la masse des nouveaux utilisateurs de MacOS X pour qui la transition ne pose pas de problèmes, Les utilisateurs Unix sont tout excités à l'idée de pouvoir faire tourner sur la même machine des logiciels Unix et des logiciels grand public. Les développeurs de leur coté ont été charmés par les performances de Cocoa, le nouvel environnement de programmation d'applications. Apple nous a habitués aux miracles ces dernières années, il suffit de se souvenir du défi qu'a représenté la transition du 68000 vers le PowerPC. Mais aujourd'hui la tâche est herculéenne. Il va être extrêmement difficile de répondre aux nombreuses attentes de tous les groupes cités plus haut, et ce avant le mois de juillet... ne parlons même pas de la sortie du mois de mars.
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