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TidBITS#602/22-Oct-01

Apple a démarré la semaine avec l'annonce de nouveaux iBook et PowerBook G4 plus puissants et plus flexibles avant de publier ses résultats pour le dernier trimestre fiscal 2001, affichant un coquet bénéfice de 66 millions de US$. Ces bonnes nouvelles n'empêchent pas Adam d'enquèter sur certains problèmes de sécurité informatique dans MacOS X 10.1 tandis que Matt Neuburg se réjouit de la résurrection du vénérable QuickKeys (CE Software) sous MacOS X. Sur une note plus polémique, Dan Kohn s'interroge sur l'avenir des contenus numériques dans un réseau centré sur l'échange de fichiers d'ordinateur à ordinateur ("peer-to-peer"). Dans les sorties de la semaine, on notera celle de BBEdit 6.5.

Sommaire :

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MailBITS/22-Oct-01

Apple annonce 66 millions US$ de bénéfices. -- Apple Computer a dépassé les prévisions des analystes en réalisant un profit de 66 millions US$ (0,18 US$ par action) au quatrième trimestre fiscal, pour un chiffre d'affaire de 1,45 milliard d'US$, en dépit du ralentissement de l'économie américaine et mondiale et des attaques terroristes du 11 septembre. Cependant, Apple a prévenu que le trimestre actuel -- le premier de 2002 -- sera plus difficile : Fred Anderson, le directeur financier d'Apple, a en effet tablé sur un chiffre d'affaire de 1,4 milliard d'US$ et un bénéfice de 0,1 US$ par action, bien que ce trimestre soit habituellement dopé par les fêtes de fin d'année. Quoiqu'il en soit ces prévisions dépasseraient les résultats de l'année dernière à la même époque, quand Apple avait perdu 247 millions d'US$ sans compter les revenus de ses investissements. Durant l'année fiscale 2001, Apple a perdu 25 millions d'US$ pour un chiffre d'affaire de 5,36 milliards d'US$ ; en 2000, Apple avait gagné 786 millions d'US$ pour un chiffre d'affaire de 7,98 milliards d'US$.

http:// www.apple.com/pr/library/2001/oct/17results.html
http:// db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06273

Les fondamentaux d'Apple sont restés relativement solides : pendant ce trimestre l'entreprise a vendu 850 000 Mac (dont 250 000 iBook, pour lesquels les ventes dans l'éducation ont triplé) avec une marge brute de 30,1 %, et dispose de 4,3 milliards d'US$ en cash. Environ 41 % des ventes de ce trimestre viennent de l'international, et Apple garde son objectif de vingt-cinq magasins dans des zones commerciales très fréquentées d'ici fin 2001. Anderson a ajoute qu'Apple ne prévoit pas de licenciements particulièrement nombreux car elle essaie de garder un nombre constant d'employés. [GD]

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06436

"Greppez" mieux avec BBEdit 6.5. -- Bare Bones Software vient de sortir une version majeure de BBEdit, son programme phare d'édition texte HTML. La version 6.5 est maintenant une application unique "Fat Carbon", fonctionnant aussi bien en natif sur MacOS X que sur MacOS 8.6 (avec CarbonLib). Son moteur de recherche interne d'expressions courantes fonctionnait assez bizarrement et n'était pas aux normes. Il a été remplacé par une nouvelle fonction de recherche basée sur une bibliothèque d'expressions régulières compatible Perl (PCRE), intégrant de nouvelles fonctionnalités et répondant aux normes du langage Perl et Unix. BBEdit 6.5 reconnaît enfin le langage des feuilles de style en cascade et la colorisation des éléments de sa syntaxe, une fonctionnalité qu'on attendait depuis longtemps. (La fonction de vérification de la syntaxe HTML diffère encore du standard exigé par le service de validation du W3C, l'organisme qui régit les normes HTML, quoique !). L'intégration à MacOS X est particulièrement impressionnante : on peut maintenant lancer BBEdit depuis l'invite de commande Unix (le résultat d'une commande peut par exemple être redirigé vers BBEdit) et réciproquement BBEdit peut faire fonctionner des scripts Unix, Perl ou Python. BBEdit 6.5 coûte 119 US$, ou 39 US$ pour la mise à jour d'une version précédente (gratuit si vous avez acheté la version 6.1 après le 1er août). il est fourni avec une documentation abondante, et en plus, quelques notes amusantes. Une version d'évaluation au nombre de démarrages limités est disponible sur le site web de Bare Bones. [MAN]

http://www.barebones.com/products/bbedit/
http://validator.w3.org/
http://www.barebones.com/products/bbedit/bbedit-demo.html


Apple accélère les iBook et les Titanium

par Adam C. Engst ace@tidbits.com

La veille de l'annonce de ses résultats trimestriels, Apple a lancé la commercialisation de nouveaux modèles de ses produits-phares, le iBook (Dual USB) et le PowerBook G4 Titanium. (Pour plus de détails, voir "The Incredible Shrinking iBook" dans TidBITS-579, "PowerBook G4 Titanium Burns Bright" in TidBITS-563, et "iBook or TiBook ?" dans TidBITS-583.) Parmi les améliorations de l'iBook on notera une version classique du processeur G3 à 500 MHz doté d'un bus à 66 MHz ou une nouvelle version à 600 MHz qui bénéficie d'un bus à 100 MHz. Pour la mémoire vive, les 128 Mo de mémoire vive deviennent la norme ( mais restent insuffisants, et les prix d'Apple sont toujours au-dessus des prix du marché). Adieu au disque dur de 10 Go qui cède la place à ses camarades mieux dotés de 15, 20, voire 30 Go ; et la nouvelle alimentation carrée promet une plus grande facilité d'usage. Les prix ne varient guère, de 1 300 US$ à 1 700 US$ selon les configurations.

http://www.apple.com/ibook/
http://www.apple.com/powerbook/
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06422
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06269
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06459

Le Titanium reçoit également de nouveaux processeurs : des PowerPC G4 à 550 MHz et 667 MHz avec 256 Ko de mémoire cache de niveau 2 sur la carte mère. Le modèle à 667 MHz bénéficie également d'un bus système à 133 MHz (à comparer avec les 100 MHz du modèle actuel ou de la nouvelle version à 550 MHz ). Pour la partie graphique, le progrès se situe dans l'accélérateur ATI Mobility Radeon et 16 Mo de mémoire DDR qui permettent la lecture DVD sur écran entier. Un CD-RW vient rejoindre le DVD-ROM, la connectique Ethernet Gigabit est livrée en série, tout comme davantage de mémoire vive - sous la forme de modules PC133 RAM qui remplacent les PC100 d'origine - et bien sûr la dernière version de l'adapteur secteur est présente. Apple affirme que l'accès Airport est amélioré, une des déceptions des modèles précédents. Les prix varient de 2 200 US$ à 3 300 US$.

http://www.apple.com/powerb ook/specs.html
http://maccentr al.macworld.com/news/0110/17.apple.php
http://dealram.com/pr ices/systems/11/256MB.html
http://www.ramseeker.com/T itanium133.shtml
http://dev eloper.apple.com/techpubs/hardware/hardware.html

Toutes ces améliorations sont particulièrement bienvenues pour le Titanium, qui avait bien besoin de se démarquer de l'iBook, dont le succès populaire est extraordinaire. Il est moins évident de comprendre pourquoi Apple a choisi cette date pour augmenter les performances de l'iBook, même si on comprend bien que l'iBook sera ainsi encore plus séduisant pour la saison de Noël, et peut-être surtout pour les étudiants qui se rendront compte pendant la premier trimestre qu'il leur en faut absolument un, une idée qui a également dû jouer un rôle dans la récente mise sur le marché des nouveaux iMac d'entrée de gamme.

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06580
http://www.apple.com/imac/

Les failles de la sécurité dans MacOS X 10.1 sont bouchées

par Adam C. Engst ace@tidbits.com

Les grandes améliorations de performance et d'ergonomie de MacOS X 10.1 ont peut-être poussé beaucoup de monde à faire le pas, en délaissant le très fiable MacOS 9, mais il semble clair qu'on ne retrouvera pas un niveau de sécurité équivalent à celui de cette ancienne version. Un certain nombre de problèmes de sécurité, liés aux origines Unixiennes de MacOS X, sont apparus depuis la première version publique, et bien que MacOS X 10.1 en ait corrigé certains, trois nouveaux problèmes sont apparus récemment. Un problème concerne Internet Explorer 5.1, un autre WebDAV et iDisk et enfin le troisième problème permettait à n'importe quelle application d'avoir toutes les autorisations (compte root). Une fois n'est pas coutume, Apple a réagi rapidement en publiant une rustine pour le problème avec Internet Explorer dans les jours qui ont suivi, et des correctifs pour les problèmes avec Internet Explorer et l'accès root le 19 octobre 2001. Soit moins de trois semaine après la sortie de MacOS X 10.1.

C'est positif, mais il y a encore quelques problèmes à régler dans l'approche d'Apple concernant la gestion des problèmes de sécurité. Après la sortie de MacOS X 10.0, Apple est resté silencieux pendant quelque temps alors que certains (dont TidBITS) ont alerté Apple à propos de trous de sécurité, puis Apple a créé une liste de diffusion dédiée à la sécurité et quelques pages Web, dont une listant les mises à jour de sécurité pour MacOS X. Malheureusement, la liste de diffusion n'a été utilisée qu'une fois depuis sa création durant le mois de mai 2001, et cela pour dire aux abonnés de se rendre sur les pages Web des mises à jour de sécurité. Pire encore, la page n'a pas été actualisée pour prendre en compte les correctifs du 19 octobre 2001. Même si elle n'est pas tout à fait à jour, cela vaut la peine de se rendre régulièrement sur cette page pour prendre connaissance des problèmes de sécurité qu'Apple a identifiés et corrigés.

http://www.apple.com/support/security/
http://www.apple.com/support/security/security_updates.html

Voyons en détails quels sont ces trois problèmes qu'on vient de découvrir, notamment ce problème à peine croyable lié à WebDAV et iDisk.

Devenez superutilisateur sur MacOS X. -- Bien qu'on pense souvent que les pirates prennent le contrôle des machines à travers Internet, certains utilisateurs peuvent commencer à s'inquiéter des prises de contrôle locales étant donné les racines Unix de MacOS X et surtout ses capacités multi-utilisateur. Les version précédentes de MacOS permettaient à tous ceux qui s'asseyaient devant un Mac d'accéder à ses données, à moins qu'il ne soit protégé par un programme dédié (ou dans MacOS 9 par le cryptage intégré des fichiers). L'ancienne option "Utilisateurs Multiples" servait tout juste à empêcher les enfants de fouiner dans les fichiers mais ne risquait pas d'empêcher une personne motivée de passer à travers. Toutefois, avec MacOS X on pouvait s'attendre à plus de sécurité. Il était donc quelque peu troublant de s'apercevoir qu'on pouvait utiliser le compte super-utilisateur avec une facilité enfantine lorsqu'on avait accès à la machine, et ceci même si ce compte n'avait jamais été activé. Il suffisait pour cela de lancer n'importe laquelle des applications qui ont les privilèges du super-utilisateur (par exemple NetInfo Manager, Disk Utility ou Print Center) et ensuite de lancer n'importe quel programme du menu Apple "Recent Items" (ou depuis n'importe où dans le menu Apple). Apple a résolu le problème avec le "Security Update 10-19-01" disponible depuis le tableau de bord Mise à jour logiciels (choisissez A propos de ce Macintosh dans le menu Apple et cliquez sur "Version 10.1". Si "Version 10.1" est remplacé par "Build 5L14", vous avez déjà cette mise à jour). Si ça vous intéresse, vous pouvez jeter un coup d'oeil sur les explications détaillées de ce problème chez Stepwise.com.

http://www.stepwise.com/Articles/Admin/2001-10-15.01.html

Pourquoi cela serait-il important ? D'un point de vue unixien, l'accès en "root" est crucial puisqu'il donne à n'importe qui le contrôle complet d'une machine en dépit de toute restriction par ailleurs. Mais du point de vue d'un utilisateur Mac normal, qui en général est plutôt un simple utilisateur et a paramétré son accès en conséquence, les trous de sécurités ne sont pas véritablement un problème. Je suis bien moins effrayé par quelqu'un qui entrerait en "root" dans mon iBook que par le fait de me le faire voler tout court, ce qui est bien plus probable dans l'absolu. Pour être honnête, la découverte de ce haut-fait aide aussi à prendre conscience des risques encourus avec les logiciels de prise de contrôle à distance comme Timbuktu Pro de Netopia mais aussi divers serveurs et clients VNC.

http://www.netopia. com/software/products/tb2/mac/
http://www.osxvnc.com/
http://www.webthing.net/vncthing/

Pour avoir une vue encore plus précise, souvenez-vous que n'importe qui peut redémarrer un Mac sous OS X à l'aide du CD d'installation ou d'une copie de MacOS 9 qui serait installée en local. Cela fait, cette personne aurait l'entier contrôle de la machine puisque MacOS 9 ne reconnait pas, ou ne tient pas compte, des permissions sur les fichiers OS X des disques locaux. Apple travaille à mieux sécuriser Open Firmware pour boucher ces trous de sécurité, mais les restrictions Open Firmware peuvent quand même être outrepassées si on le remet à zéro ou bien si l'on transplante le disque dur sur une autre machine. Ainsi, il vaut mieux prendre le haut-fait de ce "root" local comme un pense-bête rappelant que n'importe qui ayant un accès physique à une machine a potentiellement le contrôle entier sur celle-ci, en dépit de tout logiciel de sécurité, hormis le cryptage au niveau du Systeme.

Éxécution automatique sous Internet Explorer 5.1. -- Par défaut, Microsoft Internet Explorer 5.1 est réglé pour décoder systématiquement les fichiers MacBinary et BinHex pendant leur téléchargement. Cela n'est pas nouveau, et ce n'est pas inquiétant du point de vue de la sécurité. Sous MacOS X 10.1, pourtant - et on ne sait pas pourquoi - Internet Explorer 5.1 lançait au moins un petit nombre d'applications qui étaient encodés en MacBinary ou BinHex sans être compressés par StuffIt aussi. Avec une application normale, cela ne poserait pas un problème, mais si quelqu'un avait posté un cheval de Troie - une application malicieuse qui passe pour un programme valide - il pourrait y avoir des dégâts. On ne sait pas exactement quelles sortes d'applications (Classic, Carbon, Cocoa, etc.) étaient lancés automatiquement ou pourquoi elles l'étaient, mais la question n'est peut-être plus pertinente puisque le panneau Préférences "mises à jour de logiciels" incite désormais à installer Internet Explorer 5.1.3. Si, pour une raison ou une autre, vous ne pouvez pas faire la mise à jour tout de suite, il est facile de contourner le problème. Dans le panneau "Options téléchargements" de la fenêtre "Préférences" de Internet Explorer, désactivez "Décodage automatique des fichiers MacBinary" et "Décodage automatique des fichiers BinHex." Changer ces paramètres n'entraînera aucun problème de fonctionnement ; cela ne fait que refiler le travail de décodage à StuffIt Expander plutôt que de le faire faire par Internet Explorer.

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=1490
http://docs.info.apple.com/article.html?artnum=106503

iDisk via WebDAV une faille dans la sécurité. -- Une des nouvelles fonctionnalités de MacOS X 10.1, est la possibilité d'accéder à son disque réseau iDisk via WebDAV plutôt que par AFP. Malheureusement,ainsi que l'a signalé Alan Oppenheimer de la société Open Door Networks, le mot de passe envoyé pas WebDAV sur Internet n'est pas crypté. Ce qui est, bien entendu, contraire aux spécifications WebDAV et aux règles de sécurité les plus élémentaires. Quiconque utilise votre connexion Internet peut donc utiliser votre mot de passe, se connecter à iDisk ou votre compte Email chez mac.com (nombre d'internautes utilisent toujours le même mot de passe, la sécurité de certains services pourrait être ainsi compromise). AFP, quand à lui, demeure sécurisé, pour accéder à votre iDisk vous devez sélectionner l'élément "connecter au serveur" du menu "aller à" et ensuite taper "afp ://idisk.mac.com" (vous pouvez alors créer un alias de votre iDisk et l'ajouter à vos favoris). Notez bien que les mots de passe envoyés par FTP ne sont pas cryptés, à bon entendeur.... Si vous devez utiliser FTP ou iDisk via WebDAV, il est judicieux de ne pas utiliser le même mot de passe pour différents services. D'autres logiciels FTP pour MacOS X existent, comme Interarchy 5.0.1 ou RBrowser, les deux utilisent l'encryptage SSH (en standard depuis MacOS X 10.0.4), assurant ainsi des connexions sécurisées.

http://www.opendoor.com/maco sxalert.html
http://asg.web.cmu.e du/rfc/rfc2518.html#sec-17.1
http://www.interarchy.com/
http://www.rbrowser.com/

À ce jour et bien qu'Apple l'ai référencé, ce problème de sécurité n'est toujours pas résolu (dernière mise à jour de WebDAV 10-19-01).TidBITS signalait déjà que la nouvelle implémentation de WebDav sur MacOS X 10.1 ne supporterai que les authentifications basiques, ce qui prive WebDav d'un de ses principaux avantages sur FTP.

http://db.tidbits.com /getbits.acgi?tlkmsg=11678

En conclusion, nous vous recommandons vivement de vérifier régulièrement les mises à jour disponible sur le site d'Apple, puisque c'est certainement le moyen le plus rapide de les obtenir. Si vous voulez en savoir plus, un rapport sur la sécurité dans MacOS X de Roland Miller est à votre disposition (bien qu'écrit pour MacOS 10.0, il reste valide dans les grandes lignes pour la version MacOS 10.1)

http://www.sans.org/infosecFAQ/mac/OSX_sec.htm


QuicKeys X : le retour des petits lutins serviables

by Matt Neuburg matt@tidbits.com

Depuis la sortie de MacOS X 10.1, je suis presque devenu un utilisateur exclusif de MacOS X, ce qui m'oblige à modifier certaines de mes vieilles habitudes de travail. Une des raisons pour cela est que certaines des mes habitudes de travail s'appuient sur des utilitaires non Apple qui n'ont pas encore fait la transition vers MacOS X - et, pour certains, j'ai bien peur qu'ils ne la feront jamais. Après tout les entrailles de MacOS X sont totalement différentes des versions antérieures et les développeurs doivent repenser totalement leur façon de bidouiller afin d'ajouter des nouvelles fonctionalités à MacOS X. Mais ne sous-estimons pas l'ingéniosité des développeurs Macintosh et attendons nous à les voir repousser toujours plus loin les limites du possible en maitère de bidouille.

Dès la sortie de la première version de MacOS X je me suis tout particulièrement inquiété de l'avenir des utilitaires de création de macro-commandes, ces esprits serviables qui vivent et agissent de façon invisible dans votre ordinateur, exécutant des tâches comme si un utilisateur en chair et en os était entrain de taper au clavier ou manipulait la souris... allaient ils survivre dans le nouvel écosystème créé par MacOS X ? C'est donc avec un soulagement certain que j'ai découvert que CE Software, le créateur de l'indispensable créateur de macros QuicKeys avait fait comme moi le voyage au Pays des Merveilles - malheureusement, à l'instar de la petite Alice, il lui a fallu rétrécir pour réussir à passer la porte du pays merveilleux d'OS X.

http://www.cesoft.com/products/qkx.html
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbser=1044

Dans MacOS X, QuicKeys est une application ordinaire qui doit être exécutée pour que vous puissiez déclencher un raccourci, si bien que vous en ferez probablement un article de démarrage au moyen du panneau de préférences "Ouverture de session". Comme il s'agit d'une application ordinaire, QuicKeys X a désormais des fenêtres et menus ordinaires, ce qui veut dire que son interface est bien meilleure. Ont disparu les calques impénétrables de dialogues modals. En fait, CE a fait ressembler merveilleusement bienles fenêtres de QuicKeys à celles de MacOS X, avec un usage de tiroirs splendide, des barres d'outils personnalisables, et le glisser-déposer. C'est si facile et intuitif que vous n'aurez probablement pas à lire le manuel. Toutefois, il n'y a pas encore de liste simple de tous vos déclenchements, et il n'y a pas moyen de savoir dans quelles séquences ou palettes flottantes une action est utilisée ; ce sont des problèmes que j'ai souligné pendant des années, et on aurait bien aimé voir CE profiter de cette opportunité pour s'y attaquer.

http://db.tidbits.com/g etbits.acgi?tbser=1044

Une action QuicKeys peut entraîner des déclenchements divers, et ils peuvent être universels ou limités à une application particulière qui se trouve au premier plan. Les déclenchements possibles pour une action sont : une combinaison du clavier ou une séquence de combinaisons du clavier ; un temps absolu, un intervalle de temps après le démarrage, ou un intervalle de temps répété ; cliquer dans une palette flottante QuicKeys ; ou choisir depuis le menu de QuicKeys (à l'extrémité droite de la barre de menu ou dans le Dock).

L'étroite palette d'actions disponibles suggère que les limitations sont imposées à QuicKeys par MacOS X. QuicKeys X peut assurer la frappe ; il peut déplacer et cliquer la souris ; il peut mettre l'ordinateur en sommeil ou l'éteindre ; il peut envoyer une commande au shell Unix. ces actions-là sont inestimables. Les autres choses que peut faire QuicKeys peuvent être obtenues d'autres manières et sont notablement moins intéressantes, bien que l'on puisse perfectionner des séquences d'actions. QuicKeys peut ouvrir un fichier ou un dossier, lancer un AppleScript, passer d'une application à l'autre, ouvrir une URL, changer la présentation d'un dossier, et naviguer entre les dossiers dans la fenêtre de dialogue d'ouverture et d'enregistrement.

Mais QuicKeys ne peut plus cliquer sur des boutons ou choisir des éléments de menu, parcourir ou changer la fenêtre, choisir des éléments de menus par noms, naviguer entre ou dans les fenêtres, accéder au presse-papiers, ou envoyer un simple Apple Event. QuicKeys X est maintenant également incapable de citer ou de voir et citer l'écran, et donc ne peut pas prendre de décisions basés sur l'état de certaines fenêtres étant le plus souvent à l'avant-plan ou permettre la validation de certains éléments de menu. La scriptabilité de QuicKeys est aussi grandement restreinte ; basiquement, il peut lancer une action que vous avez préalablement créée et nommée et c'est tout.

QuicKeys X est une sortie bienvenue et plaisante, et j'en fais déjà bon usage. J'ai stocké quelque phrases bateau à taper dans n'importe quelle application, et j'ai rendu certains éléments de menu accessibles au travers de raccourcis clavier (bien que ceux-ci soient lents et non fiables, parce qu'au lieu de choisir l'élement de menu directement, QuicKeys doit déplacer le curseur jusqu'à l'emplacement de l'élément). Mais QuicKeys ne représente qu'un aspect de mon sac à malices.

Je ne veux pas paraître exagérément négatif à propos de QuicKeys X - il ne présente pas encore toutes les fonctions qu'il comportait sous MacOS 9, mais c'est principalement une version 1.0 parce que tout ce qu'il savait faire dans le passé a changé avec MacOS X. De la même façon qu'il nous faut du temps pour apprendre les nouveaux moyens d'interagir avec MacOS X, il en faut aussi à Apple pour exposer les entrailles de MacOS X avec la profondeur nécessaire aux ingénieurs de CE pour leur permettre d'écrire un outil appelé à devenir un utilitaire majeur. CE a annoncé qu'ils étendraient dans le futur les capacités de QuicKeys X ; nous leur souhaitons bonne chance pour découvrir tous les secrets de l'automatisation du fonctionnement interne de MacOS X.

CE doit avancer rapidement car un certain nombre de petits utilitaires sont annoncés pour MacOS X qui reprennent certaines caractéristiques de QuicKeys X. La saisie de texte par les applications peuvent être manipulées par le logiciel "Typist" de Selznick Scientific Software ou par "Keyboard Maestro" de Michael Kamprath. Des programmes tels que "DragThing", "LaunchBar" et "Drop Drawers" de Sig Software offrent des possibilités d'ouverture et de commutation entre applications et de lancement de scripts Applescript. Et je suis certain que bien d'autres utilitaires que je n'ai pas encore découverts sont en train de grignoter les autres fonctions de Quickeys X.

http://www.selznick.com/products/typist/
http://www.keyboardmaestro.com/
http://www.obdev.at/products/launchbar/
http://www.dragthing.com/
http://www.sigsoftware.com/dropdrawers/

QuicKeys X coûte 60 US$, et une version de démonstration valable 30 jours est disponible en téléchargement.


Plagiez-moi : Les contenu sont des biens publics

par Dan Kohn

Plagiez cet article ! Ou bien "Pourquoi l'article que vous allez lire est représentatif du futur de toute la publication". Je vous mets sur la voie : je ne suis pas payé pour l'écrire.

"La liberté de la presse appartient à ceux qui en possèdent une." - A.J. Liebling

Si vous, ou quiconque de vos connaissances avez jamais produit ou envisagez de produire du contenu (écriture, musique, vidéo, etc.) et espérez être payé pour le faire, vous devriez vous faire des soucis.

Pour voir pourquoi, commencez par télécharger (gratuitement, bien sûr), l'un des nombreux systèmes d'échanges de fichiers poste à poste ("peer-to-peer") tel que Aimster, LimeWire, ou eDonkey2000 qui a émergé tel une hydre pour prendre la place de Napster, dont la tête a été coupée ce printemps par l'Association Américaine de l'Industrie du Disque (la RIAA, "Recording Industry Association of America").Vous allez découvrir que non seulement la même sélection de morceaux de musique MP3 qui était sur Napster est disponible gratuitement, mais encore qu'elle est accompagnée de films de plus en plus nombreux (directement "extraits" de DVD), et d'à peu près toutes les formes de contenus, des écrits shakespeariens aux textes pornographiques réservés aux adultes

http://www.aimster.com/
http://www.limewire.com/
http://www.edonkey2000.com/
http://www.napster.com/
http://db.tidbits.com/g etbits.acgi?tbser=1206

`

Ce que vous ne trouverez pas - même si vous êtes le RIAA - c'est quelqu'un à poursuivre en justice. Parce que contrairement au cas Napster, il n'y a pas de société centrale gérant l'infrastructure logicielle, pas de serveurs à confisquer, pas d'administrateur système à qui remettre une mise en demeure. La prochaine génération des clients poste à poste ne s'appuie sur aucune infrastructure centrale et est développée que par une horde anonyme de développeurs éparpillés autour du monde, tous offrant leurs efforts significatifs sans avoir de réels espoirs d'être payés en retour. Tous ces développeurs sont des hommes - ou des adolescents mâles - et bien qu'ils ne suivent pas les voies traditionnelles du prestige social, ils sont au moins aussi compétitifs que les athlètes ou entrepreneurs rivaux. La plupart distribue leurs logiciels en mode "open source", de façon à ce que n'importe qui puisse en repérer et réparer les bogues ou améliorer les fonctionnalités. En conclusion, les efforts de la RIAA ne sont guère plus qu'une application de maquillage sur le cadavre déjà froid de l'industrie musicale telle que nous la connaissions. En effet, le "peer to peer" annonce une révolution majeure dans la façon dont tout contenu futur sera créé et distribué. Et une telle révolution fait naître de sérieuses questions sur la façon dont les créateurs de contenus (tel que l'auteur de cet essai) seront rétribués pour leur travail à l'avenir.

Lisez une petite douzaine d'articles d'analystes des meilleures technologies, et vous en trouverez difficilement un qui ne déclare tout essouflé que telle ou telle nouvelle technologie représente une lame de fond, un point d'inflexion, quand ce n'est pas carrément la "fin de l'histoire". En fait, même lorsque le pourcentage d'accroissement d'Internet était assez élevé, d'autres technologies comme la radio et le gaz de ville avaient été adoptées beaucoup plus vite. C'est donc, peut-être, que toute la publicité environnant la duplication numérique et la distribution des contenus de poste à poste sous-estime vraiment leur impact sur les auteurs et éditeurs de musique, de films et de travaux écrits.

Posé simplement, dans un monde où il n'y a quasiment aucun coût de duplication de contenu et où il est impossible d'arrêter, de manière efficace, quiconque le faisant à volonté, le modèle économique actuel qui régit les fondements de la création de contenu va mourir. Malgré les protestations des avocats, de (certains) groupes de rock, et malgré les législations (tous, étrangement, du même côté, celui des perdants), nous entrons quand même dans ce nouveau monde.

Si, comme le suggère ce point de vue déterministe sur les technologies, le contenu est destiné à être libre - i.e., les créateurs et éditeurs de contenu ne seront pas directement compensés comme il le sont aujourd'hui lorsque vous achetez une oeuvre chez votre revendeur de CD local - alors la vraie question est "quel système va pouvoir remplacer le système actuel de compensation pour le contenu qui a bien fonctionné ces trois cents dernières années ?"

Cependant, user de modèles de revenus pour des biens indéfiniment redistribuables n'est pas une question entièrement nouvelle, et il y a plusieurs modèles économiques qui peuvent gérer la création de contenus. Une chose par contre est certaine il n'y aura pas assez de revenus pour pouvoir faire vivre les éditeurs et les auteurs, ce qui aide à comprendre pourquoi le RIAA est si active dans ses efforts pour contrarier la distribution numérique. Lorsqu'un écosystème subit de sévères changements environnementaux, certains organismes qui étaient auparavant essentiels - tels que la cyanobactérie qui transformait originellement le dioxide de carbn en oxygène, ou les agents commerciaux des maisons de disques - seront forçés de se replier vers des niches écologiques.

Les économistes ont tout un vocabulaire pour désigner un bien numérique. Un tel bien sera "non conflictuel" quand nous pourrons tous en faire usage sans qu'aucun d'entre nous soit lésé. Ainsi, si je copie votre CD, cela n'a aucune influence sur vous (non conflictuel). Au contraire, si je vole votre voiture, vous serez certainement furax (conflictuel). Un bien peut également être "non exclusif" quand, lorsqu'une personne peut en faire usage, il devient impossible d'empêcher d'autres d'en faire également usage. Par exemple, il est inimaginable d'interdire l'arrivée de nouveaux téléspectateurs sur une chaîne de télévision à diffusion publique (NdT : vous avez payé votre redevance ?), alors qu'il est assez facile d'empêcher l'entrée de spectateurs supplémentaires dans une salle de spectacle. Les économistes qualifient de non conflictuel et non exclusif les "biens purement publics," même si ce terme ne signifie pas que le gouvernement est le seul à pouvoir le distribuer.

Les phares côtiers sont un exemple classique de biens purement publics. Ils sont non exclusifs car le fait d'accroitre le nombre de bateaux qui s'en servent pour leur orientation ne réduit en rien la lumière disponible pour les autres. Il y a eu quelques cas en Nouvelle-Angleterre, il y a deux siècles, où des sociétés d'armateurs construisirent des phares privés. Mais même dans ce cas, leurs services ne pouvaient être refusés aux non-membres. La grande majorité de la recherche médicale, et presque toute la recherche scientifique fondamentale moderne est purement publique. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle est souvent financée, même si c'est indirectement, par le gouvernement. D'autres cas d'école de biens purement publics sont la défense nationale, la défense contre les moustiques, et la radiodiffusion publique. Dans chacun des ces cas, le coût de distribution à un consommateur est le même qu'à un nombre important de consommateurs (non conflictuel) ; et il est presque impossible d'empêcher qui que ce soit de faire usage de ce bien (non-exclusivité). Le tableau ci-dessous vous donne quelques exemples.

                  | exclusif          | non exclusif
  ----------------+-------------------+--------------------------------
  conflictuel     | voiture, baladeur | droits de pêche sans contrôle
  ----------------+-------------------+--------------------------------
  non conflictuel | cinéma, spectacle | phares, défense nationale,
                  | en salle close    | défense contre les moustiques

Si le contenu devient un bien public pur, cela nécessitera une révision radicale des plaintes déposées par l'industrie du disque qui défendait l'idée que copier du contenu c'était voler. Nous, en tant que société réagissont différemment sur le non paiement des biens rivaux utilisés par opposition aux biens non rivaux. Pensez à la punition infligée, par exemple, à ceux qui volent des voitures par opposition à ceux qui écoutent la radio publique sans acquitter les redevances nécessaires. Bien sûr, pour évaluer si un bien est rival, ou non, nous ne pouvons pas nous contenter de constater que les gens paient ou non pour ce bien. Demandez à Microsoft : le coût pour vendre une copie d'Office est à peu près le même que pour vendre 100 millions de copies (bien non rival), mais Microsoft a utilisé des tactiques de renseignements et de colossales pénalités pour rendre leur logiciel exclusif, au moins pour les entreprises.)

Les juristes qui répresentent l'industrie du film et du disque sont bien au fait des menaces qui pèsent sur leurs modèles économiques, ils pensent qu'ils ont déjà trouvé la solution : le chiffrement. L'encryptage représente le dernier et meilleur espoir, de l'industrie du disque, pour conserver leur exclusivité aux produits. Pourquoi ils se trompent et pourquoi le chiffrement est promis à l'échec sera abordé dans un prochain article.

[Dan Kohn est associé à Skymoon Ventures. Ses textes sont annoncés par dankohn-subscribe@yahoogroups.com et peuvent être commentés là  : dankohn-discuss-subscribe@yahoogroups.com.]

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