À votre avis, que se passe-t-il quand vous réunissez quelques centaines d'utilisateurs Mac et Unix dans un même lieu ? Et bien, à ce propos lisez-donc ce qu'a rapporté Adam de sa participation à la conférence O'Reilly dédiée à Mac OS X qui s'est tenue la semaine dernière à Santa Clara. En bonus du reportage sur cet événement, Adam se permet d'évaluer et de noter Mac OS X dans plusieurs catégories. Etes-vous d'accord avec lui ? Participez donc à notre sondage de la semaine pour enregistrer votre propre évaluation ! Enfin, ceux qui ont déjà acheté le Guide QuickStart d'Adam sur iPhoto 1.1 peuvent maintenant le télécharger intégralement et gratuitement au format pdf.
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par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>
La semaine dernière s'est tenue la conférence O'Reilly sur Mac OS X. Ce fut un événement majeur où les lumières des mondes Mac et Unix ont éclairé, sous le patronnage d'Apple, la compréhension de plusieurs centaines de participants. J'y ai passé trois jours à écouter les conférences, à rencontrer les orateurs et les participants, à parcourir la petite salle des exposants et à donner plusieurs conférences. Ce fut une expérience à la fois amusante et enrichissante, même si elle fut un peu ternie par quelques défauts d'organisation.
<http://conferences.orei
llynet.com/macosx2002/>
<http://www.macdevcenter.com/
mac/osx2002/>
Les participants -- Ce serait sans doute exagéré de qualifier les participants d'accros de la version alpha (alpha geeks), pour reprendre la formule inventée par Tim O'Reilly. Bien sûr, il y avait là un certain nombre des participants aux conférences MacHack, et un bon nombre des conférenciers avaient le profil de l'utilisateur avancé du Mac. Mais j'ai aussi eu l'impression que certains des présents étaient simplement curieux de Mac OS X alors qu'ils utilisaient encore d'autres variantes d'Unix. La plupart des gens se situaient quelque part entre ces deux extrêmes. Le deuxième jour, quand Tim O'Reilly a fait un petit sondage dans le public, a peu près 75 % des participants ont levé la main à la question "Avez-vous déjà utilisé Unix avant Mac OS X ?". D'un autre côté, à la question inverse "Avez-vous déjà utilisé Mac OS avant Mac OS X ?", le pourcentage fût a peu près le même. De là où j'étais, il m'a semblé que c'étaient les mêmes personnes qui levaient la main. Un bon résumé de la situation a été donné par un participant : "J'ai utilisé Unix au boulot et Mac à la maison". Quatre personnes sur cinq ont déclaré avoir utilisé NeXT - ça m'a fait plaisir de voir un tel pourcentage d'utilisateurs de NeXT présents à cette conférence.
Les connaissances techniques de l'assistance étaient vraiment top niveau - bien plus que celles des participants d'une Macworld Expo par exemple, et j'ai vraiment été frappé par le bagage technique de ces personnes sorties du monde Unix pour entrer dans celui de Mac OS X. Ils ont sincèrement apprécié Mac OS X, mais les diverses fenêtres ouvertes sur leurs écrans étaient surtout des fenêtres du Terminal et non du Finder ou d'autres applications. Et ce n'est pas surprenant ; je crois qu'on peut dire que toutes ces personnes qui s'identifient comme des utilisateurs Unix sont généralement administrateurs de réseaux, programmeurs, scientifiques etc. - tous ceux qui utilisent Unix pour sa puissance et sa souplesse, et pour lesquels les logiciels développés sur Mac OS X représentent une complémentarité et non une substitution.
Bizarrement, leurs ordinateurs portables étaient décorés de nombreux auto-collants, ce qui est plutôt rare chez les utilisateurs Macintosh. Je pense qu'il essayaient de couvrir les logos, comme s'ils ne voulaient pas faire de publicité aux vendeurs de PC dont les ordinateurs aux processeurs Intel tournent plutôt sous Windows, mais pas sous Unix, alors que les utilisateurs traditionnels Macintosh ne sont pas dérangés par la pub pour Macintosh.
Keynotes et sessions -- Malgré le petit nombre d'exposants présents durant ces deux jours, la conférence a démarré par une journée d'apprentissage un peu longuette avant de se concentrer sur de nombreuses sessions introduites chaque jour par une keynote.
Non sans à propos pour la première conférence consacrée à Mac OS X, les différentes keynotes ont essentiellement permis de rappeler l'histoire et le contexte général. Le premier jour, nous avons eu droit à un bref exposé de Tim O'Reilly sur les changements fondamentaux et les raisons qui lui font aimer Mac OS X. Puis David Pogue nous a rondement conté une histoire amusante du Macintosh s'achevant sur des prédictions quelque peu optimistes. Jordan Hubbard d'Apple a introduit la seconde journée par une histoire d'Unix qu'il a conclu en montrant que Mac OS X était la meilleure chance pour Unix de reconquérir une place sur le bureau. Puis Jordan, Tim O'Reilly, l'éditeur Derrick Story et moi-même avons participé à une table ronde sur la convergence des univers du Macintosh et d'Unix. Le troisième jour, Wilfredo Sanchez Vega, qui a travaillé aussi chez Apple, a fait un exposé sur les origines du projet Darwin.
Même si s'assurer que les utilisateurs Unix présents connaissaient l'histoire du Macintosh, et vice versa, avait un sens sur le plan de la rhétorique, c'était quand même un petit peu artificiel. Après tout, la plupart des personnes assistant aux conférences O'Reilly sont dans l'informatique depuis assez longtemps pour connaître cette histoire dans les grandes lignes. Le salut vint des présentateurs - David Pogue reste l'un des meilleurs "acteur" du monde Mac (il montra un film hilarant, non officiel, du groupe Newton dressant, après qu'Apple ait abandonné le projet, des modems Newton en rang pour les faire tomber comme des dominos), et écouter l'histoire du Mac racontée par quelqu'un comme Jordan Hubbard, qui l'a vécue de l'intérieur, la rendit vivante au point qu'il n'en aurait pas pu être mieux autrement.
O'Reilly divisa les sessions en 9 modules : Mac OS X en général, programmation, multimédia/i-applications, Unix, interface utilisateur, serveurs et administration de réseaux, matériel, sujets émergeants, produits et services. Cette diversité se révéla quelque peu frustrante, car plus d'une fois, des présentations auxquelles j'aurais voulu assister se sont avérées avoir lieu en même temps. Diversité qui confina aussi, parfois, à la dispersion.
Cela étant dit, la plupart des sessions auxquelles j'ai assisté furent excellentes, surtout celles de Stuart Cheshire sur le logiciel Rendezvous et la conférence de Matt Neuburg sur l'automatisation de Mac OS X. Dans le genre moins réussi, il y a eu deux sessions qui semblaient porter sur l'amélioration de la prise en main de Mac OS X. La première a souffert de difficultés matérielles liées au projecteur, et les deux sessions se sont enlisées finalement dans des considérations sur la ligne de commande Unix et sur quelques astuces. Difficile de mieux pointer la différence entre les utilisateurs Mac et Unix - impossible de vous dire à quel point je me suis ennuyé en écoutant quelqu'un expliquer une commande du shell d'Unix en quatre lignes tout en essayant d'apercevoir du fond de la salle une fenêtre de terminal Unix dans laquelle apparaissait du texte minuscule. Unix en démonstration, c'est épouvantable ! Cependant, à en croire la réaction des gens autour de moi, il est clair que ceux qui sont familiers du portage d'Unix dans Mac OS X ont été fascinés par les petits trucs Unix. O'Reilly vous aurait sans doute mieux parlé de ces sessions que moi.
Ce qui est encore plus dommage, c'est que comme chaque intervenant n'avait que 45 minutes pour intervenir, c'était tout bonnement trop court. Sans pratiquement aucune exception, tous les intervenants à qui je me suis adressé m'ont dit leur frustration de devoir survoler certains sujets, et de ne pas avoir suffisamment de temps pour répondre aux questions. Trop souvent, ils ont eu l'impression de devoir transformer en aperçu ce qui aurait du être une étude en profondeur. Je suppose qu'O'Reilly a tout simplement voulu coincer trop d'intervenants dans un laps de temps trop court. Moins de conférences aurait réduit la variété des sujets couverts, mais à mon avis, la qualité d'ensemble en aurait été améliorée.
La communauté du sans fil -- Pour moi, le point fort de la conférence était en phase avec les personnes présentes. La mezzanine de l'hôtel disposait de tables, de chaises, et les indispensables plinthes de prises électriques pour recharger les batteries, et les administrateurs réseaux de 0'Reilly s'étaient assuré que toute la zone était couverte pour un accès internet sans fil. Bien qu'il y ait une pièce avec des Macs connectés à internet fournis par Apple, ils étaient la plupart du temps inutilisés, tellement chacun avait confiance dans le réseau sans fil et pouvait circuler dans la zone publique.
Malgré l'habileté technique des gens d'O'Reilly, comme Cliff Skolnick et Rob Flickenger, le réseau sans fil a été perturbé par des problèmes récurrents et énervants, qui ont finalement été repérés comme provenant de ce qui semble être un bogue de réseau dans Mac OS X 10.2.1. Apparemment, si une machine sur un réseau sans fil utilise ce qu'on appelle un "mode rapproché" (ce qu'elle fait si vous utilisez des utilitaires Unix comme tcpdump ou ngrep, ou bien encore un outil de surveillance comme EtherPEG), et utilise en même temps le pare-feu intégré à Jaguar, cela peut causer la perte de quelques paquets sur le réseau. L'éternel gourou du réseau sur Mac, Peter Sichel (auteur de IPNet Router) l'a confirmé et a essayé de le contourner. Il a noté qu'il s'agissait d'un défaut dans une pile de réseau de BSD qui peut tout aussi bien affecter les réseaux filaires. Heureusement, Apple réparera tout ça prochainement.
<http://www.oreillynet.com/pub/wlg/2086>
<http://www.etherpeg.org/>
<http://www.oreillynet.com/cs/user/view/cs_msg/10249>
Face à face avec l'avenir -- J'ai dû quitter la conférence juste après la démonstration de Cliff et Rob sur ce bogue de réseau qu'ils avaient mis à jour. Il fallait que je me rende à San José, au lycée privé Harker où l'on attendait mon exposé. Sur place, le prof d'informatique Robb Cutler est un fidèle de TidBITS. Quand il a appris que je ne serais qu'à quelques kilomètres, il m'a demandé de venir présenter TidBITS à ses élèves, et aussi de raconter comment je voyais la vie en dehors de la marmite de la Silicon Valley. Je pense que je suis parvenu à quelque chose de présentable et d'amusant, en l'illustrant par des exemples pris dans mon article "10 ans de TidBITS : les leçons de l'Histoire" publié dans TidBITS-527.
<http://www.harker.org/>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05899>
Même si je n'avais pas eu le temps de bien me préparer (ou peut-être plutôt à cause de cela), ce fut une excellent expérience. Les mémos "Beloit College Mindset Lists" censés représenter la vision du monde des nouveaux étudiants entrant à l'Université Beloit gagnèrent une soudaine pertinence lorsque que je me suis mis à raconter l'histoire de TidBITS. Après tout, la plus grande partie de mon public portait encore des couches aux débuts de TidBITS en 1990. D'ailleurs, certaines de mes histoires parlaient de choses qu'ils devaient ignorer, comme le premier vers (programme auto-reproducteur) diffusé sur Internet par Robert Morris Junior, les "macro-ordinateur" (mainframes) d'IBM et bien sûr Internet avant le Web.
<http://www.beloit.edu/~pubaff/mindset/>
J'ai quand-même été impressionné par l'intérêt et la compréhension de ces enfants. Ils ne sont probablement pas représentatifs de leur tranche d'āge, mais il est clair qu'ils ne manquent ni de la curiosité ni de l'intelligence nécessaire pour continuer à inventer le futur. Ils m'ont permis de renforcer ma conviction : il ne faut pas laisser les basses réalités socio-économico-politiques d'aujourd'hui se mettre en travers de l'innovation dans quelque domaine que ce soit. Celle-ci est nécessaire afin d'améliorer la qualité de la vie en général.
PayBITS : Est-ce que l'article d'Adam vous a aidé à vous décider de rester
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<http://www.tidbits.com/tb-issues/lang/fr/paybits_fr.html/>
par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>
La semaine dernière, pendant la conférence O'Reilly dédiée à Mac OS X, j'étais un des intervenants, et dans mon intervention j'ai donné des notes à Mac OS X et ce dans plusieurs catégories. Bien qu'une discussion ait déjà démarré sur TidBITS Talk, je désirais en faire une version de synthèse ici. Vu que je n'avais pas encore réalisé ce genre d'exercice depuis la sortie de Mac OS X, les notes portent sur toutes les versions de Mac OS X depuis ses débuts et non pas uniquement sur Jaguar.
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=1760>
La stabilité -- Peut-être l'aspect le plus mis en avant pour passer à Mac OS X, sa stabilité tant vantée en comparaison de Mac OS 9. A cet égard Mac OS X est un bon aboutissement, permettant aux utilisateurs de travailler pendant des semaines sans jamais redémarrer. Les applications peuvent bien planter de temps à autre, mais en général Mac OS X gère très bien ces situations, laissant l'utilisateur continuer à travailler comme si de rien n'était. D'un autre côté, Mac OS X s'est montré très sensible au problèmes de réseaux ou bien avec des matériels de piètre qualité, causant des dysfonctionnements assez frustrants aux utilisateurs de périphériques USB en particulier (si vous voyez un Mac OS X planté, ou bloqué, régulièrement, essayez une autre souris ou un autre clavier). C'est vrai que le système Unix, traditionnellement, n'a jamais été fait pour supporter des utilisateurs changeant continuellement de réseaux, traficotant leurs préférences réseaux de façons totalement imprévisibles et branchant/débranchant de nombreux périphériques. Apple a donc besoin de retravailler en profondeur pour rendre Mac OS X plus souple face aux problèmes de réseaux et de matériels.
Ma note : 16/20 (B+)
L'Interface -- La décision prise chez Apple de rompre avec le passé du point de vue apparence et ergonomie de Mac OS X n'a pas fini d'embêter pas mal d'utilisateurs de Mac ; j'étais donc intéressé d'entendre que les gens venant du monde Unix qui adoptent OS X n'étaient pas trop ennuyés par ces changements (et pendant notre session, Tim O'Reilly prétendait que, ayant utilisé un Mac il y a des années avant d'adopter Windows, il trouvait Mac OS X beaucoup plus facile à utiliser que Mac OS 9). Néanmoins, on reste un peu gêné quant aux décisions prises par Apple du point de vue de l'interface utilisateur (telles que la manière confuse de superposer les fenêtres sous Mac OS X) ; quelles que soient vos idées là-dessus, quand il s'agit de la conception de l'interface utilisateur, être différent seulement parce qu'il faut l'être est une erreur, et parce que l'aspect familier est important dans n'importe quelle interface. De plus, Apple n'a pas fourni autant d'options que certains utilisateurs aimeraient avoir (par exemple, la possibilité de désactiver entièrement le Dock). Apple a quand même l'air d'être sur la bonne voie, vu le nombre de corrections apportées dans Jaguar, comme la sélection au clavier dans le Finder (les boîtes de dialogue Ouvrir et Enregistrer restent toutefois un exemple criard d'une interface maladroite et incohérente). Certains aficionados de l'ancien système ne seront peut-être pas d'accord avec moi, mais Mac OS X a apporté des perfectionnements attendus, tels que l'affichage en colonne, la zone Rechercher dans la barre d'outils du Finder, et (un de mes coups de coeur) la possibilité de garder des icônes rangées par ordre de date sur le Bureau. Il reste quand même du pain sur la planche pour Apple dans le domaine de la conception de l'interface utilisateur.
Ma note : 14/20 (B-)
Les performances -- Quoiqu'Apple ait prétendu que le portage d'Unix aurait eu comme résultat une amélioration des performances, Mac OS X est encore bien trop lent. La version 10.0 était si grippée sur un PowerBook G3 à 250 MHz que les redémarrages n'aboutissaient jamais parce que Mac OS X n'arrivait pas à quitter les applications assez rapidement. La 10.1 était déjà beaucoup mieux et a rendu le système utilisable pour beaucoup de gens, même si Mac OS 9 restait loin devant. Alors que Jaguar était supposé être sensiblement plus rapide que les versions précédentes, en partie grace au faite que Quartz Extreme n'assignait plus aux cartes video des tāches graphiques qu'il savait déjà gérer, il ne semble pas avoir fait beaucoup de différence, en particulier pour ceux qui ont des Mac moins récents. Les utilisateurs nous disent encore que le redémarrage sous mac OS 9 leur donne l'impression d'avoir une nouvelle machine, tellement leurs Mac sont plus rapides. Sur le côté positif, une application ne peut plus ralentir le système entier, et il n'est pas difficile de changer d'application quand on voit la roue multicolore en train de tourner (à noter que Jaguar a la finesse de vous montrer cette roue quand vous placez votre souris sur une des fenêtres de l'application en arrière plan afin que vous puissiez facilement voir si la tāche est accomplie). Encore plus bienvenu sous Mac OS X : le réveil instantané pour les portables. Apple a beaucoup de choses à faire pour améliorer les performances de son système, et je l'encourage très fortement à ne pas assigner cette tāche à des machines encore plus rapides et puissantes, puisque beaucoup de Mac anciens sont encore parfaitement compatibles et utilisables.
Note : 15/20 (B)
La compatibilité avec Mac OS 9 -- Apple savait que Mac OS X remporterait un franc succès s'il était pleinement compatible avec l'environnement Classic, car nous sommes encore nombreux à posséder quelques softs qui ne sont toujours pas mis à jour pour Mac OS X. Classic se montre stable et rapide, et les désagréments initiaux dûs par exemple aux problèmes de copier/coller entre Classic et les applications natives ont été totalement résolus. Il reste bien quelques mauvais élèves dans Classic ; par exemple les applications qui communiquent avec le matériel d'une façon ou d'une autre comme les logiciels d'authentification de cartes de crédit qui utilisent le modem et bien sûr quelques cancres d'exception comme QuarkXPress. Il reste maintenant peu de possibilités d'amélioration, mais il serait bien agréable de voir Classic avoir la possibilité de sauvegarder une configuration active comme le fait très bien Virtual PC de Connectix pour ses configurations PC.
Ma note : 17/20 (A-)
La compatibilité avec Windows -- Mac OS est depuis longtemps capable de lire des disquettes PC, mais Mac OS X porte la compatibilité à Windows à un niveau supérieur avec son support intégré du partage de fichiers SMB (protocole de partage de fichier propre à Windows. NdC). C'est vrai que les extensions de nom de fichier constituent un pas en arrière du point de vue de l'interface, mais elles éliminent certains problèmes quand des fichiers sont partagés avec des utilisateurs de Windows. Et bien qu'il ne soit pas très juste de faire crédit uniquement à Apple pour le travail de développeurs de tierce partie, Virtual PC de Connectix, Timbuktu de Netopia, le logiciel Remote Desktop Connection Client de Microsoft, et DAVE 4.0 de Thursby qui vient juste de sortir, tous améliorent les rapports de Mac OSX avec Windows. Je ne peux pas m'en porter garant personnelllement, mais il y a encore quelques réclamations sur la manière générale de travailler de Mac OS X avec les réseaux Windows ; je prévois donc que l'on va voir bientôt Apple travailler sur ces problèmes et le faciliter pour son audience-cible : ceux qui viennent de Windows (switchers).
<http://www.connectix.com/products/vpc5m.html>
<http://www.netopia.com/en-us/software/products/tb2/mac/>
<http://www.microsoft.com/mac/products/rdc/>
<http://www.thursby.com/products/dave.html>
Note : 16/20 (B+)
Compatibilité: Unix -- Les rapports indiquent qu'Apple a fait en général du bon travail avec le noyau Unix de Mac OS X, et le nombre de développeurs et d'utilisateurs très orientés Unix qui ont sauté le pas confortent cette idée. Fink, le système de gestion des paquets d'installation (packages), a recueilli des comptes-rendus positifs de personnes qui cherchaient à installer un large éventail d'applications Unix dans Mac OS X, et ils ont vivement appréciés la disponibilité immédiate d'applications en lignes de commandes et de celles qui utilisent le système X Window. Cependant, comme Windows, Mac OS X ne peut pas en faire autant que pour un vaste réseau - l'un des participants à la conférence a noté que Mac OS X ne gérait pas le verrouillage de fichiers NFS (NdT : système de gestion de fichiers propre à Unix) et que ses capacités de montage automatique avaient quelques problèmes et quelques limites. De plus, j'ai entendu quelques mécontentements sur la confiance d'Apple dans le microkernel Mach ; leurs réclamations portaient sur le fait que Mach avait des avantages il y a quelques années, mais qu'ils avaient été largement réduits entre temps, et que la confiance dans Mach demandait plus de travail à Apple pour intégrer les changements de FreeBSD.
<http://fink.sourceforge.net/>
Note : 17/20 (A-)
La compatibilité avec le matériel -- Il n'y a aucun doute que la compatibilité de Mac OS X avec le matériel a été en s'améliorant depuis les débuts, quand il était pratiquement impossible même d'imprimer. Apple a réguliérement sorti des pilotes pour les nouveaux périphériques avec des mises à jour disponibles via Mise à Jour de Logiciels, et les constructeurs ont créé des pilotes pour quelques périphériques plus anciens. Mais le support global des périphériques modernes et parfaitement utilisables demeure au mieux médiocre, avec des normes comme le SCSI qui restent loin derrière. J'incluais auparavant les matériels audios professionnels dans cette catégorie, mais le Maître-ès-Apple David Mash du Conservatoire de Musique de Beklee, présent à la conférence, était, parait-il, en désaccord avec cette affirmation, et je n'ai pas pu le mettre en contact avec le rédacteur technique de TidBITS, Geoff Duncan, qui, en tant que musicien professionnel, s'est lamenté de façon répétée de la quasi-complète absence de matériel audio professionnel pour MacOS X ["Utiliser Mac OS X pour de l'audio professionnel, c'est comme utiliser une lampe de poche pour faire cuire ton dîner." Geoff]. En fin de compte, du matériel défaillant et des extensions kernel mal écrites peuvent causer des problèmes de stabilité significatifs pour MacOS X. Apple doit travailler plus dur dans ce secteur - prétendre que les périphériques anciens n'existent pas est inacceptable.
Note : 13/20 (C+)
La sécurité -- On ne parlait pas de sécurité avec Mac OS 9, bien que la sécurité notoire de ce système d'exploitation n'était pas au départ exactement voulue. En comparaison, Mac OS X est en net recul, bien que ce recul soit inévitable du fait que Mac OS X offre tant de services intégrés pour Internet et de capacités à gérer les réseaux. Par chance, ils sont tous désactivés par défaut. Les premières réponses à cette vulnérabilité au niveau de la sécurité furent un peu légères, avec des corrections diffusées lentement, et non accompagnées par une communication en règle d'Apple. Mais c'est désormais du passé, et la combinaison de la Mise à Jour de Logiciels avec la liste de discussions et la page web sur la sécurité des produits Apple a bien fonctionné depuis. Apple a même reconnu en public que la sécurité pouvait être un problème en montrant la configuration du firewall pour Mac OS X, bien que l'utilitaire Brickhouse soit encore très utile pour des réglages plus complexes. Le maintien de la sécurité est une tāche permanente et la question qui reste posée est de savoir comment Apple corrigera les trous de sécurité de Mac OS X 10.1.5 puisque il y a sans doute certains d'entre vous qui n'ont pas payé pour la mise à jour de Jaguar.
<http://www.info.apple.com/usen/security/security_updates.html>
<http://personalpages.tds.net/~brian_hill/brickhouse.html>
Note : 16/20 (B+)
L'éventail d'applications proposées -- A chaque Keynote d'Apple Expo, Steve Jobs communique qu'un grand nombre de logiciels ont été écrits pour Mac OS X. Ce qui parait difficilement crédible. Mais, cela dit, Apple a vraiment réussi à faire en sorte qu'un grand nombre d'applications soit utilisable avec Mac OS X. Les anciens programmes fonctionnent sous Classic, les récents sont créés sous Carbon ou Cocoa, une bonne machine virtuelle Java simplifie l'exécution d'applications en Java, et, bien sûr, un grand nombre de logiciels Unix ont été compilés pour Mac OS X. À cela s'ajoute une excellente prise en charge des outils liés aux réseaux et aux serveurs, des programmes de productivité et des utilitaires. Certes, tout n'est pas rose : les jeux, les logiciels d'éveil et scolaires, les logiciels de création de contenu sont toujours écrits pour Windows principalement, étant donné que c'est là que se trouvent la plupart des utilisateurs. Et malheureusement, je ne crois pas que cela va changer beaucoup, vu qu'il est peu probable qu'Apple augmente de manière radicale ses parts de marché dans un futur proche ; l'espoir principal résidant dans le fait que le port de Windows vers Mac OS X devienne plus facile et que cela poussera plus de sociétés à se lancer dans l'opération.
<http://www.apple.com/macosx/applications/>
Ma note : 16/20 (B+)
La documentation et la Visualisation Aide -- Apple a longtemps eu la réputation d'avoir les meilleurs manuels du monde de la micro-informatique. Mais aujourd'hui le seul document papier livré avec OS X, c'est une brochure de bienvenue pas bien épaisse. L'aide n'est donc consultable qu'en ligne avec l'outil Visualisation Aide, navigateur légèrement modifié et bien trop lent. Un plus dans Jaguar : La Visualisation Aide possède son raccourci clavier : Pomme-?. Envolés les bulles d'aide et le guide en ligne Apple, en raison d'un trop faible nombre d'aides de qualité écrites pour Mac OS 9, tant et si bien qu'Apple n'a pas donné suite dans Mac OS X. Donc, au mieux, le contenu de Visualisation Aide est médiocre. Pour être utile, une bonne documentation technique doit être écrite pour répondre aux questions des utilisateurs et anticiper leurs besoins, tout en étant exhaustive et honnête sur les éventuels problèmes rencontrés. De ce point de vue, la Base de Connaissances Apple (Apple Knowledge Base) est bien plus approfondie et les documentations indépendantes disponibles en ligne comme sur papier arrangent sérieusement les choses. Allez Apple, on peut mieux faire !
Ma note : 10/20 (C-)
L'identification des problèmes -- Assurément, Mac OS X est complètement différent de Mac OS 9 et beaucoup plus complexe. Ces deux faits créent une situation où l'expérience que beaucoup d'utilisateurs de longue date avaient acquise est devenue presque entièrement obsolète. La localisation d'une panne sur Mac OS X est beaucoup plus difficile. La situation est aggravée par la façon dont Mac OS X a été conçu ; par exemple, comme c'est un système multi-utilisateurs, on obtient des erreurs de privilèges embarrassantes quand un fichier dans la Corbeille ne peut pas être supprimé par l'utilisateur actuel. Ce problème est quelque peu contrebalancé par le fait que Mac OS X empêche beaucoup plus efficacement l'utilisateur de modifier le système (on ne peut pas supprimer facilement le Finder, par exemple, ou sauvegarder sa thèse dans le Dossier Système) et que Mac OS X fournit un bien meilleur suivi des actions de l'utilisateur, ce qui peut aider à traquer la source des plantages. La stabilité de Mac OS X est un autre avantage - une application qui plante n'oblige plus à redémarrer ou à perdre des travaux en cours quand on essaie de régler un problème. Quoiqu'il y ait encore beaucoup à faire, la complexité supplémentaire est inévitable, et Apple a encore du pain sur la planche pour rendre les choses plus transparentes dans ce domaine.
Ma note : 14/20 (B-)
La souplesse -- Un des trucs sympas de Mac OS 9 était sa capacité de personnalisation, utilisant soit les options propres au système, soit des utilitaires non Apple qui modifiaient son aspect et son fonctionnement. Cette souplesse a permis à Apple de récupérer des idées comme l'horloge de la barre des menus et les ombres pour les fenêtres, trouvées à l'origine dans des utilitaires de développeurs indépendants. Malheureusement, ces utilitaires pouvait aussi déstabiliser le système et dans le pire des cas entrer en conflit les un avec les autres. Mac OS X a supprimé de telles possibilités afin de favoriser une plus grande stabilité. Mais si la stabilité est appréciée, il est dommage de perdre de la flexibilité. Dans les points positifs on peut noter que les capacités multi-utilisateurs de Mac OS X rendent plus facile la gestion d'un environnement personnel pour tous ceux qui partagent le même Mac, les fichiers de préférences ont un format qui permet aux utilisateurs avertis de les consulter et de les éditer. Des bidouillages sont aussi possible par les lignes de commande qui remplacent par là l'antique ResEdit. Apple va donc se trouver sur le fil du rasoir : ajouter des options et rendre son système d'exploitation modifiable sont en soi un but respectable, mais cela ne doit pas être au détriment de la stabilité.
Ma note : 16/20 (B+)
La capacité de programmation -- Depuis qu'Apple a décidé qu'HyperCard était leur référence, la compagnie évitait soigneusement de communiquer sur le fait que les utilisateurs pourraient utiliser leur Mac pour créer leurs propres applications. C'était vraiment dommage, puisque donner aux utilisateurs les outils pour programmer c'est un peu comme donner le feu aux premiers hommes. Fort heureusement, avec Mac OS X, Apple semble vouloir inverser la tendance, faire des outils de développement disponibles gratuitement et offrant de nombreuses possibilités de programmation. Bien qu'aucun de ces outils ne soient plus écrits pour créer des applications Classic, les développeurs peuvent choisir entre Carbon, Cocoa, Java et Unix. De plus, le nouvel AppleScript Studio autorise le développeur en herbe à écrire complètement des applications Cocoa en AppleScript. Des logiciels de tierce partie appuient cette tendance, avec des produits comme Runtime Revolution, le spécialisé en Java Tekadence Magik, et le maintenant bien connu REALbasic. (REAL Software a récemment annoncé que leur prochaine version fonctionnera aussi bien sous Windows que sur Mac OS, ce qui devrait augmenter sensiblement le nombre d'applications développées en REALbasic, et qui par la même devrait augmenter aussi le nombre d'applications Windows faites pour Mac OS). Restent encore deux cheveux sur la soupe : Apple croit toujours qu'Hypercard est la référence et une drôle d'aversion envers AppleScript semble s'être développée en son sein, si on regarde le trop peu d'applications maisons scriptables. Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de compliqué d'intégrer AppleScript dans des applications Cocoa (telles que iPhoto), alors que vous pouvez pratiquement intégrer AppleScript simplement en cochant une case à cocher au moment de la compilation, et si vous le faites, vous pouvez en plus l'utiliser pour faire vos tests automatiques. Si rien ne se passe, Apple apparaîtra tout bonnement complètement stupide de ne pas utiliser leur propre technologie pour eux-mêmes, particulièrement des technologies aussi utiles qu'AppleScript pour automatiser des flux de production.
<http://www.apple.com/applescript/studio/>
<http://www.runrev.com/>
<http://www.tekadence.com/>
<http://www.realbasic.com/>
<http://www.realbasic.com/corporate/pressreleases/RbWinAnnounce.html>
Ma note : 17/20 (A-)
La localisation -- À peu près la moitié des ventes Apple se fait à l'extérieur du marché nord-américain. Alors que le Mac prend depuis longtemps en grande considération les autres langages (de grands merci à ceux qui utilisent des polices bitmap pour les langues asiatiques), Mac OS X fait encore un pas en avant. Déjà pour Mac OS X lui-même, vous pouvez choisir votre langue parmi un grand nombre, et le choix d'options est plus important que du temps de Mac OS 9, et de plus il intègre beaucoup mieux Unicode pour les différents lots de polices de caractère. Quelques bémols quand même, de nombreuses applications sortent sans intégrer correctement ces options, ainsi pour l'instant, un document Word avec des polices cyrilliques créé sur un PC ne sera pas transféré correctement sur Word X dans Mac OS X. Quelques utilisateurs se plaignent aussi à propos de difficultés dans le Terminal avec des noms de fichiers provenant de lots de polices différents, et d'autres grincent des dents en essayant d'utiliser des raccourcis clavier sur des claviers différents. Mais en fin de compte, Apple a fait du bon travail et il doit continuer à maintenir son effort pour combler ces quelques lacunes.
Ma note : 17/20 (A-)
La note générale -- Plutôt que de perdre mon temps à tenter d'attribuer une note générale à Mac OS X "au feeling", d'une manière subjective, j'ai préféré convertir ma notation par lettres en une notation par chiffres (de 1 à 15 équivalent aux notes allant de F- à A+), de faire une moyenne de ces chiffres et de convertir la valeur obtenue à nouveau en une lettre. Le résultat final ? Un bon B (15/20) ce qui me paraît tout à fait correct, étant donné l'effort fourni par Apple (avant l'arrivée de Jaguar la note aurait été bien plus basse et elle aurait carrément été catastrophique avant Mac OS X 10.1). Mais pour ceux qui utilisent des Mac depuis des années, il est évident qu'Apple a encore pas mal de pain sur la planche et doit fournir des efforts significatifs dans certains domaines fondamentaux : les performances, l'interface, la stabilité, la compatibilité avec les différents périphériques et la documentation logicielle. Je suis impatient de soumettre Apple au même test, l'année prochaine, pour voir les progrès qui auront été faits.
Ma note générale : 15/20 (B)
Que pensez vous de ma manière de noter ? Essayez vous-même d'attribuer une note à chaque catégorie ci-dessus, faites la moyenne comme moi et voyez ce que vous obtenez. Communiquez nous ensuite votre résultat sur la pages des sondages de TidBITS - sans prétendre à une quelconque représentativité statistique, les résultats de ce sondage m'intéresse néanmoins car je suis curieux de savoir comment les lecteurs de TidBITS jugent Mac OS X. Je vous demande par contre d'être juste dans votre manière de noter - attribuer une notre très élevée ou très basse de manière injustifiée n'apporte rien au débat et ne fait pas avancer le schmilblick.
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