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Dernière mise à jour: lundi, le 26 août 2002

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PayBITS: combien vaut une information?
à vous de juger.

par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>

Il est temps de repenser à la valeur que nous accordons à une information donnée et j'aimerais vous proposer une méthode pour quantifier cette valeur et la traduire en termes financiers.

Certaines informations changent de valeur à une vitesse vertigineuse - pensez aux récompenses associées à l'arrestation de certains criminels. Plus couramment, nous avons des consultants qui facturent 100 US$ et plus de l'heure pour communiquer des informations à leurs clients, sans parler des lettres d'informations spécialisées dont l'abonnement coûte des centaines voire des milliers de dollars par an. En quoi les informations de ces consultants ou de ces lettres d'informations sont elles différentes des contenus qui apparaissent dans TidBITS, MacWorld ou même sur de nombreux sites web ?

Dans bien des cas, il y a peu ou pas de différence. Nous avons été conditionnés à valoriser le message à partir de son support. Par exemple, nous payons les consultants à des taux horaires très élevés parce qu'ils digèrent l'information à notre place et nous la présentent sous une forme personnalisée. Les lettres d'information spécialisées promettent un bénéfice similaire, en présentant souvent le point de vue d'une unique personne sur un sujet très spécifique. Un livre broché coûte moins cher qu'un livre en reliure, même si le contenu est le même. Nous payons plus cher le privilège de pouvoir lire un livre en avant première (avec un petit supplément pour le prix d'une meilleure matière). Nous payons pour nous abonner à des magazines imprimés, mais beaucoup d'entre nous s'attendent à trouver gratuitement le même contenu en ligne, accessible même à des personnes qui ne sont pas abonnées. Nous achetons des CD de musique, mais il y a des millions de gens qui téléchargent gratuitement les mêmes morceaux grâce aux services de partage de fichiers.

Je suis tout à fait favorable aux modèles économiques variés, mais aucune des approches traditionnelles actuelles ne laisse au lecteur le soin de juger de la valeur du contenu. A la place, la valeur est déterminée arbitrairement en fonction d'une variété de caractéristiques qui n'ont rien à voir avec l'information en soi. Bien qu'on nous ait répété de longue date que l'habit ne fait pas le moine, nous continuons néanmoins à juger la qualité d'un livre à sa couverture. Il est temps de cesser de se préoccuper de la forme du flacon et de juger la valeur de la bouteille en se basant sur le contenant.

Un modèle économique fragmenté -- Depuis plusieurs siècles l'information nous est essentiellement livrée groupée par lots - le journal, le magazine, le disque, le forfait pour la télévision câblée. Ce type de diffusion était nécessaire entre autres à cause des coûts inhérents à la distribution de l'information. Le seul moyen de rendre ses coûts acceptables est de les répartir sur une grande quantité d'éléments d'information. Distribuer un seul article imprimé sur une feuille de papier n'est qu'un tout petit peu moins cher que de distribuer toute une série d'articles sous forme de journal. Ajoutez à cela le concept de la production industrielle pour une diffusion de masse - beaucoup d'exemplaires identiques d'un même article sont vendus à beaucoup de personnes - et on peut voir comment nous en sommes arrivés aux modèles économiques de rentabilité habituels pour la distribution de l'information: la vente à l'exemplaire, la publicité et les abonnements. Lorsque le nombre des ventes est grand, le prix à l'exemplaire peut être bas, ce qui rend possible l'achat d'un magazine pour quelques dollars ou un abonnement annuel à un prix modeste. Si les lecteurs sont assez nombreux ou bien choisis, les ventes publicitaires peuvent permettre de donner gratuitement le contenu.

Ca n'a pas toujours été comme ça, et dans certains cas, ça ne l'est pas encore. Une bonne partie de l'art et de la musique de la Renaissance doit son existence à un système de mécénat vis à vis des artistes de l'époque. Encore aujourd'hui, les notes d'analystes peuvent coûter des milliers de dollars. Les mécènes d'antan et les gens d'aujourd'hui qui achètent ces notes coûteuses aujourd'hui ont ceci en commun - la valeur de ce qu'ils achètent réside dans le contenu.

A mon avis, il nous faudrait un compromis - un modèle économique qui mettrait en valeur le contenu sans égard à sa méthode de distribution ou à sa forme physique tout en conservant sa disponibilité libre et son prix abordable. Beaucoup de gens ont dit qu'ils aimeraient pouvoir rembourser les musiciens directement pour les chansons téléchargées; nous voudrions tenter une expérience similaire avec les auteurs d'articles TidBITS. Nous avons appelé ce projet PayBITS. En deux mots, PayBITS devrait permettre à un lecteur de rémunérer directement un auteur pour un article TidBITS donné, lui même fixant le montant de cette rémunération en fonction de ce qu'il estime être la valeur de l'information obtenue par cet article.

L'expérience PayBITS -- Bien que TidBITS soit une publication gratuite et dont les contenus sont accessibles à tous, nous avons déjà par le passé expérimenté différentes méthodes pour valoriser financièrement les contenus que nous produisons. En 1992, quand il est devenu clair que nous ne pourrions pas continuer à faire TidBITS si cela ne nous rapportait un peu d'argent, nous avons mis en place notre programme de mécénat d'entreprise, inspiré du modèle en vigueur à la télévision publique aux Etats Unis (l'émission de ce soir vous est présentée par l'entreprise machin). Aussi loin que nous avons pu chercher, il semblerait que cette initiative fut parmi les premiers programmes publicitaire sur Internet - nous marchions sur des oeufs à l'époque car en ces temps là le Net était encore régi tacitement par l'idéal non-commercial énoncé dans le code de bonne conduite dicté par la "National Science Foundation" (la Fondation nationale américaine pour les sciences - "National Science Foundation Acceptable Use Policies"). Puis, en 1999, à l'instigation de nos fidèles lecteurs de TidBITS Talk (le forum des lecteurs de TidBITS), nous avons mis en place le programme de contribution volontaire, qui a pour résultat la participation directe de 850 lecteurs à la survie financière de TidBITS, dont plus de 200 personnes sont des soutiens permanents.

<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=02995>
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=05565>
<http://www.tid bits.com/about/support/contributors.html>

Le programme de mécénat nous a permis de continuer à faire TidBITS, bien que nous continuions à "subventionner" TidBITS en ne comptant pas les heures que nous lui consacrons - chacun de nous pourrait gagner bien plus d'argent s'il consacrait ce temps à d'autres boulots. Et le programme de contributions volontaires, bien qu'il ne puisse pas remplacer le mécénat, a également fourni des rentrées d'argent extrêmement bienvenues. En conséquence, bien que la désaffection des publicitaires pour Internet nous a fait du mal, nous nous arrangeons pour rester à flot.

Ce nous avons toujours été incapable de faire, c'est de résoudre le problème du paiement de nos auteurs. Déjà que les membres de la rédaction gagnent beaucoup moins que dans des postes comparables dans le domaine de l'édition mais en plus il n'y a pas d'argent pour rémunérer le travail des auteurs. Le seul bénéfice qu'ils tirent de leur participation à TidBITS sont des bénéfices dérivés tel qu'une certaine notoriété. Certains auteurs se sont prévalus de leur participation à TidBITS (parfois avec notre aide) pour obtenir des piges dans des magazines ou pour se voir proposer des contrats de rédaction ou de co-rédaction d'ouvrages; mais ce sont des bénéfices qu'on ne peut planifier à l'avance.

Voilà où PayBITS entre en scène. A la fin de certains articles de TidBITS, nous placerons quelques lignes de texte et un lien vers un service de paiement sur Internet affin que les lecteurs puissent, s'ils le veulent, apporter une contribution directement à l'auteur de l'article. Il incombera aux auteurs de rédiger le texte appelant à contribution et de suggérer la somme éventuelle ainsi que le service de paiement à utiliser (vraisemblablement Paypal ou Kagi) . Pour notre part nous nous contenterons d'insérer un bref texte explicatif de la méthode PayBITS à l'intention des lecteurs qui n'auront pas lu le présent article.

<http://www.paypal.com/>
<http://www.kagi.com/>

Si vous trouvez qu'un article de TidBITS est particulièrement intéressant, qu'il vous a apporté une valeur ajoutée (résolution de problème, gain de temps ou d'argent...) alors vous pouvez traduire cette reconnaissance en termes financiers en cliquant sur le lien PayBITS de l'auteur et en lui versant le montant de la valeur que vous associez à l'information qu'il vous a fournie. Vous contribuez ainsi à renforcer le concept selon lequel l'information a une valeur réelle. L'auteur peut suggérer un montant à payer mais c'est vous qui décidez de ce que vous donnez, en fonction de la valeur qu'a l'information pour vous.

Dans mes prévisions seulement un très petit pourcentage des lecteurs de TidBITS trouvera un article suffisamment valable ou intéressant pour vouloir jeter une pièce dans le chapeau de l'auteur. Cela n'est pas gênant puisque, en théorie, notre lectorat est suffisamment nombreux pour que même un petit pourcentage représente un nombre conséquent de personnes et donc de dons. Et bien sûr, comme les auteurs ne sont de toute façon pas payés par ailleurs pour les articles qu'ils contribuent, tout montant versé sera bon à prendre. Nous demanderons aux auteurs de nous faire savoir combien de paiements ils reçoivent et le montant total - ceci affin de nous aider à évaluer quels sont les auteurs et les articles que les lecteurs trouvent les plus utiles et/ou intéressants.

Soucis et Confusion - J'ai présenté cette idée sur le forum TidBits Talk et la réaction a été fabuleuse (c'est d'ailleurs sur le forum qu'a été trouvé le nom du service, merci à Maarten Festen). La majorité des participants a accueilli l'idée de manière tout à fait positive, bien que certains ont exprimé des doutes.

<http://db.tidbits.com /getbits.acgi?tlkthrd=1696>

Quelques auteurs ont répondu qu'ils ne souhaitaient pas être payés. Cela ne pose pas de problème. Nous ne forcerons certainement pas nos auteurs à participer à PayBITS, bien qu'ils puissent aussi choisir d'orienter les paiements sur d'autres organisations ou causes charitables. Il aurait été facile, par exemple, de faire réorienter les paiements relatifs à l'article de Cory Doctorow sur les oukases d'Hollywood vers la Electronic Frontier Foundation, une cause qui vaut certainement la peine d'être soutenue financièrement.

<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06901>

D'autres membres du forum ont carrément pété les boulons et nous ont monté des usines à gaz technologiques censées nous permettre de servir des pages PayBITS aux lecteurs, le clic final faisant le lien avec un service de paiement approprié. D'autres nous suggéraient de mettre en place notre propre système de micropaiements. Bien que j'apprécie l'élégance potentielle et l'utilité éventuelle de tels systèmes, je veux garder cette phase initiale de PayBITS aussi simple que possible car nous sommes déjà surchargés de travail. Tout changement d'infrastructure doit être planifié, conçu, codé, entretenu et adapté pour s'intégrer à notre système existant. C'est plus que nous ne pouvons assumer pour l'instant, mais il n'est pas dit que nous y revenions pas dans un avenir proche.

Certains ont exprimé le souci que PayBITS pourrait influencer nos choix rédactionnels, mais je ne vois pas de danger de ce côté là : nous ne publions que ce que nous jugeons important. De plus, même si PayBITS nous faisait publier plus d'articles susceptibles d'être utilises et particulièrement intéressants à nos lecteurs (et donc générateurs de revenus), je ne vois pas en quoi cela serait mal.

D'autres trouvaient l'idée bonne mais pensaient que cela cannibaliserait les contributions à TidBITS en général. Cela ne m'inquiète pas non plus vu que notre programme se fera sous l'égide de PayBITS. Pour les articles que nous faisons avec TidBITS (comme celui-ci) ou ceux qui ont plusieurs auteurs (comme nos articles "Superlatifs de Macworld"), nous dirigerons le lien de PayBITS vers notre programme de contribution volontaire.

Un plus grand nombre de lecteurs ne voulaient pas avoir à estimer la valeur article par article et auraient préféré donner une somme annuelle forfaitaire en nous laissant le soin de la distribuer entre les auteurs. A ceux ci, je répondrais que PayBITS est justement une expérience sur la valeur des éléments individuels d'information. Une personne pourrait trouver un article extrêmement à propos et utile, tandis qu'une autre le trouverait parfaitement dénué d'intérêt. Payer les responsables de TidBITS pour qu'ils rétribuent leurs auteurs relève d'un modèle économique classique et est ni nouveau ni passionnant. De plus, la gestion administrative nous prendrait plus de temps que nous ne pouvons nous le permettre.

Finalement, quelques personnes ont trouvé l'idée peu pratique et nous ont suggéré de tout simplement faire payer un abonnement pour TidBITS. Certains ont également suggéré que les gens utilisent d'autres sources, dont le contenu payant. Répétons ici que le système d'abonnement est dépassé; même si les sources d'information sur Internet accessibles par abonnements ont l'air de reprendre du poil de la bête ces derniers temps (un article récent du New York Times faisait état d'une telle tendance), ils n'ont néanmoins pas eu le succès escompté. Pour l'instant, je ne vois pas l'intérêt de passer à un système d'abonnement, si on en croit les chiffres communément publiés, une telle initiative nous ferait perdre 90% de notre lectorat et nous nous retrouverions, avec un peu de chance, qu'avec 10 % de nos lecteurs. Je ne peux pas me faire à l'idée de perdre des lecteurs potentiels : nous avons toujours essayé de rendre TidBITS le plus accessible. En ce qui concerne l'idée que les gens se tournent vers d'autres ressources, l'intérêt de PayBITS est justement de permettre aux gens de reconnaître la valeur d'un article qu'ils ont déjà obtenu, pas de le leur cacher tant qu'ils n'ont pas payé. Si quelqu'un ne veut pas payer, on ne lui en voudra pas.

<http://www.nytimes.com/2002/08/01/technology/01ONLI.html>

C'est parti pour PayBITS -- Il ne nous reste plus qu'à laisser de coté tous nos préjugés et idées préconçues concernant la valorisation des contenus et de voir comment PayBITS va fonctionner. Dans quelque temps, quand le système aura été rodé, je ferais le point. En attendant, si vous avez un avis sur tout cela, n'hésitez pas à prendre la parole dans TidBITS Talk.


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